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Tout savoir sur le Suffren, le nouveau sous-marin nucléaire français « apte au service »


Un peu moins de deux ans après sa remise à la Marine nationale, le submersible débute ce vendredi sa mission: celle de protéger le porte-avions Charles de Gaulle.

« Apte au service ». Le sous-marin d’attaque nucléaire (SNA) Suffren construit par Naval Group débute officiellement ce vendredi sa mission. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, est ainsi attendu à Brest aujourd’hui pour « l’admission au service actif » qui correspond à sa mise en service officielle. Cette cérémonie aura lieu sur la plage de Riva-Bella.

Ce monstre d’acier noir tient son nom de Pierre-André Suffren, un amiral qui s’est illustré face aux Anglais au XVIIIe siècle.

Le submersible a en réalité été livré à la Marine nationale en novembre 2020 pour son déploiement de longue durée (DLD), une phase de tests en grandeur nature visant à vérifier le fonctionnement du bâtiment. Il a notamment réalisé une première traversée de longue durée l’été dernier, jusqu’à l’Équateur pour tester son fonctionnement en eaux chaudes et vérifier son endurance dans la durée.

Le Suffren inaugure la classe Barracuda, la nouvelle génération de sous-marins à propulsion nucléaire
Le Suffren inaugure la classe Barracuda, la nouvelle génération de sous-marins à propulsion nucléaire © Naval Group

Une fuite constatée sur l’une de ses turbines ainsi que la crise sanitaire du covid ont retardé un peu son entrée en mission opérationnelle qui devait être réalisée en 2021.

Un programme à 9 milliards d’euros

« Les nations qui dans le monde sont capables de mener à bien un tel projet industriel sont rares », avait alors souligné Emmanuel Macron, saluant « avec fierté » le travail des ingénieurs civils et militaires, techniciens et ouvriers.

Basé à Toulon, le Suffren est le premier sous-marin de la classe Barracuda, à propulsion nucléaire qui remplacera les sous-marins Rubis mis en service entre 1976 et 1990. Le coût de ce programme atteint 9 milliards d’euros. Six Barracuda doivent être livrés d’ici 2030.

Sa mission est de protéger les bâtiments précieux comme les porte-avions et sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) à l’image du porte-avions Charles de Gaulle en détectant les sous-marins adverses et faire du renseignement. 

Suffren
Suffren © Naval Group

Son atout: il est quasiment indétectable. Le son qu’il émet équivaut à celui d’un « banc de crevettes », selon l’expression utilisée par les responsables du projet.

Ses dimensions sont hors-normes. 99 mètres contre 76 mètres pour les Rubis et plus lourd (5300 tonnes contre 2600 tonnes). 65 sous-mariniers composent l’équipage qui comprendre pour la première fois de l’histoire de la Marine des femmes.

Des missiles d’une portée de 1000 kilomètres

Il est capable de plonger à 350 mètres de profondeur pendant 70 jours contre 45 pour les Rubis.

Côté armement, le Suffren n’est pas équipé de missile nucléaire, comme les SLNE qu’il doit protéger. Il transporte 50% d’armes en plus que les Rubis. Il dispose de missiles de croisière, de la future torpille lourde F21 et du missile antinavire SM 39. Le Suffren peut tirer quatre missiles en une seule salve à une portée de 1000 kilomètres.

Le sous-marin nucléaire français, le Suffren
Le sous-marin nucléaire français, le Suffren © Robin BJALON © 2019 AFP

Il dispose surtout d’un hangar de pont amovible pour les nageurs de combat. Cette base secrète immergée est dédiée aux nageurs de combat. Ils l’utiliseront pour faire partir des drones et aller en missions avec des mini sous-marins PSM3G.

Le prochain SNA pourrait être livré l’an prochain

Le second SNA de la classe Barracuda, le Dugay-Trouin, devrait être mis à l’eau d’ici la fin de l’été prochain. Un préalable avant la divergence de son réacteur. Et, selon la Presse de la Manche, ses premiers essais en mer ne débuteraient qu’en fin d’année, ce qui fait qu’il sera livré à la Marine nationale, au mieux, qu’en 2023.

Rappelons que ce modèle de sous-marin aurait dû être exporté en Australie dans une version à propulsion non nucléaire. Mais Canberra a annulé unilatéralement le contrat, préférant conclure un partenariat stratégique avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, provoquant une crise diplomatique majeure entre la France et ses alliés.

Si Naval Group est le fabriquant du Suffren, 100 sous-traitants et PME sont impliqués dans le programme, en France et aussi en Europe. Ces entreprises sont principalement implantées dans les régions Normandie (Cherbourg) et Pays de la Loire (Nantes-Indret) mais aussi en PACA (Toulon, Saint-Tropez, Aix-en-Provence et Cadarache), Poitou-Charentes (Ruelle), Bretagne (Lorient et Brest) et région parisienne (Paris et Saclay).

Au total, 2500 hommes et femmes ont participé à la construction du sous-marin avec en plus 800 techniciens chez les sous-traitants.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business



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