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Dominique Boutonnat reconduit à la tête du CNC malgré sa mise en examen pour agression sexuelle


Ce proche d’Emmanuel Macron se voit offrir un nouveau mandat de trois ans à la direction du CNC malgré les appels à sa mise en retrait par de nombreux réalisateurs français et du collectif 50/50.

Dominique Boutonnat a été reconduit pour trois années supplémentaires à la tête du Centre national du cinéma (CNC) à l’issue du Conseil des ministres mercredi, malgré un bilan critiqué par certains cinéastes et une mise en examen après des accusations d’agression sexuelle qu’il conteste.

Plusieurs réalisateurs, dont Jacques Audiard, Cédric Klapisch et Pierre Salvadori, ont leur opposition à sa reconduction estimant sa politique «ouvertement libérale et trop souvent court-termiste».

«Il serait incompréhensible que le mandat [qui arrive à son terme le 24 juillet] de Dominique Boutonnat soit renouvelé dans quelques jours», estime le conseil d’administration de la Société des réalisateurs de films (SRF) dans un communiqué.

«Si certaines avancées peuvent être saluées, telle la mise en place d’une troisième commission à l’avance sur recettes, si des aides exceptionnelles ont été rapidement débloquées au cours de la crise sanitaire (du Covid-19), les fondements de la politique menée depuis trois ans restent des plus alarmants pour le cinéma indépendant», souligne la SRF.

Cette association de cinéastes accuse Dominique Boutonnat, dont la nomination il y a trois ans par le président Emmanuel Macron avait secoué le milieu du septième art, de mener «une politique ouvertement libérale» et de s’appliquer «à démanteler petit à petit ce puissant outil de régulation» qu’est le CNC, institution centrale pour le financement du cinéma.

«Ainsi assiste-t-on au brouillage grandissant des frontières entre cinéma et audiovisuel, à la redistribution des aides en faveur de films déjà soutenus par le marché, à la multiplication, au sein des commissions, des critères de performance et de rentabilité», déplore le collectif. Aucune mention n’est faite des accusations d’agression sexuelle et de tentative de viol visant Dominique Boutonnat.

Ce qui n’est pas le cas du collectif 50-50 qui demandait expressément à la ministre de la Culture que Dominique Boutonnat, 52 ans, ne soit pas reconduit à la tête du CNC. Cette organisation qui défend la parité dans le septième art évoque dans un communiqué toute l’«affaire Boutonnat». Elle rappelle ainsi qu’en octobre 2020, une plainte a été déposée contre lui pour des faits de viol. Qu’en février 2021, «un juge d’instruction a considéré qu’il existait des indices graves et concordants qu’il ait pu participer à ces faits» et que Dominique Boutonnat a été mis en examen. Ledit collectif, lui-même en proie à une affaire d’agression sexuelle, ajoute : «Si la présemption d’innocence perdure, la justice considère à ce jour que les accusations de violences sexuelles contre M. Boutonnat ne sont pas fantaisistes.»

Le 25 avril, le parquet de Nanterre a requis son renvoi devant le tribunal correctionnel , 52 ans, pour agression sexuelle sur son filleul, avec qui il n’a pas de lien familial. Interrogée sur ce point début juin, la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, avait estimé que «la présomption d’innocence prévaut» et salué le bilan de M. Boutonnat.


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