L’absentéisme généralisé, l’autre risque que fait peser le variant Omicron


Au Danemark, où sa diffusion a débuté plus tôt qu’en France, le taux de contamination de la population atteint 2%. Et la courbe est asymptotique. Comment les entreprises et les services publics pourraient-ils faire face à une vague obligeant des millions de Français à rester chez eux.

Un variant trois à six fois plus transmissible que ses prédécesseurs. Si, pour le moment, on ne sait pas la vague Omicron risque de submerger les hôpitaux, il paraît inéluctable qu’elle mette à mal le fonctionnement habituel des entreprises et des services publics.

Au Danemark, où ce mutant a commencé plus tôt à remplacer le Delta, le nombre de personnes infectées représentent déjà 2% de la population du pays. En France, un tel niveau équivaudrait à 1,3 million d’habitants. Or la progression du nombre total de Danois testés positifs suit pour le moment une courbe asymptotique.

Ce risque d’absentéisme massif est pris très au sérieux en Allemagne. Des plans spécifiques d’adaptation ont été définis dans certains secteurs. Les entreprises assurant le transport de marchandises doivent se préparer à ne plus prendre en charge que des produits indispensables. L’armée se dit prête à intervenir pour que les besoins essentiels de la population puissent continuer à être satisfaits.

Plan de continuité de l’activité dans les entreprises

En France, on ne peut pas dire que, pour le moment, ce soit le branle-bas de combat. Il est vrai que les entreprises ont acquis une certaine expérience durant la première vague qui n’a pas touché l’Allemagne. Par ailleurs, il existe en France ce qu’on appelle le plan de continuité de l’activité.

De quoi s’agit-il? Les entreprises doivent élaborer des scénarios leur permettant de s’adapter sans perte de temps à une situation de crise. Le cas des pandémies fait évidemment partie des situations à risque possible. Et si l’absentéisme atteint un niveau trop important et que le télétravail n’est pas possible, une entreprise doit se préparer à réduire ou même à cesser provisoirement toute activité. Le risque est évidemment plus important dans l’industrie.

Mais Benoit Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH se veut serein:

On adapte les plans de continuité de l’activité au fur et à mesure des évolutions des protocoles mais depuis 20 mois on maîtrise cet exercice de mise à jour qui ne pose pas de problèmes particuliers avec les syndicats, en général ».

Infirmiers à l’APHP: la nuit en heures sup payée 800 euros

Réduire l’activité ou l’interrompre quelques jours paraît envisageable pour une entreprise, mais pour certains services publics une pénurie drastique de personnel aurait de graves conséquences. A commencer pour les hôpitaux. Ces derniers ont déjà commencé à proposer des heures supplémentaires payées double à ceux qui sont en mesure de travailler.

Désormais à l’APHP, pour une nuit de travail en plus par rapport à ses horaires habituelles, une infirmière se voit proposer 800 euros de plus sur sa paie. Donc si elle accepte de sacrifier trois jours de ses vacances, sa paie de décembre fera un bond de 2400 euros. Pour autant, les candidats ne se bousculent pas. La fatigue est trop grande.

L’alternative, pour les hôpitaux, est donc de faire appel aux soignants contaminés qui n’ont pas développé de symptômes. Le haut conseil de la santé publique a adapté en avril dernier ses recommandations en la matière. Le personnel soignant peut-être maintenu en exercice à trois conditions: un schéma vaccinal complet (ce qui, entre temps, est devenu obligatoire), l’absence totale de symptôme et une tension hospitalière ou un risque de rupture de l’offre et de la sécurité des soins. La décision de faire appel à du personnel contaminé revenant aux hôpitaux eux-mêmes.

Pierre Kupferman



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