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Pour les festivals musicaux, une reprise semée d’embûches malgré le retour du public


Vue aérienne du festival Hellfest, à Clisson (Loire-Atlantique), le 25 juin 2022.

« Tous les coûts ont explosé, et même si les festivals ont redémarré, on reste très loin de la légèreté que l’on connaissait avant la pandémie en 2019 », note Malika Séguineau, directrice générale du Prodiss, le Syndicat national du spectacle musical et de variété. A mi-parcours de l’été, les festivals musicaux ont, dans le meilleur des cas, retrouvé leur public, comme le Festival interceltique de Lorient (Morbihan), qui a même annoncé un record de 900 000 visiteurs. Mais tous ont dû affronter une litanie de difficultés, entre l’inflation des prix des prestataires techniques, la complexité du recrutement, la surabondance de l’offre de concerts et l’explosion des cachets des artistes.

Jérôme Tréhorel, à la tête des Vieilles Charrues, à Carhaix-Plouguer (Finistère), qui ont affiché complet, cette année, avec 280 000 festivaliers, s’est battu pour remédier aux pénuries en matériel, pour les concerts mais aussi la restauration. Il confirme que tout a augmenté, même la location des champs de blé, habituellement transformés en parking pendant le festival. Le coût des transports, notamment en camions semi-remorques, a enflé, tout comme celui des matières premières comme le bois ou l’acier, ajoute Gérard Pont, le patron des Francofolies, à La Rochelle, qui a même dû refuser du monde.

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Après deux étés à l’arrêt ou presque, bon nombre d’organisateurs ont voulu marquer leur retour avec des affiches exceptionnelles, ou en multipliant le nombre des concerts. Quitte à voir trop gros. Comme l’Aluna Festival (Ruoms, Ardèche) qui a mis inutilement en concurrence Feu ! Chatterton, Julien Doré et Angèle en les programmant le même soir. Sophie Levy-Valensi, qui dirige Le Weekend des Curiosités, près de Toulouse, a perdu 40 % de fréquentation malgré une programmation plus étoffée. Signe, à ses yeux, qu’il faut « réinventer de nouvelles formes de festivals ». Une préoccupation partagée par Marie Rigaud, directrice du Printemps de Pérouges, dans l’Ain.

Relations tendues

Si Sting a attiré le public de ce festival, « trois artistes de plus ou de moins n’auraient rien changé », dit-elle. Pourtant, développer l’offre s’est aussi révélé payant : le Hellfest, à Clisson (Loire-Atlantique), haut lieu de la scène metal, passé en mode marathon pour accueillir 350 concerts, au lieu de 150 en 2019, a gagné son pari, avec 420 000 spectateurs. A l’opposé musicalement, au Festival de La Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône), où se réunit le gratin des pianistes, 106 concerts sont actuellement à l’affiche, contre 78 en 2021, selon le directeur artistique, René Martin. Fort du succès des matinées mises en place pendant la période de Covid-19, il a pérennisé le format d’un concert de musique contemporaine tous les jours à 11 heures.

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