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Pourquoi la majorité des discothèques menace de ne pas rouvrir le 9 juillet?


Le pass sanitaire qui n’est exigé que dans les boîtes de nuit et les rassemblements de plus de 1000 personnes est inéquitable par rapport aux bars dansants concurrents qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes, plaident les patrons de discothèques.

Ce devait être la fin d’un long cauchemar de 16 mois. Ce vendredi 9 juillet les discothèques auront enfin l’autorisation de rouvrir. Et pourtant seule une minorité compte réellement le faire. C’est que qu’estiment deux organisations représentatives du secteur. Selon l’Association française des exploitants de discothèques et dancings (Afedd) et le Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL), ce serait entre 70 et 75% des établissements qui préfèreraient rester fermés.

Et pourtant les entreprises du secteur sont en souffrance après 16 mois non-stop de fermeture administrative. La France comptait 1600 discothèques avant le Covid. 152 ont été liquidées depuis un an et 243 seraient en difficulté majeure. Près d’un quart pourraient donc avoir disparu d’ici la fin de l’année.

Pourquoi dans ce contexte refuser de rouvrir? Il y a certes les jauges (75% en intérieur en juillet et 85% en août) mais c’est surtout le pass sanitaire qui est ici en cause. Pour recevoir des clients, les discothèques devront exiger la présentation du fameux passeport. Pour être valable, ce dernier doit faire état d’un test PCR négatif de moins de 48 heures, d’un certificat de vaccination ou d’un test antigénique négatif.

A peine 46 discothèques à plus de 1000 personnes

Or les tests sont jugés trop contraignants par les patrons de discothèques.

« Personne ne prévoit sa sortie en boîte plusieurs jours à l’avance, estime Christian Jouny, délégué général du SNDLL et propriétaire de trois établissements. Quant aux tests antigéniques, ils ne seront bientôt plus remboursés. Si vous devez payer 25 euros pour venir en boîte ce n’est même pas la peine. »

Plus que le protocole en lui-même, c’est l’inéquité de traitement entre établissements que dénoncent les responsables de boîtes de nuit.

Le pass sanitaire n’est censé être exigé que pour les établissements et événements pouvant recevoir plus de 1000 personnes. Or seules 46 discothèques sur les 1500 que comptent l’Hexagone ont cette capacité.

« Mais le problème ce sont les bars dansants, s’émeut Christian Jouny. On nous parle de variant delta, de quatrième vague et eux n’ont aucune jauge, aucun pass sanitaire et on n’y respecte même pas les gestes barrières. »

Le syndicat va mettre en ligne cette semaine un site pour pointer les manquements de ces établissements qui ne sont pas soumis au même protocole.

Du côté du gouvernement, on assure que des décisions seront prises d’ici la fin de semaine concernant les bars dansants. Le ministère d’Alain Griset étudie la possibilité juridique de renforcement des mesures dans les bars dansants pour ne pas défavoriser les discothèques.

En attendant, les établissements qui ne souhaitent pas rouvrir pourront toujours bénéficier du fonds de solidarité. Jusqu’au 16 août, ils pourront toucher l’équivalent de 20% du chiffre d’affaires réalisé en 2019 afin de couvrir les frais fixes.

Ceux qui choisiront d’ouvrir ce vendredi pourront aussi être aidés. Eu égard aux contraintes administratives, une discothèque qui rouvre pourra bénéficier d’une aide équivalente à 30% de la perte d’exploitation par rapport à la dernière année normale. Un soutien que la profession estime insuffisant pour équilibrer l’équation économique.

Frédéric Bianchi



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