L’activité des « cars Macron » se rapproche de ses niveaux d’avant-crise



L'activité des "cars Macron" se rapproche de ses niveaux d'avant-crise

Les opérateurs d’autocars Flixbus et Blablacar ont réalisé en novembre leur meilleur mois depuis le début de la crise sanitaire.

« C’est le moyen le plus pratique, le plus direct. Pas besoin de passer par Paris, contrairement au train qui reste beaucoup plus cher »: comme Emma, étudiante à Bordeaux, de nombreux voyageurs envisagent d’utiliser le car pour leurs déplacements de fin d’année. La jeune femme de 23 ans, habituée des « cars Macron », s’apprête à réserver ses billets pour aller à Clermont-Ferrand à Noël. Plombés par la crise sanitaire, les opérateurs Flixbus et Blablacar retrouvent le sourire, après avoir réalisé en novembre leur meilleur mois depuis le début de la pandémie.

Cet automne, les clients ont de nouveaux afflué vers ce moyen de transport, qui a connu un premier semestre 2021 sans éclat et alors qu’il ne s’agit pas d’une saison porteuse traditionnellement. Du fait du Covid-19, la fréquentation des « cars Macron », complètement à l’arrêt pendant le premier confinement, était retombée l’an dernier à son niveau de 2016, juste après la libéralisation du secteur, selon l’Autorité de régulation des transports (ART).

Perspectives « très bonnes »

Les bus longue distance n’ont pas encore retrouvé leur niveau de clientèle d’avant-crise, reconnaît Blablacar, mais ils sont « désormais proches » de les retrouver. Le constat est similaire au sein de l’entreprise allemande Flixbus, son directeur général en France, Yves Lefranc-Moisin, étant « agréablement surpris par la fréquentation sur les lignes et la tenue de la demande ». « On estime l’activité à 75% du niveau de 2019 », a précisé le groupe à l’AFP. Il espère un retour à la normale en 2022.

Les esprits sont actuellement tournés vers les fêtes de fin d’année, période déterminante pour le secteur avec les vacances d’été. La déléguée générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs, Ingrid Maréchal, considère que les perspectives sont « très bonnes » pour ces fêtes, quand Arnaud Aymé, économiste spécialiste des transports, juge qu’il y a « moins de volatilité de la demande […], ce qui laisse présager une forte activité ».

Les voyants sont pour le moment au vert, malgré la reprise de la pandémie, et les réservations sont nombreuses. Blablacar prévoit par exemple une hausse de l’activité de 50% pour les vacances de Noël par rapport à la même période de 2020, tandis que, chez Flixbus, certaines lignes affichent déjà complet. Le groupe allemand prévoit donc d' »augmenter la fréquence » sur certains trajets pour répondre à la demande, la hausse atteignant 20% à 30% par rapport aux congés d’automne.

Retour de l’envie de voyager

Cette hausse de l’activité, Arnaud Aymé l’explique par plusieurs facteurs. « Il y a d’abord un retour de l’envie des Français de voyager, toujours à petit prix. Mais la hausse du carburant constatée en octobre joue aussi. Cela pousse les particuliers vers le transport collectif comme le covoiturage et les autocars », estime-t-il. Cette bonne reprise est toutefois menacée par la fulgurante vague de Covid-19 qui frappe l’Europe, faisant craindre au secteur le retour de nouvelles restrictions qui affecteraient à nouveau l’activité.

« On reste attentifs à l’évolution sanitaire, bien que nous n’ayons pas constaté de baisse de la demande pour le moment », rassure Blablacar. Du côté de Flixbus, en revanche, on admet naviguer à vue. « Nous constatons déjà une très légère baisse des réservations, que nous n’avions pas la semaine dernière. Notre plus grande inquiétude est évidemment un nouvel arrêt complet du réseau sur consignes gouvernementales », s’inquiète Yvan Lefranc-Morin. Pour l’heure, le gouvernement a affirmé jeudi qu’il n’était envisagé à ce stade ni confinement, ni couvre-feu.



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