La CFTC appelle à reporter « d’au moins six mois » la réforme de l’assurance-chômage



La CFTC appelle à reporter "d'au moins six mois" la réforme de l'assurance-chômage

Cyril Chabanier, président de la CFTC, estime qu’il faut encore reporter la réforme de l’assurance-chômage.

La réforme de l’assurance-chômage sera l’un des grands rendez-vous de la rentrée. Entrée partiellement en vigueur le 1er juillet dernier, Emmanuel Macron avait assuré cet été qu’elle serait « pleinement mise en œuvre » dès le 1er octobre parce qu’on « doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu’en restant chez soi ». Si le Conseil d’Etat a suspendu l’entrée en vigueur du nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence, les autres mesures principales – bonus-malus pour les contrats courts, dégressivité des allocations – sont en effet déjà appliquées.

« On peut être tous d’accord sur le principe que l’activité doit mieux payer que l’inactivité. Ça n’est pas le sujet. La grosse difficulté de cette réforme de l’assurance-chômage, c’est que les plus pénalisés sont les plus précaires. C’est là où ce n’est pas juste, même si on a pu, dans les différentes négociations, installer un plancher qui permet de limiter les dégâts par rapport à la première version de la réforme », a réagi ce mercredi matin Cyril Chabanier, président de la CFTC, sur le plateau de BFM Business.

Des chiffres « sous perfusion »

« Il ne faut pas oublier que cette réforme a été faite dans un esprit qui était que la situation économique de la France était en amélioration, on était avant la crise du Covid-19. Aujourd’hui, toucher aux plus précaires ça n’a pas de sens […]. Le gouvernement a mis deux indicateurs nous permettant de juger de ce retour à meilleure fortune. C’est encore trop tôt pour l’appliquer. On sait que les indicateurs on les revoit tous les six mois. Je pense que la chose la plus décente serait de pouvoir reporter au moins dans six mois », a-t-il poursuivi.

Pour le dirigeant du syndicat, les chiffres actuels « ne sont pas mauvais », mais « ils ne sont pas mauvais parce qu’ils sont sous perfusion » des aides gouvernementales venues répondre à la crise sanitaire.

« Il y a une élection présidentielle dans neuf mois. Je pense qu’aujourd’hui on peut franchement attendre encore six mois, et voir dans six mois si on peut mettre en place ou pas cette réforme. Nous [à la CFTC], évidemment, on n’est pas d’accord, mais (il faudrait) au minimum attendre encore six mois », a-t-il plaidé.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV



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