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« Râler n’est pas ce que je fais le plus mal »


Eddy Mitchell, au bar de l’hôtel Raphaël, à Paris (16e), le 25 octobre 2022.

Pour l’apéro, on repassera. Il est 16 h 30 au Bar Anglais de l’hôtel Raphaël, avenue Kléber, à Paris (16e), et Eddy Mitchell commande… un verre d’eau minérale. L’époque est à la sobriété, certes, mais quand même ! Legs de l’interview ayant précédé la nôtre, un verre à cognac vide traîne négligemment sur la table. Qui l’a descendu, le confrère ou le chanteur ? « J’y vais mollo avec l’alcool », bougonne ce dernier, en confiant être « très suivi » médicalement. Eddy Mitchell a 80 ans, dont soixante passés à chanter et à jouer la comédie. « Mes toubibs me harcèlent, poursuit-il. Hier, j’étais à l’hôpital Necker pour des examens, demain je serai à l’hôpital américain. Je dois faire gaffe. »

On se souvient de sa chanson, Un petit peu d’amour, sortie il y a un an (sur l’album Country Rock), dans laquelle il remontait les bretelles, post mortem, à son ami de toujours, Johnny Hallyday, coupable d’avoir « brûlé toute [sa] vie » en restant sourd aux mises en garde de ses proches. La disparition prématurée de son « presque sosie », en 2017, à l’âge de 74 ans, l’aurait-elle convaincu de mettre la pédale douce ?

Deux tournages par an

Le tabac ? « Pas plus de dix cigarettes par jour. C’est chiant mais je n’ai pas le choix. » La coke ? « De l’histoire ancienne. Je n’en ai pris que pour faire des trucs que je ne voulais pas faire, comme cette tournée de deux cents dates [en 1976] qui devait servir à payer des arriérés de divorce. Je n’ai jamais eu d’accoutumance. La coke, on n’est pas enrhumé quand on en prend. » Sans filtre, Mister Eddy…

Son addiction au jeu, enfin ? Terminée, également, en partie grâce à sa femme. « Soit tu arrêtes, soit je me casse », l’a-t-elle menacé un jour. « J’ai arrêté, tout en me faisant interdire de casino, à ne plus pouvoir mettre un pied dans un établissement de jeu dans le monde entier. Un jour où j’étais à Vegas, j’ai voulu prendre part à une table de poker qui m’intéressait. On m’a demandé mon passeport, avant de me dire “ah non, pas possible”. Je me suis cassé. »

« J’ai commencé à chanter dans des baloches vers 14 – 15 ans. Je n’ai pas arrêté depuis. Ça suffit, je n’en peux plus des hôtels, la salade gourmande à 2 heures du matin, ras le bol ! »

Epargné par le Covid-19, avec ses quatre vaccinations, Eddy Mitchell se sent plutôt « en forme », marmonne-t-il. Pas au point, néanmoins, de repartir un jour en tournée. Cela aussi, c’est fini. « J’ai commencé à chanter dans des baloches vers 14-15 ans, et je suis devenu une “star”, entre guillemets, à 19 ans. Je n’ai pas arrêté depuis. Ça suffit, je n’en peux plus des hôtels. La salade gourmande à 2 heures du matin, ras le bol ! Et puis, il faut les faire, les deux heures sur scène. Il faut donner ce que les gens attendent », argumente l’ex-poulbot de Belleville, aujourd’hui partagé entre un coin cossu du 16arrondissement et Saint-Tropez.

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