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avec 15.000 conducteurs manquants, la rentrée s’annonce compliquée



avec 15.000 conducteurs manquants, la rentrée s'annonce compliquée

Selon la filière, il manque 15.000 conducteurs pour assurer le service de transport scolaire en France. Et malgré les efforts en formation et en salaire, la situation s’aggrave.

Casse-tête en perspective pour les parents. De nombreux services de ramassages scolaires risquent en effet de ne pas fonctionner à la rentrée prochaine. En cause, le manque chronique de conducteurs de cars scolaires. Selon la FNTV, la Fédération nationale des transports de voyageurs, il manque pas moins de 15.000 conducteurs dans la France entière (sur un effectif global de 100.000).

« Toutes les régions sont concernées, encore plus de services scolaires ne seront pas assurés en 2022 par rapport à 2021 qui était déjà compliquée », déplore pour BFM Business, Ingrid Mareschal, déléguée générale de la FNTV.

« La situation s’aggrave d’année en année. Nous sommes en pénurie structurelle depuis 10 ans mais la situation s’est encore tendue en 2020 avec la crise du Covid avec une baisse de 3,4% des effectifs ». L’an dernier, 10.000 conducteurs manquaient déjà l’appel.

Conditions de travail difficiles

Contrairement aux transports publics, les cars de ramassage scolaire n’ont pas fonctionné pendant les confinements. Beaucoup de salariés ont quitté leurs entreprises pour envisager d’autres carrières plutôt que d’être placés en chômage partiel. Dans le même temps, une part non négligeable est partie à la retraite et ces effectifs n’ont pas été renouvelés étant donné les difficultés financières des entreprises du secteur, en majorité des PME.

Comment en est-on arrivé là? Les conditions de travail constituent le principal frein. « Ce sont des métiers à temps partiel avec un service tôt le matin et tard le soir, soit neviron 4 heures de travail par jour. Ce sont des tiers temps et les salaires sont donc mécaniquement peu élevés. 40% des contrats sont à temps partiel », explique Ingrid Mareschal.

Ces conditions rebutent les demandeurs d’emplois, les salariés qui souhaitent se reconvertir et surtout les jeunes qui ont de nouvelles aspirations, notamment en matière d’équilibre avec leur vie personnelle.

Second frein, l’impossibilité de recruter des jeunes de moins de 20 ans. « Jusqu’à l’an dernier, on ne pouvait pas passer le permis de conduire D avant 21 ans, ce qui nous privait de toute une classe de la population », explique la responsable.

Face à cette situation, la filière se démène pour faire bouger les lignes. Sous l’impulsion de la FNTV, le gouvernement a publié un décret le 2 mai 2021 abaissant l’âge d’accès au permis D à 18 ans. « Cela nous donne un peu d’oxygène mais ce n’est pas suffisant » souffle Ingrid Mareschal.

Nouvelle formation, hausse des salaires mais…

Le secteur est également en train de revoir en profondeur la formation en créant de toutes pièces une filière d’apprentissage composé d’un nouveau CAP d’agent d’accueil et de conduite routièr incluant le passage du permis D ainsi que l’installation de CFA (centres de formation d’apprentis). Ces travaux permettront d’accueillir dès la rentrée 2023 des jeunes en centres de formation. « Mais les premiers diplômés sortiront en 2025 pas avant », souligne la déléguée générale. Jusque-là, le problème de pénurie reste entier.

Il s’agit également de communiquer massivement. Une charte a été signée avec le ministère du Travail et les autres organisations représentatives de la branche afin de valoriser les métiers du transport, de renforcer la coopération avec les antennes territoriales de Pôle Emploi.

« Les métiers sont très mal connus, confirme Ingrid Mareschal. On essaye de travailler avec les centres d’orientation, les Pôles Emploi… il y a beaucoup d’a priori sur nos métiers alors que c’est un métier de passion. Il y a des campagnes au niveau des régions, de Pôle Emploi… Les grands opérateurs communiquent également sur l’emploi mais on a toujours autant de mal à attirer, ça ne prend pas ».

Car le fonds du problème reste encore les conditions de travail et les salaires. « Les négociations collectives ont permis d’aboutir à une augmentation de 5% des rémunérations en deux fois mais avec les augmentations du Smic et l’inflation, ces efforts sont dilués », regrette la responsable. « Nous avons également revalorisé le travail de nuit, le dimanche et le week-end ».

Appel aux régions pas toujours entendus

Mais les marges de manœuvre ne sont pas infinies. Comme dans le train, ce sont les régions qui fixent contractuellement les tarifs. « On ne peut pas augmenter les salaires massivement sous peine de perdre les appels d’offres », résume Ingrid Mareschal. « Et ce sont souvent les moins-disants qui sont choisis. C’est tout le modèle de contractualisation qu’il faut revoir. »

D’autres mesures pourraient néanmoins atténuer ces difficultés. Les transporteurs exhortent les régions à faire des lots pour offrir plus de volumes horaires aux conducteurs et donc plus de salaire ou échelonner les horaires d’entrées et de sorties des établissements scolaires. Mais toutes les régions ne répondent pas à cet appel, regrette la FNTV.

Autre piste, viser de nouveaux profils qui cherchent une activité ponctuelle. « On met en avant le temps libre permettant d’avoir de l’indépendance et/ou mener une activité supplémentaire ou mener à bien un projet professionnel. Cela colle plus avec les nouvelles aspiration des jeunes notamment », avance Ingrid Mareschal.

Reste que pour le moment, la situation est toujours aussi tendue. Près de 9 entreprises sur 10 éprouvent des difficultés à recruter.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business



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