fbpx

Que pèsent le pétrole et le gaz dans l’économie russe?



Que pèsent le pétrole et le gaz dans l'économie russe?

En 2021, les exportations d’hydrocarbures russes représentaient 46% de ses exportations totales en valeur. Cette année-là, l’Europe a contribué presque pour moitié à ses recettes pétrolières.

Pour Viktor Orban, c’est une « ligne rouge » qui a été franchie. Le Premier ministre hongrois a durci le ton ce vendredi en estimant que la proposition de la Commission européenne d’interdire les achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie d’ici à la fin de l’année en réponse à l’invasion de l’Ukraine portait « atteinte » à l’unité de l’Union européenne.

Il faut dire que plusieurs pays membres de l’UE, dont le sien, dépendent fortement de la Russie pour leur approvisionnement en hydrocarbures. Moscou fournissait, en 2021, 30% du pétrole brut, 15% des produits pétroliers, et 45% du gaz naturel achetés par les Européens.

179 milliards de dollars de pétrole vendu en 2021

A l’inverse, la Russie dont l’économie est peu diversifiée est extrêmement dépendante de ses exportations d’hydrocarbures qui représentaient en 2021 46% de ses exportations totales en valeur. L’Union européenne en a conscience. Alors, faute d’être en mesure de se passer totalement de son gaz à ce stade, Bruxelles veut tirer un trait sur son pétrole.

Une option d’autant plus intéressante qu’elle porterait un coup plus dur à l’économie russe. Selon l’Institut Montaigne, les ventes de pétrole russe ont atteint 179 milliards de dollars en 2021, contre 62 milliards pour le gaz. Et l’augmentation des cours de l’or noir devrait encore accroître les recettes cette année. A 100 dollars le baril en moyenne, celles-ci s’élèveraient à 306 milliards de dollars, soit 18% du PIB russe.

Un embargo européen sur le pétrole ne serait donc pas indolore pour Moscou. D’autant que la Russie exporte les deux tiers de son pétrole dans l’UE. Ainsi en 2021, « la facture des importations de pétrole russe était quatre fois plus importante que celle du gaz, 80 milliards de dollars contre 20 milliards », avait souligné à la mi-avril le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

En outre, le pétrole vendu à l’Europe représentait avant le Covid 20% des recettes de l’ensemble des exportations russes et un huitième de ses recettes budgétaires, rappelle Le Figaro. Rien que depuis le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février, l’Union européenne a payé 21 milliards d’euros à la Russie pour lui acheter son pétrole, contre 30 milliards pour le gaz.

Réserves de pétrole épuisées dans 25 ans

Les hydrocarbures permettent à la Russie de financer largement son budget et de maîtriser sa dette, du moins durant les années où les cours sont élevés. En 2019, son budget fédéral était ainsi excédentaire, à 1,9% du PIB. Mais, « hors royalties des hydrocarbures, il aurait été en déficit de 6,3%, selon le FMI », souligne l’Institut Montaigne.

En revanche, cette exposition aux fluctuations des cours font qu’un « affaiblissement de la conjoncture mondiale, ou une réduction structurelle de la demande d’hydrocarbures, comme les politiques de décarbonation chez les gros émetteurs, déstabiliserait l’économie russe, ponctuellement dans le premier cas, structurellement dans le second ». C’est ce qu’il s’est passé en 1998, lorsque la chute des cours du pétrole a fait plonger la Russie en récession (-5,4%) tandis que son déficit budgétaire s’était creusé à 7,4% du PIB et sa dette à 135% du PIB.

Surtout, la Russie qui produit 11 millions de bariils par jour n’aura d’autre choix que de diversifier ses ressources à moyen terme. Car si ses réserves de gaz restent énormes, celles en pétrole sont, au rythme d’extraction actuel, censées s’épuiser dans 25 ans.



Lire la suite
www.bfmtv.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.