En temps de crise, le M&A comme leviers de gestion de sa PME



En temps de crise, le M&A comme leviers de gestion de sa PME

[CONTENU PARTENAIRE] Comme de très nombreux secteurs, celui du BTP n’est pas épargné par la crise du Covid-19. Celle-ci a même des effets dans les opérations de reprises d’entreprise où l’on est passé d’un mode cession à un mode acquisition. Les explications de Cyril Polack, président et Christophe Charpilienne, associé, Cabinet Montparnasse, société spécialisée dans les fusions-acquisitions (M&A) dans l’univers du BTP.

Avez-vous pu observer un effet Covid dans le domaine des fusions et acquisitions dans le secteur du BTP ?

Cyril Polack : Parler d’un effet Covid, c’est d’abord se pencher sur les conséquences du premier confinement dans le secteur du BTP. Pendant plusieurs mois, les entreprises ont dû s’arrêter, perdant du même coup une partie de leur carnet de commande qu’elles ont eu du mal à récupérer. D’autre part, après le redémarrage des chantiers, la réglementation liée à la santé sur ces derniers et ses conséquences sur l’organisation générale des affaires, a terriblement ralenti le rythme des opérations. En conséquence, c’est tout l’écosystème du BTP, par une sorte d’effet domino, qui a été touché. Dans la mesure où de plus, les trésoreries ont été mises à mal, malgré les prêts garantis d’Etat, qu’il faudra de toute façon rembourser, c’est bien un sentiment d’incertitude qui domine actuellement chez les entrepreneurs. Ces derniers manquent désormais de visibilité sur le moyen-terme. Dans ce contexte, les opérations de M&A sont passées d’un mode cession à un mode acquisition. Les entreprises qui ont de l’argent disponible profitent de la crise pour racheter les structures qui sont fragilisées. Aujourd’hui, notre rôle chez Cabinet Montparnasse est de favoriser des rapprochements pour que toutes les sociétés de taille petite ou moyenne, qui constituent l’ADN de l’activité de notre cabinet, puissent conforter leurs parts de marché en se donnant plus de visibilité et asseoir ainsi leur développement.

Christophe Charpilienne : J’aimerais préciser un point : certes, les entreprises ont souffert. Pour autant, la valeur de celles qui fonctionnaient bien avant la crise ne s’est pas évaporée. Elles retrouveront ce niveau de valeur, une fois passée la crise du Covid-19. En conséquence, dans le contexte actuel, nous demandons aux acquéreurs d’amener le cédant à retrouver cette valeur dans l’année ou dans les deux années qui suivent l’acquisition. On privilégie donc une approche où la valeur est préservée. L’achat s’effectue alors en deux temps avec un prix au moment de l’acquisition et un autre un ou deux ans plus tard, quand la structure aura retrouvé sa valeur d’avant Covid.

Au-delà des aspects financiers de telles opérations, les fusions-acquisitions posent des défis en termes d’adhésion des salariés, de cohésion de la culture d’entreprise, etc. Comment ces aspects sont-ils pris en compte lors d’une opération de rapprochement ?

C.P. : Rapprocher deux entreprises, c’est créer une situation qui facilite les discussions avec les banques et les financiers grâce au cumul des deux chiffres d’affaires. Cela permet aussi de préparer plus sereinement l’avenir avec ces grands enjeux que sont l’économie circulaire, la transformation numérique, en rapprochant des entités complémentaires. C’est enfin, et souvent le point principal, s’adjoindre des compétences que l’on a du mal à acquérir par des procédures standards de recrutement.

C.C. : La question des équipes est importante et souvent le cédant est très soucieux du devenir de l’entreprise et reste très attentif à la façon dont ses salariés vont être intégrés. De son côté, l’acquéreur fait preuve d’une réelle attention au sujet. Tous savent que l’on ne peut réussir une telle opération sans l’intégration et la collaboration des équipes de la société qui a été reprise. On ne rachète pas une société contre ses salariés.

Comment voyez-vous la situation évoluer sur la deuxième partie de l’année 2021/début 2022 ?

C.P. : Faire des projections sur l’avenir, même proche, reste difficile dans la mesure où, outre le confinement, le secteur de la construction est impacté par la lenteur actuelle des collectivités qui, malheureusement, agréent et distribuent actuellement permis de construire et autorisations d’ouverture des chantiers au compte-goutte. Certes, la reprise, quand elle arrivera, sera assez forte par compensation de retards cumulés. Il est toutefois clair qu’il y aura des séquelles. C’est pourquoi 2021 devrait rester une année difficile. Il faudra attendre le printemps 2022, voire mi-2022 pour retrouver une certaine normalité.

C.C. : Il faut toutefois souligner que la demande en matière de Fusion-Acquisition dans le monde du BTP reste soutenue. Pour une raison simple, il s’agit de la démographie. On a affaire à une population de chefs d’entreprise assez âgés. Mécaniquement, se pose donc la question de leur succession. Il s’agit d’un réel enjeu. Une transmission ratée, c’est toujours une perte d’entreprise doublée d’une perte de savoir-faire.

Ce contenu a été réalisé avec SCRIBEO La rédaction de BFMBUSINESS n’a pas participé à la réalisation de ce contenu.

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