les parisiens de moins en moins attirés par les villes de banlieue


Avant la crise, 62% des recherches d’emploi des Parisiens étaient dirigées en dehors de la capitale , contre 56% aujourd’hui. Signe que « l’attractivité de Paris intra-muros tend à se renforcer au détriment de la banlieue », note Indeed dans une nouvelle étude.

Voilà plus de dix ans que la capitale perd des habitants. Et la pandémie de Covid-19 ne devrait rien arranger alors que de plus en plus de Parisiens font part de leur désir d’exode. Grâce à l’essor du télétravail, certains ont d’ailleurs déjà franchi le pas ces derniers mois en quittant la métropole pour la périphérie.

De quoi attirer de nouveaux travailleurs dans les villes de banlieue? Pas nécessairement. Et pour cause, les Parisiens restent malgré tout attachés professionnellement à la capitale, selon une enquête menée par Indeed, un site d’offres d’emploi qui analyse régulièrement les recherches des candidats consultant sa plate-forme.

Après avoir atteint son plus haut niveau en juin 2020 (69%), la proportion de recherches d’emploi des Parisiens en dehors de Paris intra-muros est retombée en juin dernier à 56%. Un niveau inférieur donc à ce que ce qu’observait Indeed avant la crise sanitaire (62%). « Malgré l’effet pandémie, l’attractivité de Paris intra-muros tend donc à se renforcer au détriment d’une banlieue que les chercheurs d’emploi tendent à bouder », relève Indeed.

Le poids des recherches d'emploi hors métropoles
Le poids des recherches d’emploi hors métropoles © Indeed

« Ce qu’on a vu après le premier confinement c’est qu’il y avait une idée qui prédominait chez les Parisiens qui était qu’il fallait s’assurer une meilleure qualité de vie. Beaucoup de gens étaient prêts à déménager pour ça, à fuir la région parisienne. On ne savait pas non plus si le télétravail allait perdurer après la crise. L’expérience du confinement a marqué pour beaucoup la fin des longs trajets entre le domicile et le lieu de travail », explique Alexandre Judes, économiste en charge de la France au sein du « Hiring Lab » d’Indeed, sur BFM Business.

« À la levée du confinement, l’enjeu a été de trouver un poste à proximité de son domicile, ou inversement. On a constaté une très forte croissance des recherches vers les métropoles régionales et les villes moyennes […] et au même moment on observait aussi un effondrement des recherches vers Paris et sa périphérie […]. Mais depuis la tendance pré-crise a largement repris à Paris où on constate une très forte résilience du centre-ville […]. L’attractivité de Paris intra-muros s’est largement maintenue », poursuit-il.

Les grandes villes de banlieue n’attirent plus les Parisiens

Par ailleurs, la part des villes situées à moins de 50 km de la capitale dans les recherches d’emploi des Parisiens a connu une forte baisse au début de la pandémie de Covid-19 (de près de -30% en juin 2020), « preuve que le premier réflexe des actifs parisiens a été de chercher un emploi en dehors de la région », souligne Indeed.

Depuis, la part des recherches pour un emploi à moins de 50km de Paris intra-muros a retrouvé son niveau d’avant crise. Mais les grandes villes de périphérie ont, elles, enregistré des reculs importants. C’est le cas du quartier d’affaires de La Défense dont le poids dans les recherches a diminué de moitié par rapport à janvier 2020. La baisse est également sensible pour Versailles (-25%), Evry (-27%), Cergy (-22%) ou encore Roissy-en-France (-22%), très affectée par la crise du transport aérien.

D’autres parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu, à l’instar de Noisy-le-Grand (+35%), Aulnay-sous-Bois (+29%), Nanterre (+8%) ou Saint-Denis (+8%). Mais les villes qui ont vu leur poids dans les recherches des candidats parisiens plus que doubler sont souvent éloignées de la capitale, comme Le Mée-sur-Seine (+255% par rapport à janvier 2020), Santeny (+167%) ou Nogent-sur-Oise (+131%).

« Certains territoires qui sont proches de Paris restent attractifs du point de vue de l’emploi et peuvent attirer des candidats qui ont un intérêt à partir de Paris. On constate dans ces villes beaucoup d’offres dans la grande distribution, un secteur qui a plutôt tiré son épingle du jeu lors de la crise […]. Une des conséquences de la pandémie a été le désir de rapprocher son lieu de travail et son logement, ce qui peut expliquer l’intérêt de certains actifs pour ces villes de la proche banlieue. Tout le monde n’a pas accès au télétravail. Beaucoup d’habitants d’Aulnay, de Nanterre, de Saint-Denis, de Noisy, travaillent sur Paris », précise Alexandre Judes.

A l’inverse, des communes plus proches de Paris comme Le Plessis-Robinson ou La Garenne-Colombes ont vu leur poids dans les recherches extérieures divisé par plus de deux.



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