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une avalanche de nouveaux timbres au Salon philatélique d’automne


Une quarantaine de marchands ainsi que quelques postes étrangères et des territoires français d’outre-mer participeront au 75e Salon philatélique d’automne organisé par la Chambre syndicale française des experts et négociants en philatélie (CNEP) du 3 au 5 novembre à l’Espace Champerret à Paris. « Après l’euphorie de la reprise, en 2021, le salon revient plus paisiblement en 2022 », signale L’Echo de la timbrologie de novembre.

L’occasion pour les amateurs de dénicher les pièces qui manquent à leurs collections ou de profiter des nouveautés mises en vente appelées, pour certaines, à prendre de la valeur en raison de leurs faibles tirages ou de leur potentiel d’attractivité…

Rappelons en passant que la CNEP est l’unique syndicat regroupant en France négociants et éditeurs – environ cent cinquante – appartenant au monde de la philatélie, qui respectent une charte professionnelle stricte, garantissant à leurs clients l’authenticité et la qualité des pièces vendues.

Comme le souligne la CNEP, si le premier Salon d’automne fut organisé du 25 au 26 octobre 1947 dans l’hôtel des chambres syndicales, rue de la Victoire à Paris, « tout commence en réalité dans l’année 1942 » quand « une manifestation philatélique est organisée au sein de la Foire de Paris », pendant l’Occupation. Rebelote en septembre 1945, avant que les acteurs de l’époque, parmi lesquels Jean Farcigny (1924-2002), le père de l’actuel président de la CNEP, François Farcigny, ne se décident à lancer leur propre salon qui migrera dans divers lieux avant de trouver asile à l’Espace Champerret.

Bloc timbré paru en 2021 rendant hommage aux créateurs du Salon philatélique d’automne, François Farcigny (1924-2002), à gauche) et Roger North  (1911-1993), à droite. Dessin de Stéphane Humbert-Basset,  gravure de Claude Jumelet, impression en taille-douce.

François Farcigny espère franchir la barre des dix mille visiteurs, dans un contexte de « baisse constante de la fréquentation des salons philatéliques ». Il considère ce salon comme un test, « qui permettra de mesurer l’appétence des collectionneurs pour le timbre », dans la foulée de Paris Philex qui a connu un certain succès en juin, « même si la clientèle a vieilli. Internet et le Covid sont passés par là ».

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On ne peut pas dire que les timbres mis en vente en avant-première à partir du 3 novembre, et en vente générale dans nombre de bureaux de poste le lundi 7 novembre, symbolisent la modernité. Un choix qui rassurera les collectionneurs traditionnels… et mettra en lumière le talent des dessinateurs, peintres et graveurs du début du XXe siècle ! Quant à séduire un plus large public, la question reste posée.

Bloc « Paix de Laurens ». Ce bloc composé de six timbres, d’une valeur totale de 24 euros, met à l’honneur le type « Paix », créé par Paul-Albert Laurens (1870-1934) et gravé par Jean-Antonin Delzers (1873-1943), dont la première série est parue en 1932 et qui célèbre donc son quatre-vingt-dixième anniversaire. Son tirage de 40 000 exemplaires n’en fait a priori pas une valeur d’avenir.

 Type « Paix », d’après Paul-Albert Laurens et Jean-Antonin Delzers. Mise en page de Sylvie Patte et Tanguy Besset. Valeur faciale totale : 24 euros. 40 000 exemplaires. Impression typographie rotative, comme en 1932, année de parution du timbre original (Musée de La Poste, Paris - La Poste, 2022).

Affiche timbrée « Vue de Paris ». Après avoir édité des affiches au format 220 x 286 mm comprenant quatre timbres sur les thèmes de la « Marianne » d’usage courant puis du timbre de poste aérienne « Burelé » de 1936, c’est au tour de la « Vue de Paris », d’Albert Decaris (1901-1988), de bénéficier de ce traitement. D’une valeur totale de 28 euros (7 euros x 4, et on se demande à quel usage est réservée cette valeur), l’affiche est tirée à 14 000 exemplaires.

Affiche numérotée et datée, « Vue de Paris », d’après le timbre de poste aérienne de 1950 créé par Albert Decaris. Dessin et gravure du cadre par Jacques Combet. Arrière-plan de l’affiche et mise en page de Stéphane humbert-Basset. Impression en taille-douce plus film argent en typographie. Prix de vente : 28 euros. Tirage : 14 000.

Carte-lettre « Semeuse ». Cet objet de correspondance reprend le principe de la carte-lettre prétimbrée en circulation au début des années 1920, revêtu pour la circonstance du timbre « Semeuse camée » bleue en vigueur à l’époque dessinée d’après Louis-Oscar Roty (1846-1911). Le tirage est d’un « petit » 3 000 exemplaires, pour un prix de vente de 3 euros (alors que le tarif lettre internationale de 20 grammes est fixé à 1,65 euro).

Carte-lettre entier postal « Semeuse » camée, d’après collection privée. Dessin du timbre : Louis-Oscar Roty. Gravure du timbre : Jean-Baptiste Lhomme d’après Louis-Eugène Mouchon. Impression mixte offset/typographie. Prix de vente : 3 euros. Tirage : 3 000.

« Chasseur Dewoitine D.1 ». Le timbre de poste aérienne sur le chasseur Dewoitine D.1 (ou D1 sur la vignette postale), d’une valeur de 5,26 euros (au tarif de la lettre prioritaire jusqu’à 250 grammes), dessiné par le peintre de l’air et de l’espace Arthur Thomas, est conditionné en feuille de douze exemplaires (tirage : 408 000 unités) et en mini-feuillet de dix (35 000 indivisibles, à 52,60 euros).

Timbre-Poste : création d’Arthur Thomas, mise en page de Bruno Ghiringhelli et gravure de Claude Jumelet, d’après photos © Musée de l’Air et de l’Espace. Contours de feuilles : Création de Bruno Ghiringhelli d’après-photos © Musée de l’Air et de l’Espace. Impression offset/taille-douce. Valeur faciale : 5,26 euros.

Le chasseur monoplace monoplan Dewoitine D1 est le premier avion conçu par Emile Dewoitine (1892-1979) installé à Toulouse en 1920. Son premier vol a lieu le 18 novembre 1922. D’une longueur de 7,50 m, d’une envergure de 11,50 m, son poids à vide est de 820 kg. Il est équipé d’un moteur V8 Hispano-Suiza de 300 ch pour une vitesse maximale de 247 km/h et une autonomie de 400 kilomètres, et armé de deux mitrailleuses Vickers de calibre 7,7 mm synchronisées. Une trentaine de Dewoitine D1 sont mis en service sur le porte-avions Béarn, illustré sur le timbre. A noter qu’un Dewoitine 338 est le sujet d’un timbre paru en 1987.

« Les grandes heures de l’histoire de France ». Louis XV (1710-1774) et Marie Leszczynska (1703-1768) – dont le mariage fut célébré à Fontainebleau, le 5 septembre 1725 –, et le château de Versailles sont au programme du bloc composé de deux timbres à 3,30 euros sur « Les grandes heures de l’histoire de France ». Créé par Benjamin van Blancke et gravé en taille-douce par Pierre Bara, il est imprimé à 320 000. Un souvenir philatélique (encart plus feuillet) vendu 8,50 euros et tiré à 30 000 exemplaires accompagne cette émission.

« Grandes heures de l’histoire de France » : création de Benjamin Van Blancke et gravure de Pierre Bara, d’après photos. Pour le timbre, portrait de Marie Leszczynska par Van Loo. Huile sur toile du National museum Stockholm (c) Fine Artimages/Leemage ; timbre portrait de Louis XV par Michel Van Loo. Châlons-en-Champagne, musée des Bbeaux-arts et d’archéologie (c). Photo Josse/Leemage. Fond de bloc : d’après photo de Benjamin Van Blancke. Impression en taille-douce. Valeur faciale totale : 6,60 euros.

« Raymond Devos ». Le célèbre humoriste français, né en 1922 à Mouscron, en Belgique, décédé en 2006 à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines) fait l’objet d’un timbre à 1,16 euro dessiné par Mathieu Persan, tiré à 495 000 exemplaires, qui évoque le talent de l’artiste à jongler avec les mots.

« Raymond Devos. 1922-2006 », création de Mathieu Persan, d’après photo (c) de Jacky Van Sull/Fondation Raymond-Devos. Impression en héliogravure.

Carnet « Cartes à jouer ». Le carnet de douze timbres-poste autocollants à 1,16 euro, vendu 13,92 euros, illustré de douze cartes à jouer du jeu de whist de la maison Grimaud, est tiré à 200 000 exemplaires. Ce jeu, fabriqué en 1902 par Baptiste-Paul Grimaud (1817-1899), dans les ateliers du 54, rue de Lancry, à Paris, a fait l’objet d’une réédition en 1974. Les maquettes ont été dessinées et peintes par Jules Auguste Habert-Dys (1850-1930).

« Cartes à jouer. Collection Louis XV », 12 timbres-poste autocollants (13,92 euros). Impression en héliogravure. Tirage : 200 000.

Carnet « 40 ans de la Liberté de Gandon ». Le timbre d’usage courant créé par Pierre Gandon (1899-1990), voit le jour le 4 janvier 1982, inspiré par l’œuvre de Delacroix (« La Liberté guidant le peuple »). Il succède à la « Sabine », du même artiste.

Pour fêter cet anniversaire, La Poste, qui cultive plus que jamais le principe de faire du neuf avec du vieux, émet un carnet de quatorze timbres – 1,16 euro x 6, 1,43 euro x 6 et 2,32 euros x 2 – au prix de vente de 20,72 euros, reprenant le visuel de la « Liberté » de Gandon (tirage : 70 000).

« Mon carnet de timbres féerique ». Les courriers de fin d’année pourront être affranchis à l’aide de timbres « féériques », inspirés par la neige, Noël, les sports d’hiver, émis dans un carnet de douze vignettes à 1,16 euro (tirage : 4 millions). Pourquoi « féérique », s’interroge la rédactrice en chef du mensuel Atout timbres Sophie Bastide-Bernardin qui aurait préféré l’orthographe « féerique ». « Ne cherchez pas de fées dans ce carnet, vous n’en trouverez pas »

« Mon carnet de timbres féérique », 13,92 euros, création BETC. Impression en héliogravure (4 millions d’exemplaires).

Et qui dit Noël, dit cadeaux… C’est ainsi que ce carnet servira de support à un jeu, avec des milliers lots à gagner. C’est là que ce carnet peut se révéler être une bonne affaire ! « A chaque achat d’un carnet, un code est attribué pour pouvoir jouer sur un site dédié du 7 novembre au 31 janvier (www.laposte.fr/legrandjeu), précise Maryline Guilet, du service communication de Philaposte. Il s’agit d’un jeu 100 % gagnant, les lots vont d’une carte Youpix à des séjours Pierre et Vacances d’une valeur de 2 000 euros. Tous les joueurs sont automatiquement inscrits aux tirages au sort – prévus début décembre, fin décembre et début février – qui permettront de gagner huit chèques de 10 000 euros. »

« Charlie Chaplin. The Kid ». Le timbre vainqueur de l’élection du plus beau timbre de l’année (2021), « Charlie Chaplin. The Kid. 100 ans » fera l’objet d’un souvenir philatélique (encart plus feuillet) vendu 4,50 euros et tiré à 30 000 exemplaires, d’après une création de Stéphane Humbert-Basset, gravée par Pierre Bara.

Lire aussi : Le timbre rouge de La Poste va disparaître

« Marianne » surchargée. La Poste a annoncé, en juillet, la disparition à compter du 1er janvier 2023 du timbre rouge de la « lettre prioritaire », à l’effigie de « Marianne », qui permet d’affranchir un pli pour une distribution le lendemain (à J + 1). Sont entraînés dans la tourmente « les timbres Ecopli et les valeurs de compléments à 0,01 euro, 0,05 euro et 0,10 euro, [qui] disparaissent pour laisser place à une nouvelle gamme courrier innovante » dématérialisée.

Timbre « Marianne » rouge « Lettre prioritaire » surchargé, avec 31.12.2022. Vente en feuille indivisible seulement. Tirage : 3 000 exemplaires numérotés, au prix de 143 euros l’unité.

A cette occasion, Philaposte, le service d’ingénierie philatélique de La Poste, a décidé de créer une surcharge sur les feuilles de cent timbres « Marianne », aux tarifs « Lettre prioritaire » (143 euros) et « Ecopli » (114 euros) exclusivement. Tirage : 3 000 feuilles numérotées pour chaque valeur, la surcharge mentionnant la date de retrait des timbres. Ce qui pourrait constituer le premier événement de ce salon. Vente uniquement par feuilles entières.

Face à une possible spéculation (à laquelle il est compliqué de croire, au vu des prix des feuilles et du tirage somme toute important de 300 000 timbres pour chaque valeur), la vente sera limitée à une quantité de dix feuilles de chaque valeur par acte d’achat « pour les particuliers », de cinquante feuilles pour les « clients professionnels ». Le communiqué ne précise pas le sort réservé aux associations philatéliques…

L’attention des spécialistes se portera sur deux carnets de timbres d’usage courant « Marianne » rouges avec de nouvelles couvertures (« 75e Salon philatélique d’automne » et « Le Livre des timbres 2022 »), chacun à 17,16 euros et tirés à 50 000.

Timbre de distributeur dessiné par patrick Dérible. Port de Saint-Pierre à Saint-Pierre-et-Miquelon. Impression en offset.

Des timbres de distributeurs seront également au programme, sur les thèmes de Saint-Pierre-et-Miquelon, invité d’honneur du Salon et de la « Liberté » de Gandon.

Deux nouveaux timbres de l’archipel seront mis en vente, sur les « Chassis à guillotine » (à 1,43 euro) et sur une thématique de Noël – petit bonhomme en pain d’épices, sablé et lait de poule (1,43 euro).

Mais surtout, le service philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon mettra en vente deux « Marianne » métropolitaines – le 1 franc orange et le « Lettre prioritaire » rouge – surchargés « SPM ». Tirage annoncé : 10 000 exemplaires pour le premier et 667 carnets – seulement – de douze (vendus 18 euros l’unité en raison du coût de fabrication, au lieu de 17,16 euros) pour le second vendu sous ce seul conditionnement ! Les spéculateurs tiennent la leur vedette absolue ! Ce qui pourrait constituer le deuxième événement du Salon.

« Le » carnet de Saint-Pierre-et-Miquelon d’usage courant avec surcharge « SPM », tiré à 667 exemplaires...

« La surcharge s’inscrit dans une volonté de recycler des stocks, un fonctionnement anti-gaspillage ancien, récemment revenu à la mode », précise Sophie Bastide-Bernardin, plus réservée en ce qui concerne la surcharge onéreuse des feuilles de « Marianne » métropolitaines.

« 300 ans de la découverte de l’île Tromelin », dessiné et gravé par Line Fiklhon. Impression mixte offset/taille-douce. Tirage : 20 000.

Toujours du côté des offices postaux « francophones », les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) célébreront les 300 ans de la découverte de l’île Tromelin avec un bloc à 2,20 euros, tiré à 20 000 exemplaires.

Line Filhon, sa créatrice, sera présente le vendredi 4 novembre pour dédicacer ses timbres sur le stand de l’association Art du Timbre Gravé (ATG) le matin et sur le stand des TAAF l’après-midi. A noter par ailleurs qu’ATG accueillera durant les trois jours une vingtaine d’artistes pour des séances de signatures…

Lire aussi : Nelson Mandela, Pif le chien, Roy Lichtenstein ou Arnaud Beltrame : des timbres-poste surprenants en 2023

Sont annoncés en Andorre des timbres sur « Angel, Baldaqui de Sant Bartomeu » (1,43 euro, 70 500 exemplaires) et « Louis Pasteur 1822-1895 » (1,65 euro, 60 000 exemplaires) ; à Monaco un timbre de Noël (1,43 euro, 55 000 exemplaires) ; en Polynésie française, un bloc « Centenaire du tour du monde de La Coquille. Jules Dumont-d’Urville » (valeur faciale 500 FCFP, soit 4,19 euros, pour un petit tirage de 15 000 exemplaires) ; en Nouvelle-Calédonie un timbre de Noël (2,60 euros, 20 000 exemplaires) et à Wallis-et-Futuna, deux valeurs sur le « tapa », une étoffe traditionnelle (500 FCFP, soit 4,19 euros chaque, 20 000 exemplaires).

Bloc timbré souvenir sur Jacques Cartier édité pour le compte de la CNEP.

On notera, enfin, le dévoilement du timbre français à paraître en 2023 en hommage à Nelson Mandela (1918-2013), le jeudi 3 novembre à 11 heures 40, et l’édition par la CNEP de deux blocs philatéliques souvenirs, le premier sur la gare d’Orsay, le second sur Jacques Cartier (1491-1557), qui prit possession de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon au nom du roi de France François 1er en 1536 (9 euros, 7 000 exemplaires pour chacun).

Salon philatélique d’automne, du 3 au 5 novembre, Espace Champerret, hall A, de 10 heures à 18 heures, sauf le 5 jusqu’à 17 heures. Entrée gratuite. Métro : Porte de Champeret.



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