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La Covid parle anglais !


Non content de ravager nos villes et nos campagnes, le Covid a favorisé la diffusion et la pénétration de l’anglais dans nos cellules nerveuses ! (À moins que ce soit le vaccin ? Non, je déconne.)

On rappelle pour mémoire les « clusters » tant appréciés de nos ministres et journalistes depuis le début de la pandémie (ça fait plus pro qu’un simple foyer), le « pass » sanitaire qui perd parfois son « e »… (quel est le problème avec ce mot ? Une passe c’est trop vulgaire, un passe pour ouvrir les cerveaux trop complotiste, et un tour de passe-passe fait penser à des escrocs ?). Ces jours-ci, on a également eu droit à bon nombre de « gigafactory », qui, paraît-il, vont bientôt réindustrialiser une France qui a perdu ses usines, grandes ou petites.

Mais la nouveauté du mois, on la doit à l’UE : le « certificat Covid numérique UE » bilingue français-anglais.
Passe (!) encore pour le bilinguisme, s’agissant d’un document essentiellement destiné à franchir les frontières, comme l’illustrera ce court dialogue douanier :

– Pass ?

– Oui. Je veux dire : yes.

– OK. Passez !
Mais quelqu’un a eu la curieuse idée d’écrire les dates de vaccination et les dates de naissance à l’américaine, année/mois/jour ! Alors même que la plupart des pays européens font comme nous : jour/mois/année ! (doc ci-joint. Les dates ont été modifiées) Peut-être un haut fonctionnaire s’est-il vu refuser « digital » et imposer « numérique » ? Se serait-il subtilement vengé sur les dates ? Ou est-ce un énième exemple d’une servilité ordinaire qui fait devancer les attentes du maître ? Quoi qu’il en soit, cet anonyme a le triomphe modeste, comme les auteurs des innombrables petits pas qui, cumulés, ont abouti à faire de l’anglais – ou plutôt d’un angloaméricain plus ou moins globalisé – la langue commune de l’UE.
De fait, mais pas de droit. Rappelons quelques détails anti-démocratiques que nos médias passent sous silence depuis, quoi, à peine dix ou vingt ans :
 L’idéal européen était censé être l’égalité des langues !
Les trois langues de travail – français, allemand, anglais – étaient une mesure temporaire avant un glorieux avenir d’Européens polyglottes à quatre ou cinq langues de bon niveau… que l’UE se faisait fort de fabriquer en une génération, rengaine naïve des milieux pédagogiques. Non, le commun des mortels, c’est-à-dire le peuple européen dans son ensemble, n’a ni les capacités, ni le temps, ni le goût, ni le besoin de connaître sa langue régionale, sa langue nationale, celle du pays voisin, plus l’anglais ainsi qu’une autre langue « internationale » à un bon niveau ! Ce fut pourtant longtemps le credo de l’UE…

Par contre, nous avons à l’évidence besoin d’une langue commune, ce que l’UE et nos dirigeants, nos élus et nos médias ont toujours nié !
L’anglais imposé à l’école primaire nous fut vendu comme une initiation « AUX » langues…
L’anglais a été promu langue commune de l’UE sans étude technique telles que les conçoivent les ingénieurs et les entrepreneurs (faisabilité, rapport coût/efficacité, durée d’étude/résultats), sans débat citoyen ou médiatique, et sans débat parlementaire !
L’anglais est le plus mauvais candidat comme langue commune européenne, du fait de sa phonétique irrationnelle. Inversement, l’espagnol ou l’italien sont (encore) les meilleurs grâce à une relative régularité phonétique – si l’on excepte, bien sûr, l’espéranto.

Le mythe de « l’anglais facile » est malheureusement entretenu par nos élites. Récemment par Thomas Pesquet à la radio : évidemment, lorsqu’il a dû apprendre le russe, il lui a d’abord fallu apprendre un nouvel alphabet, alors que l’anglais lui est familier depuis ses études à Supaéro, en fait depuis le lycée. Pourtant, c’est une notion reconnue : les instructions officielles de l’Éducation nationale reconnaissent la difficulté phonétique de l’anglais. Seule sa grammaire est (relativement) simple. Mais les idées reçues qui correspondent au consensus politique de l’époque (l’anglais à l’école primaire, l’UE, l’Otan) sont les plus tenaces car elles sont régulièrement répétées par les médias.

L’anglais, depuis le départ de la GB, n’est la langue officielle d’aucun pays européen – pas même l’Irlande. Situation absurde.

En résumé, la version officielle, c’est que l’UE n’a pas besoin de langue commune mais, par le hasard et la force des choses, l’anglais s’est imposé et du coup c’est bien pratique, mais faut pas le dire ! Il existe comme ça des sujets tabous que nos médias ignorent dans leur quasi-totalité – ou déforment sciemment – mais attention, il ne faut pas parler de mensonge, ni de bourrage de crânes ni de propagande, ça fait trop complotiste ! Plutôt d’angle ou de ligne éditoriale…

Curieusement, chacun a intégré que nos nations, même en temps de paix, même entre partenaires européens, se livrent en permanence une guerre commerciale, alors que la « guerre des langues », elle, demeure un sujet tabou ! Une démocratie s’est laissé imposer un élément aussi essentiel à son identité que sa langue commune, sans réflexion ni débat ! Chacun sait que le peuple ne gouverne pas, même dans une démocratie, mais les députés non plus !
Revenons à notre échelle nationale et rêvons un peu, comme disait l’autre : y aura-t-il un candidat à la présidentielle pour s’engager à parler français dans toutes ses fonctions officielles, y compris à l’étranger ?





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