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Un air de famille à l’Opéra de Paris, avec l’initiative Ma première fois à l’Opéra


Affalé dans un coin, un groupe d’adolescents se dispute un paquet de biscuits en chahutant ; non loin d’eux, trois petits s’appliquent, crayon en main, à remplir un carnet de jeux ; d’autres cavalent à travers les escaliers en jouant à chat perché. Nous sommes à l’Opéra Bastille, à Paris, où, en ce dimanche après-midi d’octobre, le majestueux hall d’entrée connaît une agitation inhabituelle. Ni robe du soir ni costume : la tenue jean-sweat-baskets est la plus partagée par le public où l’on compte un grand nombre d’enfants et adolescents.

Venus avec leurs parents, ils sont les heureux bénéficiaires de l’opération Ma première fois à l’Opéra. Une initiative visant à démocratiser l’accès à un art considéré comme élitiste et réservé aux gens qui en ont les moyens financiers. Depuis 2017, deux fois par an, des familles qui n’y sont jamais venues se voient offrir l’occasion de visiter les lieux et d’assister à un spectacle de danse ou lyrique à un tarif très avantageux : 25 euros pour les adultes, 10 euros pour les enfants (les billets s’échelonnent d’ordinaire de 10 à 230 euros). Pour l’Opéra de Paris, il s’agit d’élargir le public habituel mais aussi d’anticiper son renouvellement, « un enjeu prioritaire », revendique la direction.

Ce dimanche 23 octobre, c’est l’œuvre de Puccini, Tosca, qui conte le destin tragique d’une femme poussée au meurtre par passion, qui est à l’affiche, mise en scène par Pierre Audi avec Elena Stikhina dans le rôle-titre. Mille cinquante personnes, parents accompagnés de leurs enfants, ont été sélectionnées après avoir candidaté sur le site Internet de l’Opéra. Ils ont reçu, par mail, des documents pédagogiques, podcasts et vidéos, pour se préparer à la représentation.

Pour la représentation de l’opéra « Tosca », 1 050 places ont été réservées aux familles qui viennent pour la première fois à l’Opéra national de Paris, le 23 octobre 2022.

La famille Longeau-Labarre est venue à neuf, quatre adultes (les parents) et cinq enfants, âgés de 10 à 17 ans. C’est Carole, mère de deux des enfants, qui a suggéré à sa sœur et son beau-frère de candidater. « C’était en 2019, les grèves et le mouvement des “gilets jaunes” nous ont privés de cette sortie. Nous avons été recontactés pour une nouvelle représentation mais, cette fois, c’est le Covid-19 qui a bousculé nos plans. On a recandidaté et l’Opéra nous a proposé de venir voir Tosca. Nous sommes très heureux d’être enfin là ! », témoigne la mère de famille, enseignante à Versailles.

Les enfants approuvent : ils font tous de la musique et ne se sont pas fait prier pour venir. « J’ai fait un peu d’orchestre et j’ai très envie de voir comment cela rend ici », glisse Elise, qui apprend le violon. Les Le Queng, le père, la mère et leurs deux filles, Rachel, 17 ans, et Lise, 14 ans, sont venus d’Amiens. Ils fréquentent assidûment la maison de la culture de leur ville, « mais l’Opéra de Paris, c’est quand même autre chose ! », remarque Rachel.

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