fbpx

Insertion : la génération 2017 percutée par la crise sanitaire



Insertion : la génération 2017 percutée par la crise sanitaire

Comment se sont les jeunes sortis de formation initiale juste avant la crise sanitaire liée au virus Sars-Cov2 ? C’est ce que permettent de commencer à voir les premières données de l’enquête Génération 2017 que vient de publier le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq). Cette enquête longitudinale, menée tous les 3-4 ans, permet de décrire finement l’insertion des jeunes arrivant sur le marché du travail, et de comparer leurs destins avec ceux de leurs prédécesseurs.

La cohorte 2017 présente plusieurs spécificités. Taux d’emploi, accès au CDI, salaires : tous les indicateurs révélaient une bonne insertion jusqu’à ce que l’épidémie de Covid 19 vienne contrarier cette tendance.

Il faut dire que cette génération est plus diplômée que les précédentes. Près d’une moitié (47 %) sont diplômés de l’enseignement supérieur contre 42 % pour la génération 2010. Parallèlement, le poids des titulaires d’un CAP ou équivalent diminue au profit des bacheliers professionnels.

Ainsi, l’âge moyen à la sortie du système éducatif gagne un an par rapport à la génération 2010 pour s’établir à 22 ans. Près du quart de cette génération est sortie d’une formation préparée en alternance, mode d’apprentissage particulièrement répandu dans les CAP ou licences professionnelles industrielles.

Malgré le renouvellement des générations, l’accès aux études supérieures reste très marqué socialement : 57 % des enfants de cadres sont diplômés du supérieur, contre 8 % des enfants d’ouvriers.

Plus de CDI

En février 2020, la génération 2017 connaissait un taux de chômage de 18 % en février 2020 alors que, trois ans après la sortie de formation initiale, le taux que connaissait la génération 2010 s’élevait à 23 %. Cette amélioration avait profité à presque tous les niveaux de diplômes, mais plus particulièrement aux moins diplômés. Las ! La crise sanitaire a infligé un coup d’arrêt brutal à cette tendance. Dès octobre 2020, le taux de chômage remonte à 20 %.

Autre indice positif : l’accès à un emploi à durée déterminée s’est révélé plus rapide et plus fréquent pour la dernière génération enquêtée : le taux était de 72 % en octobre 2020, soit six points de mieux que la génération 2010 en octobre 2013, ce qui rompt avec une tendance à la précarisation des embauches observée depuis vingt ans. Le temps partiel est toutefois en hausse et concerne jusqu’à 38 % des non-diplômés en emploi salarié.

L’enquête révèle que les avantages comparés des diplômés face aux non-diplômés ne cesse de croître. Ainsi, le taux d’emploi des diplômés de bac +5 et plus est 2,3 fois plus élevé trois ans après leur sortie du système éducatif que celui des non-diplômés, alors que le rapport était « seulement » de 2 dans la génération 2010. De la même manière, parmi les jeunes en emploi en octobre 2020, la rémunération médiane des bac +5 et plus est 85 % plus élevée que celle des non-diplômés, contre 72 % pour la génération 2010 au même point de leur trajectoire.

Pendant les trois premiers mois de confinement, les flux d’entrée en emploi se sont réduits de 44 % par mois

Le principal effet de l’épidémie de Covid 19 a été un coup d’arrêt brutal aux embauches. Pendant les trois premiers mois de confinement, les flux d’entrée en emploi se sont réduits de 44 % par mois. De l’autre côté, le dispositif d’activité partielle financé par l’Etat et le report de tout projet de mobilité ont limité les flux de sortie d’emploi (-18 % par mois pendant le premier confinement).

Résultat : de février à mai 2020, le taux d’emploi de la génération 2017 a baissé de 2,8 points. Un quart des jeunes en recherche d’emploi en mars 2020 déclare avoir vu au moins une opportunité d’embauche ne pas se concrétiser dans la période du confinement. Parallèlement, 32 % estiment que leur activité a été dégradée et 20 % ont connu une interruption temporaire de celle-ci.

Reste à voir comment évolue la situation de ces jeunes après la crise sanitaire. Cette génération a-t-elle pu bénéficier de la reprise économique ? Réponse en 2023 avec la suite des enquêtes Génération.





Lire la suite
www.alternatives-economiques.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.