Sens causal de la pandmie dans la crise mondiale depuis 2014. Ptrole 100 dollars et plus en 2022 pour dbloquer l’conomie mondiale


  Comment comprendre la maladie du Coronavirus qui s’est déclarée en Chine, au début du mois de décembre 2019, dans la ville de Wuhan, et s’est ensuite propagée à toute la province du Hubei ? Doit-on la comprendre que par ses destructions en morts d’hommes ? En confinement de villes entières ? Ou l’épidémie en Chine qui s’est étendue au monde a un sens ? Et aujourd’hui, la situation s’améliore, cependant il ne faut pas crier victoire. Si e Europe, aux États-Unis, on déconfine, en Asie, la situation est bien plus grave. Le journal français Les Échos d’information économique et financier écrit :

«  Après avoir traversé la pandémie de Covid-19 sans trop de dommages, la plupart des pays d’Asie de l’Est se retrouvent confrontés à une quatrième vague de contaminations précipitée par le variant indien, plus contagieux. Plusieurs nations qui semblaient même avoir étouffé l’épidémie en 2020 affrontent de nouveaux records d’infection.

Taïwan, qui avait vécu plus de 200 jours d’affilée sans enregistrer le moindre nouveau cas positif localement, a ainsi dû appeler, ce week-end, sa population à rester au maximum chez elle après avoir identifié une soudaine résurgence des infections depuis un hôtel utilisé pour la quarantaine des équipages des compagnies aériennes. Au cours des dernières 24 heures, 206 nouvelles contaminations ont été repérées dans ce pays de 23 millions d’habitants qui n’a recensé depuis janvier 2020 que 12 décès liés à la maladie. » (1)

De même au Vietnam, au Cambodge, en Thaïlande, en Malaisie, Singapour, Indonésie, Japon. L’Inde et le Brésil sont les pays les plus touchés par la pandémie. Peut-on cependant dire que la pandémie est sur le point de décélérer.
 

  1. Bill Gates, une pandémie mondiale du type de la grippe espagnole tuerait plus de 33 millions de personnes en 250 jours  

 

 Évidemment, il faut s’interroger sur la persistance de la pandémie Covid-19 qui a commencé en Chine, en novembre-décembre 2019. Au-delà de ceux qui, par angoisse ou intuition qu’il ne commande pas, sont là à annoncer que tel ou tel événement peut arriver, et qu’il faut s’y préparer. Tel est le pressentiment de Bill Gates sur une pandémie à venir. Et il avertit :

« Regardez le tableau de la mort du 20ème siècle », dit Gates, parce qu’il est le genre de personne qui se penche sur les graphiques de la mort. « Je pense que tout le monde se dit qu’il doit y avoir un pic de la Première Guerre mondiale. Effectivement, ce pic est là, c’est 25 millions de morts. Et il doit y avoir un grand pic de la Seconde Guerre mondiale, et ça y est, il est à 65 millions. Mais alors vous verrez cette autre pic qui est aussi grand que la Seconde guerre mondiale juste après la Première Guerre mondiale, et la plupart des gens disait : « Quel était-ce ? Eh bien, c’était la grippe espagnole. » […]

Derrière la peur de Gates de la pandémie se cache un modèle algorithmique de la façon dont la maladie se déplace dans le monde moderne. Il a financé ce modèle pour aider le travail de sa fondation à éradiquer la polio. Mais il l’a ensuite utilisé pour étudier comment une maladie qui agissait comme la grippe espagnole de 1918 allait fonctionner dans le monde d’aujourd’hui.

Les résultats ont été choquants. « Dans les 60 jours, c’est essentiellement dans tous les centres urbains du monde entier  », dit-il. « Cela ne s’est pas produit avec la grippe espagnole.  » La raison fondamentale pour laquelle la maladie pourrait se propager si rapidement est que les êtres humains se déplacent maintenant si vite. Les modélisateurs de Gates ont découvert qu’environ 50 fois plus de personnes traversent les frontières aujourd’hui qu’en 1918. Et toute nouvelle maladie franchira ces frontières avec elles – et le fera avant même de savoir nécessairement qu’il existe une nouvelle maladie. Rappelez-vous ce que Ron Klain a dit : « Si vous regardez la grippe H1N1 en 2009, elle s’est propagée dans le monde entier avant même que nous ne sachions qu’elle existait.  »
Le modèle de Gates a montré qu’une maladie semblable à la grippe espagnole déclenchée dans le monde moderne tuerait plus de 33 millions de personnes en 250 jours. « Nous avons créé, en termes de propagation, l’environnement le plus dangereux que nous ayons jamais eu dans l’histoire de l’humanité », explique Gates. (2)

Peut-on être d’accord avec Bill Gates et dire que nous avons créé, sans le savoir, l’environnement le plus dangereux que nous ayons jamais eu dans l’histoire de l’humanité. Difficile d’être d’accord avec un tel jugement. Pourquoi ? Pour la simple raison que l’humanité progresse dans la marche de l’histoire. La science, les innovations scientifiques, techniques, dans tous les domaines, dans l’industrie, l’agriculture, les moyens qui permettent plus de confort, de lui augmenter le pouvoir de l’homme sur la nature, la connaissance du ciel, d’explorer et d’aller sur la Lune, et aujourd’hui sur Mars, relève du progrès naturel de l’humanité dans sa marche dans l’histoire humaine.

Par conséquent, le problème est autre, et il faut le saisir dans contexte historique, à l’échelle mondiale. Pourquoi, dès que la pandémie du coronavirus est mondiale, les causes peuvent normalement être mondiales. Prenons un simple exemple, la guerre 1914-1918 a été mondiale. La Grippe espagnole qui a survenue, en1917-1918 a été mondiale. Comment expliquer deux événements mondiaux ? Tout au plus par les effets, la Première Guerre mondiale a provoqué plus de 10 millions de morts, la pandémie a provoqué 50 millions de morts voire plus, dans le monde.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Pourquoi ? C’est le progrès de l’humanité dans la santé, la médecine, depuis un siècle et surtout les mesures prises qui ont été radicales dans la plupart des pays du monde qui ont évité une hécatombe à l’humanité.

D’autre part, l’humanité n’a pas attendu un génie comme Pasteur pour trouver un remède, un vaccin à la rage du Covid-19 qui veut emporter un grand nombre à trépas. Non, rapidement, les grands laboratoires avec leurs armées de biologistes attitrés et leurs microscopes électroniques ont vite détecté, catalogué et apporté au germe viral son antidote. Un antidote qui est le germe lui-même mais atténué dont l’objectif est de renforcer le système de défense de l’homme. Et ça a fonctionné, aujourd’hui une vaccination de masse est en cours dans le monde.

Ceci simplement pour dire que l’humanité est armée sur ce plan. Et il est peu probable qu’une pandémie survienne et fasse 30 ou 60 millions de morts, ce serait un peu comme si un grand astéroïde venait à percuter la Terre. Ce serait alors un accident naturel.
 

  1. L’adage « Si la Chine éternue, le monde a la grippe » a tout son sens aujourd’hui

 

 Cependant, par ses effets, surtout économiques, la pandémie Covid-19 a un sens. Et comme l’expliquer. Et « pourquoi l’épidémie du coronavirus est survenue en Chine, en décembre 2019, en pleine crise sino-américaine, et s’est étendue au monde. » Peut-on dire qu’elle relève du hasard, qu’elle est inexplicable sinon qu’elle est causée par un possible animal, une chauve-souris ou autre. Peu importe l’animal qui l’a causée. Ce qui est important à souligner c’est que l’histoire témoigne qu’une épidémie éclate et prend parfois des dimensions mondiales, se transformant en pandémie, puis après un temps plus ou moins long, disparaît.

Par exemple, l’Europe a été touchée par la plus grave pandémie de son histoire, au XIVe siècle. La « Peste noire » appelée aussi la « Mort noire », a sévi entre 1347 et 1352. Des contrées asiatiques passant par le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, elle est apparue en Europe. Mais c’est en Europe que la pandémie a fait le plus grand nombre de victimes. Elle a décimé, selon les données occidentales, entre 25 à 50% de la population européenne, soit 25 millions à 50 millions de morts.

La médecine, à l’époque, était impuissante devant cette maladie. Après avoir emporté des millions d’êtres humains, la peste disparut. Comme aujourd’hui, en espérant que les vaccins trouvés arrivent à la prémunir et que la maladie disparaisse.

Aussi quel lien existe-t-il entre la survenue de la pandémie Covid-19 à la fin de l’année 2019 et la situation économique qui prévalait à l’échelle mondiale ? Cela peut paraître étrange de poser cette question sur la pandémie et l’économie mondiale de l’époque, mais sur le plan causal tout a un sens. Chaque événement qui survient même s’il n’est pas attendu ? comme un séisme, une pandémie, etc., s’il produit des effets non attendus dans une situation mondiale qui était bloquée – et pour ainsi dire sans issue, une impasse – mais qu’il débloque cette situation ou, sinon commence à débloquer, peut être considéré comme causal. Précisément la situation économique mondiale était bloquée, en 2019, elle était dans une impasse tant pour l’Occident que pour la Chine et le reste du monde. Qu’en est-il ?

Pour comprendre, un peu d’histoire. Dès les années 1950, l’Asie s’est transformé progressivement en concurrent important à l’Occident dans le commerce mondial. D’abord ce qui est appelé le « miracle japonais », et cela est dû au changement d’attitude des États-Unis vis-à-vis du Japon qui était occupé après sa reddition en 945, suite à la nucléarisation de ses deux villes, Hiroshima et Nagasaki. L’avènement de la Chine communiste, en 1949, et la guerre de Corée a changé les donnes.

Le Japon est devenu un allié de premier plan face à l’Union soviétique et la Chine. Le miracle japonais est suivi du miracle des « dragons asiatiques » à parti des années 1970. Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Malaisie. Puis les Tigres asiatiques… En 1980, la Chine, après la conversion au socialisme de marché, et donc la fin de la politique d’endiguement, devient, par son marché et son formidable réservoir de main d’œuvre à faible coût, une opportunité pour l’Occident. Précisément, la décennie 1980 a été très négative sur la croissance économique mondiale. Une grande partie du monde dont l’Afrique, l’Amérique du Sud et plus de la moitié de l’Asie, qui croulait sous l’endettement.

En 1985, le Japon qui était la deuxième puissance économique mondiale et aspirait à encore à s’élever, a été sommé, en 1985, par les Banques centrales occidentales principalement américaine et européenne, de réévaluer le yen qui était sous-évalué et l’avantageait dans le commerce mondial. Ce sont les Accords de Plaza, du 22 septembre 1985. Pour se prémunir de la chute de ses exportations vers l’extérieur, le Japon délocalisa vers les pays voisins. Si, avant les accords de Plaza, les délocalisations étaient faibles, avec la réévaluation du yen, elles sont devenues massives et dirigées essentiellement vers la Chine, compte tenu de l’importance de son marché et du faible coût de la main d’œuvre.

Vu les avantages que la Chine a procuré au Japon, les États-Unis et les pays d’Europe qui ont vu leur commerce mondial fortement concurrencé par le trio Japon-Dragons et tigres asiatiques puis Chine, n’avaient plus d’alternative que suivre la politique de délocalisation du Japon. C’est ainsi que la Chine est devenu un eldorado pour les délocalisations d’entreprises occidentales qui n’étaient plus compétitives dans le commerce mondial. L’attrait qu’elle a exercé touchait indifféremment les pays d’Europe, le Japon, les États-Unis et les nouveaux pays industrialisés (Taïwan, Corée du Sud, Singapour, Viêt Nam, Indonésie…) tous en quête d’opportunité pour leur croissance économique. Il faut rappeler aussi que si la décennie 1980 a été une décennie d’endettement mondial, la décennie 1990 a été la décennie de dislocation du bloc Est. Donc une décennie de marasme économique mondial.

L’Occident, malgré qu’il dominait sur le plan financier et monétaire le monde puisqu’il était l’argentier de la planète, en tant que principal émetteur des monnaies internationales (dollar, euro à partir de 1999, yen et livre sterling), lui aussi était touché mais évidemment beaucoup moins que les pays du reste du monde puisqu’il percevait les royalties de l’endettement.

C’est ainsi que la Chine s’est transformée en « atelier du monde ». En 2010, elle passe au rang de deuxième puissance économique mondiale. Aujourd’hui, elle aspire à supplanter les États-Unis pour devenir la première puissance économique mondiale. Et c’est là où le bât blesse, l’Occident ne l’entend pas de cette oreille, en particulier les États-Unis qui cherchent à demeurer la « première puissance du monde ». Ils ont compris que toutes les guerres menées au Moyen-Orient ne leur ont pas profité, mais plutôt à la Chine. Puisque les réserves de change de la Chine, parties de 171,763 milliards de dollars en 2000, passent à 3900 milliards de dollars en 2014. Soit 22,705 fois en une décennie et demie. Alors que pour une même période entre 1980 et 1994, les réserves de change n’ont été multipliées que par 5,72. Un décalage considérable entre les deux périodes. (Données Banque mondiale)

Malgré les attaques spéculatives dont elle a fait l’objet en 2016 qui lui ont fait perdre environ 1000 milliards de dollars de change, soit un quart de ses réserves, celles-ci ont légèrement remonté et se situent aujourd’hui à environ 3100 milliards de dollars. Elles restent une force de frappe susceptible de changer l’ordre économique mondial. Surtout que la Chine est désormais, par ses importations en pétrole, gaz et matières premières, une « locomotive mondiale » pour les pays émergents et en voie de développement. De même pour les pays développés, par les inputs dont dépend l’industrie occidentale. Aussi l’importance de la Chine dans l’économie mondiale n’est plus à démontrer. L’adage « Si la Chine éternue, le monde a la grippe  » a tout son sens aujourd’hui. 
 

  1. L’enjeu du « droit de seigneuriage » entre l’Occident et la Chine

 
  Forte par sa puissance économique dans le monde, la Chine cherche à avoir le rang qu’elle mérite dans le monde. Évidemment, cela passe par une stratégie mûrement réfléchie. Qu’en est-il de la stratégie de la Chine ? Tout d’abord elle s’attaque au système monétaire international, en utilisant là où c’est possible sa monnaie, le yuan, devenue une monnaie internationale depuis 2016. Le yuan est la cinquième monnaie internationale, avec le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen, dans le panier de monnaies qui détermine le DTS, un actif monétaire du FMI.

 Aussi, en commerçant avec la Russie, elle utilise le yuan ou le rouble russe, de même avec l’Iran. Elle le fait aussi discrètement avec des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud (Venezuela…) facturant les matières premières en yuan. Ces pays qui importent des marchandises et des services de Chine, dont les prix sont plus compétitifs que les produits occidentaux, ont intérêt à disposer plus de yuans chinois que de dollars, euros… dans leurs réserves de change. Il est clair que le yuan dans ces pays sera prédominant par rapport au dollar, l’euro. Le contournement des monnaies occidentales par la monnaie chinoise affaiblira à terme les pays occidentaux, en particulier les États-Unis et l’Europe des Dix-neuf. Ce sera véritablement une révolution du système monétaire international (SMI).

 En deuxième plan qui vient renforcer le premier, la Chine, avec sa force de frappe en réserves de change internationales s’érige aujourd’hui déjà en « prêteur international ». Elle vient concurrencer le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). Une telle situation par le contournement des monnaies occidentales et le nouveau statut de prêteur international permettra à la Chine non seulement d’accélérer l’entrée en force de l’internationalisation du yuan, mais surtout amènera le yuan chinois à « partager » le pouvoir exorbitant du dollar que seuls les États-Unis détiennent dans le monde, par la facturation en dollar des matières premières dans le monde et du pétrole des pays arabes et de l’OPEP.

 Ainsi, par l’affaiblissement économique, financier et monétaire de l’Occident, le monde vivrait une nouvelle donne, le début de la « yuanisation » d’une grande partie du monde, en premier, le maillon faible de la planète, l’Afrique et certains pays d’Asie et d’Amérique du Sud qui s’aligneront à l’hégémonie monétaire de la Chine. Ces pays en question ne pourront faire autrement car dépendant de l’endettement qu’ils auront contracté auprès de la Chine, à des taux négociés en raison de leurs exportations et importations opérées essentiellement avec la Chine.

Enfin, en troisième plan qui complète la stratégie chinoise, c’est la « route de la soie » initiée par la Chine. Une des priorités, la route de la soie, par les formidables débouchés qu’ils apporteront, permettra moins de chômage donc un dérivatif du formidable réservoir de main d’œuvre chinois. Son industrie, ses manufactures et services à l’étranger en infrastructures (construction d’autoroute, voies ferroviaires, aéroports, barrages, centrales électriques, etc.) ne pourront, par la demande extérieure, que doper la croissance économique de la Chine. Cette partie du plan parachèvera la stratégie de la Chine à l’échelle planétaire.

Ce que l’on constate dans ses trois facteurs éminemment stratégiques pour la Chine, qu’effectivement tout se tient. Cependant, il faut encore tenir compte de la réponse occidentale qui ne va pas rester les bras croisés, et donc l’Occident va tout faire pour s’opposer à la Chine du moins à retarder son ascension qui à terme deviendra la première puissance mondiale. Le plus grave ce n’est pas seulement le fait qu’elle sera la première puissance économique du monde, mais le risque est que le yen chinois détrône le dollar US de son rang de monnaie mondiale qu’il occupe aujourd’hui. Il compte pour environ 60 % dans les réserves de change mondiales avec 20 % pour l’euro et 10 % pour le yuan chinois et 8 % entre le Japon et le Royaume-Uni.

Les États-Unis ont compris que, depuis les délocalisations des années 1990 et 2000, des formidables financements dans les guerres au Moyen-Orient et le dopage de leur économie et les pays d’Europe l’ont suivi, processus qui s’est fait « par endettement sur soi », ils ont en fait été les artisans de la montée en puissance de la Chine. Et c’est donc grâce à l’Occident que la Chine est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.

Un processus tout compte fait historique. Il demeure néanmoins que leur aveuglement dans le « pouvoir exorbitant du dollar », en tant que monnaie de facturation du pétrole, et donc le « pétrodollar », et les guerres qu’ils ont menées dans le monde arabe pour pérenniser leur domination sur les grands gisements de pétrole de cette région en lien avec le pétrodollar, qui  ont joué contre eux. Certes le pétrodollar a aidé les États-Unis à financer leurs déficits extérieurs avec le reste du monde, et leur a permis aussi à financer les guerres. Mais les masses de dollars émis ex nihilo, i.e. adossées à rien, dans le cadre des guerres au Moyen-Orient et du financement de l’économie américaine depuis les années 2000, et de nouveau pour parer à la crise financières de 2008, il a fallu pour les Banques centrales occidentales d’injecter des masses de dollars adossés à rien dans le cadre des politiques d’assouplissement monétaire non conventionnel ou quantitative easing (QE), ont paradoxalement permis à la Chine d’accumuler 3,9 billions de dollars.

 
Et ce sont ces formidables réserves de change de la Chine, l’internationalisation officielle depuis octobre 2016 du yuan, la transformant en prêteur international, et jointes de plus en plus au contournement du dollar US par le yuan, qui sont devenus un danger pour les États-Unis. La seule riposte qui s’est opérée est qu’avoir fait le plein de rachats de dettes publiques principalement extérieures, la Réserve fédérale américaine (Fed) a terminé le dernier et troisième programme de quantitative easing (QE3), au deuxième semestre 2014. Quant aux rachats massifs de dettes extérieures, concernant les pays émergents et exportateurs de pétrole, ce sont en fait des rachats de passifs que les banques américaines détiennent et qu’elles doivent rembourser les actifs lorsqu’ils viennent à maturité. Le quantitative easing mené par la Banque centrale américaine n’est autre en fait que la monétisation de la dette extérieure.

La fin des émissions monétaires de la Fed dans le cadre des QE a influé très négativement sur les prix du pétrole et des matières premières. De ses hauts à plus de 100 dollars, le prix du pétrole est passé à moins de 60 dollars, à la fin de l’année 2014.

Peut-on dire que l’âge d’or du pétrodollar des années 1970, 1980, 1990, 2000 est révolu avec l’entrée de la Chine dans la course de la domination monétaire du monde, aujourd’hui encore l’Occident détenant toujours le privilège. Avec l’avènement de la Chine, deuxième puissance économique mondiale aspirant à passer en pôle numéro un du monde, le pétrodollar non seulement est disputé à la première puissance du monde mais même est devenu une contrainte pour les États-Unis. Comment le comprendre ?

Puisque ce sont les déficits américains et les émissions monétaires de la Fed pendant pratiquement une décennie et demie pour les financer et qui ont fait monter le prix du pétrole à des sommets – à l’été 2008, en pleine crise financière, le prix du pétrole a battu un record, à 147 dollars le baril –, il est clair que la Chine est intéressée par les pétrodollars et donc par un pétrole cher. Plus le pétrole est cher, de même pour les matières premières, plus les pays exportateurs de matières premières et de pétrole importent des biens et services. Plus le commerce extérieur de la Chine est florissant.

Certes, la Chine perd financièrement lorsque le prix du brut et du gaz est élevé, mais elle le « compense » en partie par le privilège exorbitant qu’elle le détient, non pas comme les États-Unis, mais, en tant émettrice de monnaie internationale, à l’instar des pays d’Europe et du Japon. Ces derniers émettent aussi ex nihilo des liquidités monétaires (adossées à rien) lorsque les États-Unis en émettent pour financer leurs déficits extérieurs avec les pays du reste du monde. Pourquoi ? Pour éviter que leurs monnaies s’apprécient fortement sur les marchés monétaires internationaux. Ce qui leur octroie un pouvoir d’achat important supplémentaire que les économistes appellent le « droit de seigneuriage » de l’époque des rois et seigneurs du Moyen-Âge. Cependant en partie par rapport à celui que détiennent les États-Unis.

Ces rois, suite aux dépenses de grandes festivités royales ou aux guerres, frappent plus de monnaie, et donc augmentent la masse monétaire dans le royaume. Et comme ils détiennent le monopole du blé qui est stocké dans leurs entrepôts, les souverains augmentent le prix du blé. Et qui paie ou finance les festivités royales et les guerres ? Ce sont évidemment les peuples qui paient plus cher le blé, un financement qui s’assimile à un impôt détourné, artificiellement manipulé. Les peuples ne se rendent pas compte même si la production du blé est en hausse, alors que normalement le prix du blé doit baisser.

C’est dans un certain sens ce qui se passe avec les pays occidentaux qui détiennent les monnaies internationales et les peuples du reste du monde. Dans le dictionnaire Le Robert, on lit : « Antiquité. Second ordre du peuple romain, dépourvu des privilèges du patriciat. »

Enfin, comme on l’a énoncé supra, la Chine, en plus de ce financement « privilégié » qui lui fait baisser la facture énergétique a tout à gagner si le prix du pétrole et des matières premières sont plus élevés. Un prix d baril de pétrole à 100 dollars le baril fait fonctionner son formidable « atelier du monde ». Les importations massives de biens et services chinois par les pays exportateurs de pétrole et de matières premières dopent l’économie chinoise, donnent plus de travail à la masse laborieuse chinoise.

On comprend dès lors les enjeux que représentent le pétrole et les matières premières pour les grandes puissances occidentales.
 

  1. Le monde va-t-il vers deux FMI, un occidental et un second chinois ?

 

 Et c’est là où intervient la contre-offensive occidentale, une stratégie en particulier américaine, les États-Unis en tant que chef de file puisque détenant en premier le privilège exorbitant qu’octroie le pétrodollar et qui explique l’importance du Moyen-Orient dans la longévité qu’a le dollar US sur les autres monnaies mondiales. Et ce depuis les années 1970, avec le quadruplement du pétrole en octobre 1973 qui a été décidé en réalité par les États-Unis. L’Arabie saoudite et les pays arabes n’ont vu dans cette hausse pétrolière qu’un moyen de réviser les prix du pétrole qui étaient trop bas, un pétrole pratiquement bradé, et donc plus de justice dans la répartition des richesses.

Aussi la stratégie américaine est simple. Diminuer fortement les émissions monétaires ex nihilo, ce qui a pour effet d’impacter fortement le pétrole à la baisse. Idem pour les matières premières. Dès lors les excédents commerciaux pétroliers se transformeront pour une grande partie des pays exportateurs de pétrole en déficits. Et les déficits ont commencé depuis l’année 2014 avec la fin des Quantitative easing américains. Il est évident qu’avec la fin des excédents commerciaux des pays OPEP dont en grande partie les pays arabes, et les réserves de change de ces pays qui fondent année après année, les placements en bons de Trésor américains par ces pays se sont arrêtés depuis. Avec la fin des réserves de change, c’est l’endettement qui guette ces pays et c’est ce que recherche l’Occident. Et pas seulement les pays exportateurs de pétrole, tous les pays exportateurs de matières premières et cela concerne pratiquement tous les pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et une grande partie d’Asie.

Cependant ce qui importe dans ce processus de baisse des prix énergétiques et malgré les prix bas, c’est que les recettes pétrolières permettent aux pays pétroliers d’importer toujours des biens et services les moins chers, et donc le plus de Chine. Ce qui fait que les pétrodollars ne retournent pas aux États-Unis mais vont en Chine, et continuent de doper l’économie chinoise, malgré la baisse de leurs importations des pays exportateurs de pétrole (Moyen-Orient, Amérique du Sud).

Et c’est là le dilemme pour les États-Unis, qui sont pris entre l’enclume et le marteau. Ils ont des déficits, et doivent les financer avec des pétrodollars, mais c’est la Chine qui gagne. Et on comprend la guerre économique qu’a menée Donald Trump contre la Chine. Le président américain a tout fait pour renverser la vapeur, mais c’est très difficile. Émettre beaucoup de dollars pour le pétrole, donc des pétrodollars, c’est encore la Chine qui voit son commerce dopé par les importations des pays exportateurs de pétrole. Parce que c’est moins cher. Et on comprend pourquoi le pétrodollar n’est plus un privilège et s’avère même un  danger pour l’économie américaine, y compris pour les autres économies occidentales. Un danger à terme parce que la Chine est en pleins ascension.

Dès lors, le seul moyen pour les États-Unis de riposter c’est de maintenir les cours bas du prix du pétrole. Cela nous rappelle l’URSS avec le contrechoc pétrolier de 1986. Les prix du pétrole étaient bas, donc des revenus pétroliers fortement en baisse pour l’Union soviétique, et un reste du monde avec qui elle commerçait fortement endetté. Conséquence : « le contrechoc pétrolier de 1986 maintenu artificiellement par les États-Unis, la forte baisse des recettes pétrolières ne cessant pas, année après année, les réserves de change de l’Union soviétique ont fortement fondu par la dépréciation continue du dollar US depuis les accords de Plaza, à New York, en 1985, l’endettement du reste du monde qui a porté un grave coup au complexe militaro-industriel a fait que « la boucle est bouclée : l’URSS a fini par imploser. » Elle a cessé d’exister en décembre 1991.

 Sauf que cette stratégie américaine de maintenir un prix bas fluctuant en moyenne entre 50 et 60 dollars ces cinq années et demi et dans les années à venir amènera en particulier les pays en voie de développement d’enregistrer des déficits commerciaux sans espoir de reprise. Et c’est l’endettement avec toutes les conséquences politiques, économiques et sociales sur ces pays fragiles. Ce faisant, par la baisse des importations en provenance de Chine, la stratégie américaine qui vise à ralentir l’économie chinoise et donc à freiner les ambitions de la Chine sur le plan mondial, affectera surtout le reste du monde en le paupérisant. Et non la Chine.

Bien plus, une paupérisation croissante du reste du monde, en particulier les pays d’Afrique d’Asie et d’Amérique du Sud en voie de développement feront d’eux des « victimes collatérales ». Cette paupérisation des pays moins développés industriellement permettra au contraire à la Chine, en tant que prêteur international, de pénétrer aisément leurs économies, puisque ces pays endettés, commerçant surtout avec la Chine, seront dépendants d’elle. Leur souveraineté nationale en prendra un coup par l’endettement. La Chine, comme dans les programmes d’ajustement structurels du FMI, aura un droit de regard sur leurs économies.

Les pays en voie de développement auront alors deux FMI, un international un autre chinois, deux puissances qui se partageront le droit de seigneuriage sur eux. Sans oublier le retour de manivelle du monde endetté qui affectera drastiquement l’emploi dans les années à venir, en Occident et en Chine, et donc une hausse du chômage. Telle est à peu près la situation qui aura à survenir et a déjà commencé pour certains pays.
 

  1. « Prodige » des peuples ou « quelque Esprit supérieur veille sur l’humanité » ?

 
  Comme expliquer l’épidémie du coronavirus survenue en Chine, en décembre 2019, en pleine crise sino-américaine ? Peut-on dire qu’elle relève du hasard, qu’elle est inexplicable sinon qu’elle est causée par un possible animal, une chauve-souris ou autre.

Mais l’histoire témoigne qu’une épidémie éclate et prend parfois des dimensions mondiales, se transformant en pandémie, puis après un temps plus ou moins long, disparaît. Par exemple, l’Europe a été touchée par« Peste noire », la plus grave pandémie de son histoire, au XIVe siècle. Bien qu’elle ait décimé, selon les données occidentales, un tiers de la population européenne, l’Europe a continué à avancer dans l’histoire, elle a rayonné ensuite sur l’ensemble du monde. Les voies du Seigneur sont impénétrables. Elle a colonisé pour ainsi dire le monde. Et aujourd’hui, elle a avec les États-Unis une mainmise presque totale sur le plan financier et monétaire sur le monde.

La médecine, à l’époque, était impuissante devant cette maladie. Après avoir emporté des millions d’êtres humains, la peste disparut. « Étrange destin de l’humanité face aux fléaux dont le seul recours devient le travail de l’esprit », comme aujourd’hui, en espérant que la maladie disparaisse et « elle doit disparaître ». Pourquoi ? Parce que le Créateur a donné à l’homme l’esprit, et c’est cet Esprit qui pense dans les esprits des biologistes qui leur fait trouver les remèdes, qui leur octroie les sciences tel le microscopique électronique qui agrandit un million de fois le virus observé pour affronter ces phénomènes épidémiques pouvant se transformer en fléau mondial. Ceci simplement pour dire qu’il existe un équilibre dans tout et des avancées dans tout. 

Une autre question se pose. Pourquoi la Peste noire a fait irruption à cette époque, et ce désastre démographique qu’elle a provoqué en Europe ? Et surtout pourquoi pas les autres époques ? Aussi regardons le contexte historique ? La peste noire est apparue après deux siècles de croisades européennes contre le monde musulman. Le désastre démographique en Europe a été provoqué par la pandémie de la peste médiévale. On peut dire que si cette pandémie n’était pas apparue, l’Europe aurait continué ses croisades dans le monde musulman, à la fois motivée par une guerre sainte et l’appropriation des richesses et des terres dans le monde musulman. Donc un processus de guerre aurait continué.

 Précisément, la peste noire et la contraction démographique au XIVe siècle a mis fin aux croisades. Cependant, l’Europe, après s’être régénérée, a repris, par les mers et océans, à l’Ouest, son expansion le monde. Et, après 4 siècles, elle a colonisé une grande partie du monde. Et c’était là son destin dans la marche du monde.

 Cependant, à la fin de ces 4 siècles, au XXe siècle, l’Europe tombe dans un deuxième cataclysme naturel sauf qu’il est à la fois d’essence humaine et naturelle. Deux guerres mondiales et une pandémie mondiale à partir de 1919. Plus de 100 de millions de morts durant la première moitié du XXe siècle. La pandémie de la grippe espagnole a fait à elle seule plus de 50 millions de morts. Bill Gates en compte 65 millions de morts. (2)

 Mais ces guerres mondiales et la pandémie de la grippe espagnole donnent cette impression comme si elles avaient été programmées par quelque Esprit supérieur dont l’homme n’en sait rien puisqu’elles ont permis de libérer une grande partie du monde qui croulait sous la domination coloniale. Aujourd’hui le continent africain est libéré de la mainmise coloniale européenne, de même pour nombre de régions dans le monde.

 Enfin, un autre fait du moins étrange, comme si quelque Esprit supérieur veille sur l’humanité. Et le problème est que les grandes puissances se croient omnipotentes comme si Dieu n’existait pas, ou s’il existe, il ne fait rien. Qu’ils se détrompent ! Dieu existe et c’est lui qui nous donne la vie et les moyens pour exister. Et c’est simple la question « qu’est-ce que la pensée en nous ? » Comment peut-on penser pour être ? « D’où vient notre pensée ? »

Ceci étant, à voir simplement l’invasion et l’occupation de l’Irak par les États-Unis, en 2003, au début du XXIe siècle. La victoire américaine était totale. Mais c’est sans compter avec la réaction et la foi du peuple irakien dans la lutte contre la domination. Et dans cette foi, il y avait l’Esprit du tout Puissant. Au point qu’après deux années, la situation s’est fortement détériorée pour les forces américaines, au point que la guerre en Irak a été assimilée par les médias à un deuxième Viêt-Nam.

Un peuple irakien de vingt millions d’habitants, écrasé par les guerres, la famine, l’embargo pendant douze années, les bombardements, luttant jour et nuit contre l’occupant, et il a réussi à faire sortir l’occupant américain. A comparer avec les autres époques, l’Algérie occupée par une petite armée française et a réussi à se maintenir 132 ans, de même l’Inde colonisée par le Royaume-Uni qui y est resté 200 ans. La France, puissance coloniale mondiale, qui a été occupée par l’Allemagne nazie depuis 1940 n’a commencée à être libérée qu’à partir de juillet-août 1944. Et encore par un débarquement de plus d’un millions de soldats des forces alliés de plusieurs puissances sur ses côtes normandes. 

N’est-ce pas là un « prodige » du peuple irakien qui a rejeté dehors les forces occupantes ! Là encore, les voies du seigneur sont impénétrables. En riposte, l’administration Bush a vite désigné l’Iran, comme le principal soutien de la guérilla irakienne contre les forces américaines. De plus, l’Iran poursuivait un programme d’enrichissement nucléaire auquel s’opposaient les puissances occidentales. Tous les médias du monde annonçaient l’imminence d’une guerre contre l’Iran tant une intense diplomatique entre les États-Unis et leurs alliés était dirigée contre ce pays. Le président Bush ne cessait de répéter que « toutes les options sont sur la table ». Des porte-avions patrouillaient dans la région du Golfe persique. En 2005, les plans de guerre contre l’Iran, largement diffusés, préparaient l’opinion mondiale à une opération militaire d’envergure où des armes tactiques (mini bombes nucléaires) seraient utilisées contre des sites nucléaires iraniens enfouis profondément sous terre. 

 Et, de nouveau, un Esprit du monde veillait. C’est dans cette effervescence médiatique sur les intentions de guerre contre l’Iran qu’éclatait l’« inattendu, ce qui n’a pas été pensé un instant ». Un gigantesque ouragan apparaissait, à la fin du mois août 2005, menaçant plusieurs Etats américains. C’est l’ouragan Katrina. Les dévastations qui ont suivi ont été considérables. Une partie de la ville de la Nouvelle-Orléans était inondée, la Louisiane dans la désolation. On prédisait la mort de dizaines de milliers d’Américains vivants à la Nouvelle-Orléans, submergés par les eaux. Le monde entier avait les yeux braqués sur les États-Unis, tous les pays proposaient leur aide, même Cuba et l’Iran offraient leurs aides. La première puissance du monde était confrontée à un des plus grands cataclysmes de son histoire. Beaucoup d’Américains appelaient l’Amérique à faire pénitence, à demander pardon à Dieu pour leurs fautes envers le monde.

 Après cet ouragan, l’administration Bush, malgré des menaces, a finalement abandonné cette idée de guerre. Il est clair que l’ouragan Katrina et les conséquences de son passage ont été autant de facteurs dissuasifs dans l’inconscient des décideurs américains, les amenant à cette conclusion : « ne pas tenter le sort de ce qu’il résultera d’une guerre contre l’Iran. » Déjà l’armée US enlisée en Irak, et contre l’Iran, qu’est-ce que ce sera ? Le sort est contre les États-Unis ?
 

  1. Le « tour de force » dans les formidables liquidités injectées depuis un an et probablement continueront pour débloquer l’économie mondiale

 

 Qu’en est-il aujourd’hui de l’irruption du coronavirus ? Certes, la Chine a fort à faire face à l’épidémie. Ce qui ne fera que différer un temps sa stratégie planétaire de se hisser au rang de première puissance mondiale. Et, selon les pronostics occidentaux, elle le sera entre 2030 et 2035. Mais si cette situation et la guerre économique perdure entre les États-Unis et la Chine, et tout souffle pour qu’elle perdure, c’est que le reste du monde va être confronté de plus en plus à des difficultés économiques. Les réserves de change vont fondre pour certains pays et leur situation va fortement se détériorer, d’autres pays vont stagner, l’économie mondiale dans les années 2020 à 2025 ne fera qu’empirer. Si rien n’est fait pour trouver une solution entre la Chine et les États-Unis.

Les pays mono-exportateurs de pétrole et de matières premières vont subir les foudres de la crise, puisqu’ils n’ont pas un créneau de substitution qui puisse remplacer les exportations d’hydrocarbures. Progressivement, les pays en voie de développement vont se trouver pris dans une spirale d’endettement. Comme ils ne pourront pas rembourser, alors les créanciers auront tout loisir d’exiger toutes les gages qu’ils voudront pour être remboursé. Du bail de ports comme la Grèce l’a fait pour son port de Pirée avec la Chine, aux exploitations de mines de fer, etc., des gages dans les gisements de pétrole et de gaz, et les créanciers ne seront pas seulement les Occidentaux, mais aussi Chinois, et chacun dictera ses exigences.

On aura alors une guerre monétaire par pays interposés. Le plus grave, la situation risque d’être plus complexe que ce qui s’est passé dans les années 1980. Puisqu’à cette époque, les pays d’Asie avec la Chine, dans les années 1980 et 1990, ont été pour beaucoup dans la reprise mondiale, une « locomotive mondiale », en absence de la première du monde, les États-Unis, qui avaient augmenté les taux d’intérêts et poussé les taux mondiaux à la hausse.

Et puisque les guerres sont interdites par les armes nucléaires, une situation de marasme et de paupérisation du reste du monde pose problème aux peuples qui font les frais des guerres entre puissances. Aussi se pose-on à juste raison le sens de cette épidémie du coronavirus en cette période cruciale de l’histoire de l’humanité. Pourquoi s’est-elle invitée comme l’ont précédée les autres épidémies devenues ensuite pandémies ? Est-elle un avertisseur sur ce qu’il en coûterait si elle venait à devenir réellement une pandémie comme le montre « le modèle de Gates qu’une maladie semblable à la grippe espagnole déclenchée dans le monde moderne tuerait plus de 33 millions de personnes en 250 jours. » (2)

Ou simplement, en surgissant du néant ou d’animaux qui étaient sains et deviennent brusquement porteurs de virus dangereux. N’est-ce pas là une réponse à la crise dans un sens causal ? Ce qui signifie une nécessité d’une cause, et donc qu’un fléau grave arrive et menace les populations pour que les grandes puissances aient peur. Leurs guerres économiques alors se taisent, et poussent leurs Banques centrales, par des politiques monétaires concertées, à sauver l’économie mondiale. Et amènent aussi les pays du reste du monde à respirer et espérer.

 Précisément, une humanité qui avance sans cap, avec toujours cette nature qui pare et aveugle les puissants du monde, de vouloir s’imposer, et toujours ce que leur permet la « puissance ». Par exemple, la Chine, oubliant qu’elle a été un pays du Tiers monde, ou les États-Unis n’ont cessé de perdre des guerres avec des pays bien plus petits qu’eux, et toujours à les recommencer. Faut-il attendre que des épidémies graves viennent pour les refroidir avec des millions voire des dizaines de millions de morts ? En l’absence de guerres entre les grandes puissances – les armes nucléaires l’interdisent –, faut-il s’attendre à ce que d’autres fléaux naturels, dans la douleur, viennent prendre le relais pour « ordonner » le monde ? C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre que tout ce qui arrive à l’humanité vient en vue du progrès du monde.

Aussi, peut-on dire que « cette pandémie a un sens causalc’est elle qui a changé la marche économique du monde. » L’asphyxie financière et monétaire programmée par les Banques centrales occidentales, en parfaite entente avec les stratèges et décideurs occidentaux, pour s’opposer économiquement à la Chine et retarder à tout prix son ascension sur le plan mondial, se passe par une paupérisation progressive d’une grande partie du monde dont l’Afrique est le maillon le plus faible. Aujourd’hui, la situation s’est complètement retournée à partir de novembre 2020.

En effet, les liquidités massives injectées dans le monde environ 12 000 milliards de dollars pour parer aux conséquences économiques dues au Covid-19, en termes de chômage de masse, d’entreprises économiques fermées un peu partout dans le monde, de confinement…, pour les seuls États-Unis, ils ont injecté 6 000 milliards de dollars en l’espace d’un an. Aussi, le constat dans la reprise économique mondiale se témoigne depuis l’élection du nouveau président américain, Joe Biden. On le voit dans la hausse du prix du pétrole depuis cette date. Et, entre février et mai 2021, le prix du baril évolue entre 66 dollars et 70 dollars, et tout laisse penser que le cours du pétrole continuera à monter.

Il n’y a pas de solution ni pour les États-Unis ni pour l’Europe, ils ne peuvent continuer à asphyxier le monde, et sont obligés à continuer à injecter massivement des liquidités pour lutter contre les conséquences de la pandémie qui n’est toujours pas éradiquée. Les destructions massives d’emplois durant la pandémie, le fort taux de chômage persistant, la faible compétitivité face à la Chine, et ce processus pandémique est valable pour l’Europe, font que l’économie mondiale va remonter progressivement. Et contrairement au blocage qui était réel en 2019, avant l’irruption de la pandémie. « La pandémie a changé le cours de l’histoire. »

Aussi, comme le cours de l’once d’or est très élevé, il évolue autour de 1900 dollars, et probablement dépasser les 2000 dollars, en 2022, de même le prix du pétrole atteindra 100 dollars et plus, probablement en 2022. En 2021, il dépassera les 80 dollars. Ce ne sont pas ici des pronostics que l’auteur fait, mais simplement une rationalisation des forces économiques que la pandémie a fait apparaitre et sont en train de rebattre les cartes, les stratégies des puissances occidentales de l’avant-crise qui ne sont plus opérantes devant la nouvelle conjoncture qu’a générée le Covid-19.

La hausse l’or et du pétrole impacte déjà les prix des matières premières, et nous avons ici à peu près la même situation qu’avaient les rois et seigneurs de l’époque du Moyen-Âge. En effet, à la place des festivités et des guerres qui occasionnent de fortes dépenses aux souverains, nous avons les destructions d’emplois, la fermeture d’entreprises pour mesure de confinement pour lutter contre la pandémie, ce qui occasionne des fortes dépenses financières et poussent les Banques centrales occidentales à faire marcher la planche à billet et donc à injecter massivement des liquidités pour venir au secours des populations sinistrées, ayant perdu leur travail et leurs salaires. Et comme ces liquidités sont créées nihilo, donc à partir de rien, comme l’auraient fait les rois et seigneurs de l’époque, et qui font augmenter le prix du blé pour adosser ce surplus de création monétaire à des contreparties physiques, et pour les souverains c’est le blé entreposé dans leurs entrepôts, pareillement, les puissances occidentales font augmenter le prix de l’or, du pétrole et des matières premières. Ces augmentations s’opèrent dans les Bourses occidentales à Chicago, New York, Londres… qui déterminent la hausse ou la baisse des prix du pétrole et des matières premières.

Ce processus a l’avantage de rendre licite les injections monétaires ex nihilo. Sans ce processus de contreparties physiques, et l’entreposage du blé dans les granges royales, les souverains ne pouvaient faire payer leurs dépenses par leurs peuples. Mais une guerre qui se déclenche pour protéger le peuple légitime ces injections monétaires. Et c’est dans le même sens que l’on doit comprendre ces injections monétaires massives opérées par l’Occident. Elles permettent de combattre la guerre que lance la pandémie contre le monde. Beaucoup de gouvernants dans le monde ont affirmé que l’humanité est aujourd’hui en guerre contre « ce diable de virus ». Le mot « diable de virus » vient de Xi Jinping, le président chinois. Et c’est une vérité « le Covid-19 est un diable, il est diabolique pour avoir mis en berne pratiquement l’humanité entière. »

Et c’est là le tour de force dans ces formidables liquidités injectées depuis un an et probablement continueront à être injectées. Le plan de 750 milliards d’euros paraît déjà dépassé, des voix en Europe parlent de lancer un autre plan de relance. Ceci dit, il demeure que le monde entier trouve son compte dans ce financement commandé par la pandémie. A la fois l’Occident qui procède à une reprise diligentée et protectrice, à la Chine qui continue sur sa lancée, l’Occident n’a qu’à commencer à changer de stratégie pour être plus compétitif par conclure des unions, par exemple, et aux pays exportateurs de pétrole et de matières premières qui peuvent enfin respirer et espérer de meilleurs jours.

Bien sûr il y a l’inflation qui pointe, mais cette inflation est autorisée, légale, elle est nécessaire sans quoi l’humanité n’a pas d’armes pour lutter contre la pandémie, et donc débloquer l’économie mondiale en chute libre. Donc l’inflation ne peut pas faire peur, elle sera toujours jugulée lorsqu’elle commence à dépasser les normes maxi. Si la pandémie se termine, et que l’inflation s’élève trop et devient hors-norme, les Banques centrales occidentales ont toujours des moyens pour la juguler. Elever le taux d’intérêt directeur, diminuer les injections monétaires, et ce faisant, un durcissement monétaire limitera une surchauffe de l’économie mondiale. Et si de nouveau, il y a ralentissement de l’économie mondiale, il faut attendre un nouveau cycle financier et monétaire qui peut venir d’une nouvelle crise, d’une guerre, ou d’une nouvelle… pandémie. Ainsi va la marche de l’humanité qui doit répondre à chaque situation nouvelle qui lui arrive.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et Chercheur indépendant en Economie mondiale,
relations internationales et Prospective

 

Notes :

1. « Covid-19 : l’Asie de l’Est frappée par une quatrième vague », par le quotidien français Les Échos. Du 16 mai 2021
https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/covid-19-lasie-de-lest-frappee-par-une-quatrieme-vague-1315383

2. « The most predictable disaster in the history of the human race  » (traduite : La catastrophe la plus prévisible de l’histoire de la race humaine), publié par Ezra Klein. Le 27 mai 2015
http://www.vox.com/2015/5/27/8660249/gates-flu-pandemic

 





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