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Jane Fonda, portrait d’une jeune fille en feu


A force de la harceler, elle a fini par répondre : « Okay ! Rendez-vous le 26 juin à Rome, à l’Hôtel de Russie. » C’était comme une bouteille à la mer, ce message, un parmi les centaines qu’elle reçoit chaque jour sur les réseaux sociaux. Contre toute attente est arrivée une réponse, un rendez-vous, presque « a date », comme on dit en anglais. Un miracle, en tout cas. Une ligne signée « xx Jane » : « xx » pour « bises », en langage messagerie.

Mais est-ce bien elle ? Depuis des semaines, sa conseillère en relations publiques, Keleigh Thomas Morgan nous a dit : « Non. Pas d’entretien. » L’actrice est trop occupée. L’agent, la manageuse, tous ces intermédiaires du star system, des « parasites », comme disait Henry Fonda, n’ont même pas répondu.

Et cet hôtel, dont le nom fait sursauter par les temps qui courent. Russie, vous dites ? Vérification sur Google map. Oui, bien sûr qu’il existe. L’Hôtel de Russie est même l’un des plus grands palaces de la ville, à deux pas de la Piazza del Popolo, en contrebas des jardins de la Villa Borghese. Un nom hérité de l’époque où y descendait la cour des tsars.

Un continent plus tard, voici Rome. La ville est à son meilleur, déjà sous les citronniers, alanguie mais pas encore écrasée par le tourisme. L’actrice a proposé un dimanche : elle tourne toute la semaine, et le protocole sanitaire interdit de la suivre en studio. La veille, le rendez-vous a été retardé à cause d’une séance photo. Puis avancé : le photographe a attrapé le Covid-19. L’assistant a fait les prises de vue, ce qui n’a pas l’air d’avoir impressionné la star, elle qui occupe les plus grands photographes depuis qu’elle est née.

Artiste jusqu’au bout des ongles

Jane porte un survêtement ordinaire, gris, griffé « Somebody feed Phil », la série culinaire de Netflix. Aucun bijou. Ses cheveux sont cachés par un Borsalino cerclé d’un ruban noir ; son visage par un masque et des lunettes de soleil. Parmi la clientèle qui déjeune sous les parasols, nul ne peut se douter que cette dame en sweat-shirt à capuche, à l’allure un peu excentrique – des manches longues alors qu’il fait 37 °C – est l’actrice qui marque l’histoire américaine depuis plus d’un demi-siècle. Jane Fonda : 25,4 millions de pages sur Google, une soixantaine de films, deux Oscars (sept nominations), sept Golden Globes, un Emmy (cinq nominations), deux nominations aux Tonys pour deux pièces sur Broadway (à quarante-neuf ans d’intervalle), le Life Achievement Award de l’American Film Institute, le Cecil B. DeMille Award des Golden Globes, une Palme d’or d’honneur à Cannes en 2007…

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