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« La course au gigantisme des festivals de musique français augmente leur impact écologique de manière exponentielle »


En novembre 2021, dans le rapport « Décarbonons la culture ! », le think tank Shift Project alertait sur les risques pesant sur les grands festivals s’ils ne changeaient pas certaines de leurs pratiques. Pour le Hellfest, ces pratiques ont bel et bien changé, mais pour le pire.

Pour sa première édition du « monde d’après », le Hellfest s’est organisé sur deux week-ends d’affilée, et sa fréquentation [environ 420 000 entrées payantes] a plus que doublé par rapport à 2019. Celle-ci avait déjà été multipliée par 9 entre 2006 et 2019, à l’image de la « gigantisation » de la plupart des grands festivals de musique français depuis les années 2000 : celui des Vieilles Charrues est passé de 100 000 places vendues en 1998 à plus de 250 000 en 2019, les Eurockéennes de Belfort de 80 000 en 2003 à 130 000 en 2019…

Cette tendance leur permet, entre autres, d’engranger davantage de recettes afin de pouvoir inviter des artistes dont les cachets augmentent tout aussi vite, et qui produisent des concerts de plus en plus spectaculaires. Or, cette course au gigantisme augmente les impacts écologiques de ces événements de manière exponentielle.

Brumisateurs géants

Plus les événements grandissent, plus ils doivent attirer de spectateurs et spectatrices venant de loin. Le Hellfest ne s’en cache pas : les informations pratiques pour venir au festival depuis l’aéroport de Nantes sont affichées sur le site. Problème : selon le Shift Project, si seulement 3 % des festivaliers et festivalières viennent en avion sur un grand festival, ils seront responsables de la majorité de ses émissions de gaz à effet de serre.

Pour les autres, le festival a acquis un terrain de 37 hectares pour en faire le deuxième plus grand parking de France, qui ne sera donc pleinement utilisé que quelques jours dans l’année. Une décision qui accroît la dépendance du festival aux énergies fossiles, alors que 300 000 litres de fioul ont été engloutis par les groupes électrogènes pendant cette édition, « le plus gros chantier électrique éphémère de France », selon les mots du patron du Hellfest, Ben Barbaud.

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Des brumisateurs géants et des lances à eau ont arrosé le public pendant la canicule, et ce en pleine période de sécheresse : le département de Loire-Atlantique est pourtant classé par le ministère de la transition écologique dans les territoires à risque « très probable » de sécheresse d’ici à la fin de l’été, et soumis en partie au régime de « restriction d’eau » depuis la mi-juin, interdisant tout prélèvement, y compris agricole, sauf usages prioritaires.

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