fbpx

Le succès de « Nope » confirme l’embellie du box-office américain


OJ (Daniel Kaluuya) dans « Nope », de Jordan Peele.

Aux Etats-Unis, un film qui marche peut prétendre à quatre semaines d’exclusivité en salle avant d’être proposé en vidéo à la demande. C’est la bonne fortune que connaît Nope, sorti vendredi 22 juillet, après avoir engrangé 44 millions de dollars (43,1 millions d’euros) de recettes pendant sa première semaine d’exploitation. Et, seize jours après sa sortie, le troisième long-métrage de Jordan Peele, après Get Out (2017, 176 millions de dollars au box-office nord-américain) et Us (2019, 175 millions), cumule 98 millions de recettes en salle.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Avec « Nope », Jordan Peele revisite les mythologies hollywoodiennes

Ce succès, qui survient après ceux du film hybride (comédie, fantastique, arts martiaux, spéculation philosophique) Everything Everywhere All at Once – il a rapporté 69 millions de dollars dans les cinémas depuis sa sortie, vendredi 25 mars – et du film d’horreur Black Phone, avec Ethan Hawke (84 millions de dollars, depuis vendredi 24 juin), suscite quelques espoirs. Les cinémas américains pourraient-ils espérer un autre sort que celui d’écrins pour films de super-héros ? Les trois films cités ont en commun d’avoir été accueillis avec enthousiasme par un public jeune – celui justement qui fait la fortune des longs-métrages Disney-Marvel – et de se démarquer, à des degrés divers, des genres dont ils relèvent.

Ces succès inattendus vont à l’encontre de la politique des majors de Hollywood, aux termes de laquelle la profitabilité ne peut être atteinte qu’en offrant des œuvres déjà familières au public – qu’elles mettent en scène des personnages au succès déjà éprouvé ou soient dérivées de marques commerciales. Il reste à savoir s’il s’agit des derniers feux d’une époque ou du signe que le cinéma de création peut encore vivre en salle.

Faiblesse de l’offre

Deux de ces longs-métrages (Black Phone et Nope) sont distribués par Universal, un studio qui a pour politique de proposer ses films en vidéo à la demande à l’acte, deux ou trois semaines après leur sortie en salle. C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, on peut trouver Les Minions 2 : il était une fois Gru ou Jurassic World : le monde d’après, films Universal, à la vente, sur iTunes et les autres plates-formes, pour 19,99 dollars. Cette stratégie abrège forcément la carrière du film en salle, elle ne l’empêche pas d’être profitable. Le film d’animation a rapporté 300 millions de dollars en un mois, le film de dinosaures 370 millions en deux mois.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Le cinéma est-il mort ou vif, bousculé par les plates-formes et affaibli par le Covid-19 ?

Au moment où un autre grand studio, Warner Bros Discovery, se prend les pieds dans le tapis tendu entre plate-forme et salle en annulant la sortie de Batgirl, film a priori destiné au grand écran et pourtant budgété pour une mise en ligne sur HBO Max, la stratégie d’Universal semble viable. Au moins n’affecte-t-elle pas le moral des réalisateurs et des stars comme l’ont fait les tergiversations de Disney – on dit que les équipes ont été déçues de voir la dernière production Pixar, Alerte rouge, sauter l’étape de la salle –, et a fortiori de Warner, qui, à chaque changement de propriétaire, réussit à se mettre à dos le Tout-Hollywood, que la major annule la sortie en salle de tous les films prévus en 2021 ou qu’elle appauvrisse l’offre de contenu de sa plate-forme en 2022 – outre l’annulation de Batgirl, on a remarqué qu’un certain nombre de titres produits spécifiquement pour HBO Max avaient été retirés du catalogue.

Il vous reste 19.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.