Dans les Pyrénées, la hausse du tourisme oblige à s’adapter



Dans les Pyrénées, la hausse du tourisme oblige à s'adapter

La forte fréquentation des Pyrénées cet été inquiète les spécialistes de la région qui cherchent des solutions pour y faire face.

« Peut-on continuer à accueillir des centaines de milliers de personnes? », s’interroge un responsable. Routes encombrées, parkings surchargés, comportement des néo-montagnards pas toujours en règle, la hausse de la fréquentation cet été dans les Pyrénées oblige les acteurs du tourisme à s’adapter.

Au sommet de La Rhune, au Pays basque, le belvédère avec vue panoramique sur le littoral atlantique fourmille de monde, dès le matin. Sur ce site, l’un des plus fréquentés des Pyrénées-Atlantiques, 188.000 touristes ont déjà pris depuis fin mai le petit train à crémaillère qui mène au sommet, 900 mètres plus haut. Le mois de juillet a battu « un record de fréquentation » avec plus de 3000 passagers quotidiens, affirme Stéphanie Lenne, responsable commerciale de l’attraction.

« Un long embouteillage »

Autant de visiteurs qui se déplacent en voiture jusqu’au pied du célèbre sommet basque où les parkings aménagés sont déjà saturés à 8h. Un peu plus bas, à Ascain, la rue centrale du village de 4200 habitants est, pendant les deux mois d’été, un long embouteillage. « On se prend toutes les voitures », soupire le maire, Jean-Louis Fournier.

Les randonneurs sont aussi de plus en plus nombreux à se garer dans le village pour des balades aux alentours. « L’an dernier, les gens se garaient n’importe où et empêchaient les riverains de sortir de chez eux », s’exclame le maire. Depuis, un arrêté interdit de se garer sur les routes d’accès au massif.

Aujourd’hui, « on est au maximum de nombre de voitures que l’on peut accueillir », estime-t-il. Les communes alentour, l’Agglomération Pays basque et le Département envisagent de nouveaux aménagements: navettes de délestage, parkings payants. « Ce sont des problèmes qui ne se posaient pas il y a quelques années, beaucoup moins de monde montait à la Rhune », résume l’édile.

Une fréquentation en hausse

Car depuis le début de la pandémie de Covid-19, le tourisme en montagne remporte un franc succès. Mercredi, le secrétaire d’État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne se félicitait d’une hausse de 24% de la fréquentation dans les Pyrénées. Mais « peut-on encore accepter des centaines de milliers de personnes? Il va falloir se poser la question », lance Jean-Pierre Mercier, responsable du parc national des Pyrénées en vallée d’Ossau.

Là, à deux heures de l’océan, le site du lac de Bious-Artigues et des lacs d’Ayous est lui aussi pris d’assaut. Dans cette zone du parc national des Pyrénées, la fréquentation a augmenté depuis deux ans « de 20 à 25% », indique Yves Haure, secrétaire général du parc.

Le public, essentiellement français, est aussi composé de nombreux visiteurs qui viennent pour la première fois. Ce qui n’est pas sans causer « un certain nombre de symptômes », ajoute le responsable: bivouac sauvage, déchets en nombre ou afflux de camping-cars en font partie.

« On adapte notre réglementation, on met plus de monde sur le terrain, mais nos sites ne sont pas conçus pour avoir autant de monde », ajoute-t-il.

À l’aplomb du lac, les 700 places de parking sont âprement disputées et l’unique route d’accès se retrouve vite embouteillée. Il a même fallu la fermer à plusieurs reprises dès 09H00 entre le 1er et le 20 août. Là aussi, les autorités publiques réfléchissent à de nouvelles solutions pour désengorger ces vallées, « culs de sac où l’accès est difficile », relève Jean-Pierre Mercier.

Les drones « dérangent les isards »

Des panneaux rappelant la réglementation, pas toujours respectée, dans cet espace protégé, bordent également les limites du parc : interdiction des chiens, des feux ou de la cueillette de fleurs, mais aussi respect des troupeaux dans cette vallée où le pastoralisme est très présent.

Cette année, la multiplication des drones est devenue un problème. « Ils font beaucoup de bruit et s’élèvent en hauteur, ce qui dérange les isards, les marmottes ou les rapaces », explique Jean-Pierre Mercier. Il relève également l’impréparation à la randonnée d’un public néophyte, souvent sous-équipé et sans eau. Le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) d’Oloron Sainte-Marie constate de son côté une hausse des accidents cet été, consécutive à cette hausse de la fréquentation.



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