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Du cuir de laboratoire comme alternative au cuir animal?



Du cuir de laboratoire comme alternative au cuir animal?

Kering a investi dans une entreprise californienne spécialisée dans la production de cuir en laboratoire. Un nouveau matériau qui intéresse beaucoup les maisons de luxe.

Les marques sont nombreuses à chercher des alternatives au cuir bovin, à une époque où les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la condition animale. Les images de la pollution des fleuves en Inde ou au Bangladesh causée par les tanneries ont aussi généré une prise de conscience.

Le groupe de luxe français Kering mise sur le cuir de laboratoire. L’entreprise fondée par François Pinault a investi dans une société californienne appelée Vitrolabs, spécialisée dans la production de cuir cultivé en laboratoire à partir de cellules souches. L’objectif: développer un cuir à l’ADN animal sans être issu d’un animal grâce à la biotechnologie.

Une solution qui intéresse beaucoup les groupes de luxe français. En 2017, un an après sa création, Vitrolabs avait fait sensation au Fashion Tech Lab, événement qui présente les innovations du secteur de la mode. Le potentiel de ce nouveau matériau avait attiré la curiosité de François-Henri Pinault, CEO de Kering, et d’Antoine Arnault, du groupe LVMH.

Autre solution, miser sur des « cuirs » végétaux. Kering s’apprête à intégrer un consortium biotech et s’intéresse au « mycélium« , un matériau développé à partir de champignons.

Dans la mode, la créatrice Stella McCartney fait figure d’avant-gardiste en refusant depuis le début de sa carrière d’utiliser du vrai cuir et de la fourrure. Son sac Falabella, en « cuir végétal » sorti en 2010, est rapidement devenu un « it-bag ». L’industrie automobile entame également sa transition et certaines marques comme Bentley ou Volkswagen proposent désormais des options en matières végétales pour la sellerie.

Le cuir français menacé?

Mais la filière cuir française rappelle que l’industrie est très réglementée. « Le cuir est une parfaite illustration de l’économie circulaire. C’est un déchet de l’industrie agroalimentaire. Quand on abat les animaux, on récupère la peau pour faire du cuir », expliquait à BFM Business Frank Boehly, le président du Conseil national du cuir (CNC). Il l’assure, « aucun animal n’est élevé en France pour sa peau ».

Ce cuir produit en France est évidemment bien plus cher que son équivalent asiatique. Résultat, seulement 40% est effectivement destiné au marché français, le reste est exporté. Mais si l’industrie du luxe décide de se passer complètement du cuir animal, la filière française serait en danger.

Les maisons cherchent aussi des alternatives à la fourrure animale, à laquelle plusieurs marques ont déjà renoncé. Chez LVMH, Fendi explore des fibres de fourrure cultivées en laboratoire en collaboration avec différentes institutions comme l’Imperial College de Londres et l’école de mode et de design Central Saint Martins.

Noémie Wira et Pauline Dumonteil



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