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la Cour des comptes s’alarme de l’état « préoccupant » des monuments de France


La cathédrale de Clermont-Ferrand, en septembre 2019.

C’est à un pilier de la politique culturelle française que la Cour des comptes vient de s’attaquer. La Rue Cambon a publié, mardi 21 juin, un rapport intitulé « Politique de l’Etat en faveur du patrimoine monumental ». Après celui, très critique, que les magistrats financiers ont rendu sur les missions du ministère de la culture en décembre 2021, ces derniers interrogent, cette fois, la cohérence des actions qui touchent à la protection des ouvrages remarquables du territoire. Et leur constat n’est pas tendre : à les lire, le patrimoine français ressemble à une baignoire en train de fuir.

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L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, en avril 2019, puis celui qui a touché celle de Nantes, en juillet 2020, ont brutalement braqué les projecteurs sur l’état dégradé d’un certain nombre de monuments nationaux. Prenant appui sur l’émotion née des ravages provoqués sur ces deux symboles architecturaux, Emmanuel Macron avait fait de la protection des sites patrimoniaux une des priorités de son action cultuelle. De fait, le président avait insufflé une nouvelle dynamique avec la création de la Mission Patrimoine, confiée à Stéphane Bern, qui, en quatre ans, a permis la restauration de 627 monuments, notamment grâce au Loto spécifique mis en place par l’animateur de télévision. Le plan de relance, à la suite de l’épidémie de Covid-19, a également consacré 614 millions aux monuments historiques.

« La dépense globale est mal appréhendée »

L’effort financier porté ces trois dernières années est d’ailleurs salué par les magistrats de la cour : il est en effet passé de 600 millions d’euros en 2020 à 1,2 milliard, auquel s’ajoute le demi-milliard consacré par les collectivités locales. Néanmoins, ils mettent aussitôt un bémol : « La dépense globale est mal appréhendée », dénonce le rapport. En clair, le ministère de la culture n’a pas de vision précise sur la manière dont ces sommes sont dépensées, parce qu’il n’existe pas de documents budgétaires permettant de les tracer. Par ailleurs, des travaux sont pris en charge par d’autres ministères (dont celui de la défense) et par les collectivités locales, sans qu’on sache vraiment les évaluer.

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Autre critique de taille, sur l’état alarmant du patrimoine : près d’un quart (23,3 %) des 44 540 édifices couverts par une mesure de protection est dans « un état préoccupant » : problèmes de sécurité, graves dégradations, installations électriques défaillantes… L’argent débloqué depuis trois ans ayant été concentré sur les grands édifices nationaux, des centaines de cathédrales, châteaux, manoirs ou autres vieilles pierres sont déclarés en mauvais état ou en péril, pointe le rapport. C’est le cas des cathédrales de Clermont-Ferrand, de Moulins, de Beauvais ou d’Amiens. L’abbaye de Clairvaux, le haras du Pin, et la villa Ephrussi de Rothschild attendent aussi des travaux.

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