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Les Rolling Stones en concert à Paris, un savoir-faire toujours intact


Les Rolling Stones lors de leur concert à l’hippodrome de Longchamp, à Paris, le 23 juillet 2022.

La dernière fois que les Rolling Stones avaient foulé la pelouse de l’hippodrome de Longchamp, les 30 juin et 1er juillet 1995, on se demandait comment, à leur âge canonique – Mick Jagger et Keith Richards avaient 51 ans –, ces milliardaires dispersés aux quatre coins de la planète pouvaient continuer à jouer au « plus grand groupe de rock’n’roll du monde ».

Vingt-sept ans après, nos jambes ont un peu de mal, ce 23 juillet, à parcourir les kilomètres séparant la porte d’Auteuil de l’anneau hippique du 16e arrondissement de Paris, mais le chanteur pur-sang (78 ans) et ses complices ont encore une sacrée foulée. Bien sûr chaque nouvelle course les rapproche de la dernière, comme le rappelle l’hommage rendu en prélude à leur batteur Charlie Watts, mort le 24 août 2021. Au son de sa frappe métronomique, ancre salvatrice d’un vaisseau parfois bringuebalant, défilent les images de cet élégant discret qui, en concert, était traditionnellement le membre du groupe le plus applaudi au moment de la présentation des musiciens.

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« Charlie nous manque tellement, nous voudrions lui dédier ce concert », insiste Jagger, en français, au bout de deux morceaux. Le riff arrogant de Street Fighting Man – la meilleure évocation en chanson de l’esprit de 1968 d’après Daniel Cohn-Bendit – et la frénésie moqueuse de 19th Nervous Breakdown avaient donné le ton. L’ambiance de ce Sixty Tour n’est pas dictée par une nostalgie mélancolique, mais par une célébration joyeuse des 60 ans de carrière d’un groupe qui donna son premier show, en 1962, sur la scène du Marquee de Londres.

Le sourire XXL de Jagger

A Lyon, le 19 juillet, pour le premier des deux concerts français de leur tournée européenne, les Stones avaient surpris par leur énergie, malgré une canicule qui faisait tourner de l’œil à plus d’un fan. Aucune raison que l’idéale douceur de cette soirée parisienne ne leur fasse pas faire au moins aussi bien. Devant une marée humaine de 56 000 personnes, la sonorisation puissante et claire démontre, dès les premières notes, que le chanteur est en voix. Malgré un Covid récent, Mick Jagger virevolte avec une prestance stupéfiante.

Mike Jagger lors du concert des Rolling Stones, samedi 23 juillet 2022, à Paris.

En 1995, une tour d’éclairage dressée comme une tête de serpent crachait des flammes, avant que des poupées géantes surplombent la foule de l’hippodrome. Depuis le début des années 1980, les Stones avaient pris l’habitude d’agrémenter leurs tournées des stades d’un cirque rock bourré d’effets. Mais si le plateau reste immense, bordée de deux pistes adaptées aux joggings de Mick Jagger, et assortie d’une longue promenade s’avançant dans le public, la sobriété scénographique est de rigueur. Le grand écran de fond de scène et les deux plus petits accrochés de chaque côté se contentent de quelques rares créations vidéo, pour privilégier les images des musiciens, filmés en direct. Même à l’autre bout de l’hippodrome, on peut ainsi profiter du sourire XXL et de l’œil malicieux du chanteur à la taille de guêpe et aux déhanchements d’une hétérosexualité gorgée de féminité. Bandana rose sur reste de tignasse argentée, rides de vieux pirate, Keith Richards secoue sa Fender avec une joie hilare, suivi comme son ombre par Ron Wood, copain (plus que guitariste) idéal, aux pommettes toujours plus saillantes.

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