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l’enquête sur l’origine de l’incendie bientôt classée?


Notre-Dame de Paris, en avril 2022. L’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale envisage de «rendre à l’archevêque l’usage de la cathédrale» avant décembre 2024. Bertrand GUAY / AFP

Selon Le Canard enchaîné, les trois magistrats chargés de l’information judiciaire sur les causes du sinistre pourraient ordonner un non-lieu, faute d’éléments susceptibles de privilégier les différentes pistes d’accidents.

L’enquête sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame de Paris aurait du plomb dans l’aile. Pendant que le chantier de restauration de la cathédrale avance à cadence soutenue, la procédure judiciaire censée déterminer les causes de la catastrophe pourrait faire l’objet à l’automne d’une ordonnance de non-lieu, a appris cette semaine Le Canard enchaîné.

Faute d’éléments, aucun responsable de l’incendie ne pourrait être identifié avec certitude et encore moins mis en examen, laisse entendre une source de l’hebdomadaire. «Le dossier va être classé car il nous est impossible de savoir si c’est la piste du mégot ou celle du court-circuit électrique qui est la bonne», a déclaré un magistrat du parquet cité par Le Canard. En ajoutant : «S’il y avait eu des victimes, la situation serait différente».

Joint par Le Figaro, le parquet de Paris a déclaré que l’information judiciaire était toujours en cours. Celle-ci ne serait probablement pas close cet automne, comme indiqué par Le Canard enchaîné, en raison de nouvelles expertises intermédiaires et complémentaires tout juste ordonnées en avril 2022. Celles-ci se rajoutent aux deux expertises restantes parmi les cinq ordonnées par les magistrats au lendemain de l’incendie.

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Épineuse enquête

L’enquête au long cours sur les causes de l’incendie du 15 avril 2019 n’en est pas à une complexité près. Confiée à trois juges d’instructions, une information judiciaire avait été ouverte le 26 juin 2020, en prenant la suite d’une enquête préliminaire lancée au lendemain de l’accident. Malgré des retards à répétition, notamment liés à la sécurisation du site et la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, plus d’une centaine de témoins ont été entendus et l’origine de l’incendie a pu être identifiée avec précision grâce au concours d’experts.

Retrouver les causes précises du sinistre, en revanche, s’est révélé autrement plus ardu. La piste criminelle écartée, une poignée d’hypothèses sur l’origine accidentelle de l’incendie a retenu l’attention des enquêteurs. Sont privilégiées la piste d’une cigarette jetée par un ouvrier – des mégots ont été retrouvés dans une zone critique où il était interdit de fumer -, et celle d’un court-circuit lié à l’installation en 2007 de cloches électrifiée dont les câbles filaient dans les combles de l’édifice.

Y a-t-il eu des «dégradations involontaires» ou une «violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité», ainsi que cherche à caractériser l’information judiciaire ? Et si oui, qui en était responsable ? Les différentes hypothèses balancent tantôt vers le personnel chargé, au moment de l’incendie, de la restauration de la charpente, vers l’évêché, l’architecte en chef de la cathédrale voire le ministère de la Culture. «On ne saura sans doute jamais la cause du départ du feu», confiait à l’AFP dès 2020, une source proche du dossier. Du côté du parquet, où l’on attend toujours la conclusion des différentes expertises judiciaires, la fumée blanche de l’enquête se fait toujours attendre.

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