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Dominique Boutonnat pressenti pour un nouveau mandat à la tête du CNC


Dominique Boutonnat, en mai 2022.

Le mandat de trois ans de Dominique Boutonnat à la présidence du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), qui s’achève samedi 23 juillet, devrait, sauf retournement de dernière minute, être reconduit lors du conseil des ministres, mercredi 20 juillet, selon nos informations. La ministre de la culture, Rima Abdul-Malak, avait, début juin, clairement milité pour cette prorogation en déclarant au Parisien : « Il est le patron d’un CNC qui a fait face à la crise et qui, par ailleurs, a été pionnier sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. » Tout en précisant à son propos, puisqu’il est placé sous contrôle judiciaire depuis février 2021 : « La présomption d’innocence prévaut. »

Fin avril, le parquet de Nanterre a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel du président du CNC pour agression sexuelle sur son filleul. En octobre 2020, une plainte avait été déposée par ce jeune homme de 23 ans pour des faits datant d’août 2020, lors de vacances en Grèce. Dominique Boutonnat conteste « fermement l’ensemble des faits », selon son avocat. Aucune jurisprudence n’oblige la mise en retrait ou la démission d’un fonctionnaire mis en examen. Il s’agit, pour les ministres, d’un usage depuis 1992, dont l’application s’effectue à géométrie variable.

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Cette situation judiciaire a contraint le président du CNC à minimiser ses apparitions publiques, mais ne l’a pas empêché de défendre les intérêts du cinéma français pendant la pandémie. Il a décroché 310 millions d’euros d’aides (hormis celles, gouvernementales, accordées à toutes les entreprises), dont 211 millions sont allés aux exploitants de salles de cinéma – très affectés par des mois de fermeture ou de restriction de jauge –, 38 millions ont été affectés aux producteurs, et 54 millions aux distributeurs. Aucun secteur de la culture en France ou dans un autre pays n’a reçu autant d’aides. D’importantes mesures de relance sont déjà engagées et, d’ici à 2030, une nouvelle manne de 350 millions d’euros sera consacrée aux studios de tournage.

« Politique libérale »

Venu du monde des assurances, le président du CNC, 52 ans, a mis en place deux fonds de garantie des tournages en cas de Covid-19 – cofinancés par l’Etat et des assureurs privés – dès le 1er juin 2020. Les tournages de films comme de séries ont pu reprendre en France plus vite qu’ailleurs. Dans la foulée des révélations #meetoo, le CNC a instauré une politique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Les aides du Centre sont désormais conditionnées au suivi, par les dirigeants des entreprises du cinéma, de l’audiovisuel et du jeu vidéo, d’une formation spécifique. Entre octobre 2020 et fin 2022, 6 000 professionnels l’auront effectuée. « C’est quand même un peu baroque d’avoir un patron du CNC mis en examen pour agression sexuelle qui demande à la profession entière de suivre une telle formation », note toutefois un exploitant, illustrant la position délicate de Dominique Boutonnat vis-à-vis du milieu du cinéma.

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