Comment le port de Marseille a résisté à la crise



Comment le port de Marseille a résisté à la crise

A l’occasion de la 3eme étape du Tour de France de la Reprise de BFM Business à Marseille, focus sur le port industriel de la ville qui poursuit sa transformation.

Le port de Marseille est à la croisée des chemins. Si le cluster industrialo-portuaire de Marseille est bien le premier port français, il se classe au 51e rang mondial. Du côté des hydrocarbures, son activité traditionnelle, il est sur le podium, à la troisième place mondiale.

L’an passé, covid oblige, il a dû montrer sa résilience. La crise sanitaire mondiale a entraîné une chute des trafics de 10 millions de tonnes en 2020 portant son chiffre d’affaires à 145 millions d’euros. Ce recul de 14% est le premier observé depuis 2013. Le port a accueilli en moyenne 23 navires par jour en 2020, contre 25 en 2019.

Repli modéré de l’activité en 2020

La baisse de trafic au port de Marseille Fos est donc restée modérée avec un repli de 9% en tonnage sur la filière conteneurs. Certains secteurs clôturent l’année à l’équilibre comme le secteur des véhicules neufs ou en augmentation comme le vrac liquide sur les bassins marseillais (+12%). En revanche, le vrac solide, est en baisse de 22% en raison notamment de l’arrêt temporaire d’un haut-fourneau d’Arcelor Mittal. L’activité voyageurs s’est quant à elle effondrée, avec -76% de passagers en 2020.

Et grâce à l’explosion du commerce mondial en 2021, le port a enregistré une hausse de son trafic de marchandises au premier semestre: l’infrastructure a traité 38 millions de tonnes de marchandises (+13%).

Ce sont le vrac solide (+32%) qui ont particulièrement tiré le trafic du port, avec une reprise particulièrement spectaculaire pour la sidérurgie (+46%). Le trafic marchandises diverses a progressé de 19%, porté par le dynamisme de l’activité conteneur (+21%). Le vrac liquide connaissent eux une reprise plus modeste (+6%), « la pandémie de Covid-19 continuant d’affecter la consommation de produit pétrolier », explique le port dans un communiqué.

Trafic passagers en berne

En revanche, le transport de maritime de passagers reste en berne. Il a baissé de 22% par rapport au premier semestre 2020 et de 81% par rapport à la même période en 2019, la dernière année sans Covid-19. La faute, notamment, à l’interdiction des croisières pendant un an et demi. De quoi menacer les près de 16.000 emplois que génère la filière au niveau régional.

Face aux nouvelles donnes du marché, notamment en matière de transition écologique, de baisse de la consommation des énergies fossiles, Marseille Fos cherche aujourd’hui à se réinventer à travers de nombreux projets et investissements rendus possibles par des années de croissance consécutives.

« Faire face à une crise c’est gérer l’urgence et construire l’avenir. Nous avons géré l’urgence en assumant notre rôle dans la chaine d’approvisionnement du pays sans jamais cesser d’accueillir les navires et en accompagnant nos clients dans la crise. Nous avons bâti l’avenir en accélérant la réalisation de projets sources de nouveaux revenus ou qui renforcent la performance du Port », explique ainsi Hervé Martel, Président du directoire du port de Marseille Fos.

Près de 400 millions d’euros d’investissements

En 2020, Marseille Fos a investi 51 millions d’euros à travers 350 opérations comme le démarrage de la future gare maritime internationale du Cap Janet, la finalisation de l’agrandissement des quais conteneurs offrant un nouveau poste à quai de forte capacité à Portsynergy Eurofos, la poursuite des travaux de réaménagement des dessertes ferroviaires à Fos, l’équipement des quais corses d’une connexion électrique supplémentaire pour les navires en stationnement afin de limiter la pollution des paquebots à quai. De quoi permettre à quatre ferries corses de se brancher en simultané.

Le programme s’est poursuivi avec la réalisation en 2020 des études techniques pour l’équipement des quais du futur terminal international au Cap Janet. Le programme se poursuivra jusqu’en 2024 avec l’équipement des quais croisière.

Dans une perspective moyen-long terme, cela se traduit par nouveau projet stratégique pour la période 2020/2024 qui entend « concilier croissance économique et excellence environnementale ».

Transition par rapport au modèle « tout pétrole »

Pour y parvenir, près de 350 millions d’euros seront investis sur la période: près des deux tiers seront dédiés aux projets de développement et un tiers aux projets de maintien des infrastructures et du patrimoine.

« L’ambition de la politique d’aménagement sur les bassins Ouest (Fos) est d’accompagner la transition par rapport au modèle « tout pétrole » tout en limitant la consommation brute de foncier. Tandis qu’à l’Est (Marseille), l’ambition est celle du maintien de l’outil industriel avec des mesures fortes de réduction des nuisances et d’anticipation des réglementations environnementales », explique Hervé Martel, président du Directoire du port de Marseille Fos.

« L’ensemble des projets d’investissement serviront l’ambition de mieux concilier excellence environnementale et croissance économique, socle du futur projet stratégique du port de Marseille Fos », ajoute Elisabeth Ayrault, vice-présidente du conseil de surveillance du port de Marseille Fos.

Port de Marseille: quelques chiffres (au 1er semestre 2021)
Une superficie hors normes: 10.000 hectares
Trafic de marchandises: 10 millions de tonnes (+19% sur un an) dont +21% pour les conteneurs
Trafic de vrac solide: 6,3 millions de tonnes (+4% par rapport à 2019)
Trafic de vrac liquide (hydrocarbures): 21,3 millions de tonnes (+6% par rapport à 2020, -7% par rapport à 2019)
Trafic passagers: -22% par rapport à 2020 et -81% par rapport à 2019.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business



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