fbpx

Le festival du film d’animation d’Annecy couronne « Le Petit Nicolas. Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? »


Une fréquentation accrue de 8 % par rapport à son année record de 2019, des centaines de courts et longs-métrages présentés par des cinéastes venus du monde entier, des salles combles… Après deux ans de version entièrement numérique ou semi en ligne en raison de la pandémie de Covid-19, le Festival international du film d’animation d’Annecy a enfin repris ces belles et vives couleurs. L’édition 2022 a rassemblé et provoqué des échanges dans toute la ville. Comme il est de coutume, les avions en papier lancés par le public avant chaque projection ont à nouveau volé au-dessus des têtes. Les applaudissements ont fêté avec ardeur ce retour à la normale. Ils ont surtout semblé remercier les émotions qu’ont su provoquer, cette année, de nombreux films. Ainsi qu’en atteste le palmarès de la compétition officielle rendu, samedi 18 juin, lors de la cérémonie de clôture.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Festival d’Annecy : depuis Tokyo, la traversée animée d’Atsuko Ishizuka

En attribuant le Cristal du long-métrage au film Le Petit Nicolas. Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?, d’Amandine Frodon et de Benjamin Massoubre, le jury a, en effet, choisi de récompenser, parmi les dix œuvres en lice, un bijou de tendresse et de délicatesse. Un film de résilience, délicieusement nostalgique et bougrement revigorant, dans lequel le trait de Jean-Jacques Sempé renaît et se prolonge (à l’identique), s’anime pour nous conter sa longue amitié avec René Goscinny, l’enfance, les débuts difficiles, la vocation de l’un et de l’autre, puis la naissance de leur petit héros et de sa bande de copain. Lesquels reprennent vie, font intrusion dans le récit des parcours de leurs auteurs dont ils ont été, parfois, les consolateurs.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Récits intimes et adaptations littéraires marquent la sélection 2022 de Festival du film d’animation d’Annecy

Le Prix du jury a couronné un autre film bouleversant, Interdit aux chiens et aux Italiens, d’Alain Ughetto (dont le précédent film, Jasmine, avait déjà concouru à Annecy, en 2013). Coup de cœur unanime du festival, ce long-métrage retrace à l’aide de personnages en pâte à modeler l’histoire du grand-père du réalisateur, parti du nord de l’Italie au début du XXe siècle pour rejoindre la France et trouver du travail. Bâti sur un dialogue fictif entre la grand-mère et son petit-fils, Alain Ughetto, le film traverse les âges et les montagnes, reconstruit l’arbre généalogique, tisse le lien entre les générations, rend hommage au geste artisanal en même temps qu’il le met en scène. Interdit aux chiens et aux Italiens, qui fait référence aux écriteaux autrefois accrochés aux portes des commerçants en France, nous renvoie au mouvement perpétuel de l’histoire à travers le récit gracieux, bourré d’inventivité, d’une transmission familiale dont les valeurs semblent trouver, ici, leur point d’aboutissement.

Il vous reste 23.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.