fbpx

Les riches sont-ils trop peu taxés en France?


Alors que le pays n’a jamais autant compté de milliardaires, les deux tiers des Français souhaiteraient mettre à contribution les plus riches pour réduire la dette publique. Le pays est pourtant déjà un de ceux qui taxent le plus les grandes fortunes.

Faut-il davantage taxer les riches pour rembourser la dette? Alors que cette dernière a explosé avec le Covid, le débat monte en France et pourrait bien être une des thématiques de la prochaine présidentielle.

Car pour l’heure l’exécutif écarte cette option. L’actuel gouvernement a supprimé l’ISF en 2018 pour le transformer en Impôt sur la fortune immobilière (IFI) et ne compte pas y revenir. C’est ce que rappelait Bruno Le Maire ce jeudi sur BFMTV.

« Bien sûr qu’il faut lutter contre les inégalités », mais « laissez penser que c’est en taxant les plus riches encore davantage, je ne pense pas que ce soit la solution, a assuré le ministre de l’Economie. Je refuse cette facilité de l’augmentation systématique des impôts. »

Et si ce débat monte c’est parce que les grandes fortunes du pays n’ont pas souffert de la crise. Au contraire. Selon le classement Challenges, la France compte désormais 109 milliardaires (14 de plus en un an). Et le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes atteint les 1000 milliards d’euros (+30% sur l’année écoulée). L’idée d’aller puiser là-dedans est tentante.

C’est d’ailleurs ce que souhaitent une majorité de Français interrogés par Odoxa. 66% d’entre eux préconisent de davantage taxer les riches pour résorber la dette publique du pays qui a atteint au premier trimestre 118,2% du PIB. Cette solution est largement préférée à la réduction de la dépense publique (privilégiée par 38% des Français) et l’augmentation de l’âge de départ à la retraire (19%).

Taxer les riches mais lesquels? Pour la plus importante part des personnes interrogées (43%) c’est à partir d’un patrimoine de 600.000 euros (le seuil des 10% les plus aisés) qu’il faut taxer. Mettre à contribution seulement les plus riches, les milliardaires qui ont vu leur patrimoine fortement augmenter durant la crise, est une priorité de seulement 10% des personnes interrogées.

Le capital le plus taxé de l’UE

Comment les riches sont taxés en France ? Si la France est le deuxième pays d’Europe pour la pression fiscale (45,8% du PIB) derrière le Danemark (46,5%), les hauts revenus sont mis à contribution. Le taux marginal d’impôt sur le revenu s’établit à 45% pour les tranches de revenus supérieures à 158.000 euros par an. Mais à cela il faut ajouter la CSG et la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus qui est égale, pour les célibataires, à 3% de la fraction du revenu fiscal de référence comprise entre 250.000 et 500.000 euros et à 4% pour la fraction supérieure à 500.000 euros.

Selon les calculs du site Fipeco, cela porte à 55,4% ce taux marginal d’imposition pour les très aisés. Seuls le Japon et le Danemark (55,9%) ont des taux plus élevés que ceux pratiqués en France sur les très hauts revenus.

En ce qui concerne la fiscalité du capital (un « riche » se définit surtout par son patrimoine), les comparaisons sont plus complexes car les revenus du capital sont plus difficiles à suivre. Néanmoins, la Commission Européenne publie une estimation du taux implicite de taxation du capital qui est le rapport entre le produit des prélèvements obligatoires sur le capital et le montant des revenus du capital.

Et là, la France arrive de loin en tête des pays de l’Union. Avec un taux de 54,2%, le taux français est plus de 12 points au-dessus du danois.

  1. France : 54,2% (+10,5 points entre 2009 et 2019)
  2. Danemark : 41,9% (+10,1 points)
  3. Belgique : 35,1% (+6 points)
  4. Italie : 30,4% (-0,3 point)

Surtout, en 10 ans, ce taux a fortement augmenté dans l’Hexagone passant de 43,7% à 54,2%. La plus forte hausse au sein de l’UE.

Frédéric Bianchi



Lire la suite
www.bfmtv.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.