fbpx

On ne parle plus du Venezuela


On ne parle plus du Venezuela

Le Venezuela était jadis le plus riche pays du continent sud-américain grâce à ses hydrocarbures, avec des inégalités très fortes. Aujourd’hui il est parmi les plus pauvres d’Amérique latine.

La manne pétolière a favorisé Hugo Chavez au pouvoir, élu en 1999,(après une tentative infructueuse de coups d’état en 1992) jusqu’en 2013. Il a pu mettre en place plusieurs programmes sociaux qui ont permis dans un premier temps de réduire la pauvreté entre 2003 et 2010 ( constructions d’écoles, de logements gratuits, subventions généralisées).

Mais aucune diversification économique n’a été entreprise. Un système « socialiste » s’est mis en place. Désinvestissements massifs dans des secteurs qui auraient permis de modifier la donne, infrastructures pétrolières en retard de modernisation, ont précipité la crise économique et sociale, qui s’est aggravée encore avec l’arrivée au pouvoir du successeur désigné de Chavez, Nicolas Maduro.

La production et l’exportation de pétrole s’est effondrée, l’inflation s’est mise à galoper (on a pu voir des chiffres colossaux : 10000%). La monnaie s’est effondrée. Le salaire minimum ne permettant plus de se procurer les produits de première nécessité. Actuellement un pourcentage important d’enfants est en situation de malnutrition chronique ; des retards de croissance s’ensuivent. Et un habitant sur 3 est en insécurité alimentaire modérée ou sévère.

L’ émigration est devenue massive. On parle de 4 à 5 millions de personnes ayant quitté le pays.

Pour expliquer la grave crise, les autorités s’appuient sur la dénonciation des sanctions internationales et étatsuniennes, prises contre le gouvernement accusé de dictature et de museler l’opposition (qu’on se rappelle Juan Guaido président de l’Assemblée nationale du pays, arrêté et victime de poursuites judiciaires). La chute du prix du pétrole selon les périodes est aussi pour le gouvernement un facteur d’explication de la crise.

La corruption dans un état corseté, l’insécurité endémique s’ajoutent à la crise générale.

La situation du secteur de la santé venezuelienne est malheureusement emblèmatique de la dégradation générale, non pas par le fait d’une guerre ou de catastrophes naturelles mais par les décisions des gouvernants.( aux dires des opposants).

Malgré l’opacité officielle entretenue , des informations fuitent, venant des organisations non gouvernementales et internationales.

L’espèrance de vie, qui avait progressé pendant 3 décennies, a perdu 3 ans et demi.

On note un manque de vaccins (pour le Covid, seuls ont été achetés les vaccins russes et chinois moins efficients), une pénurie de médicaments, l’arrestation de médecins pas dans la ligne, sous des prétextes divers, comme les vols de matériel et de médicaments dans les hôpitaux.

Les décès des nourrissons ont augmenté. Les avortements par manque de mise à disposition de contraceptifs et de préservatifs ont augmenté.

Les cas de maladies cardiovasculaires et les diabètes se multiplient.

Des maladies qui avaient été contenues jadis, reviennent, comme le paludisme et la tuberculose.

Sur le continent sud-américain les dépenses de santé représentent en moyenne 4 à 5% du PIB, 1,7% au Venezuela.

Un très grand nombre de médecins a émigré.

La grande majorité des hôpitaux connait des interruptions incessantes en alimentation en eau et électricité.

La santé maternelle et infantile, la santé sexuelle et reproductive sont impactées par la crise. La santé mentale de la population aussi.

Et ce n’est pas la présence de médecins cubains, arrivés dans le pays pour pallier les défections, qui va arranger les choses : ceux-ci sont plutôt des techniciens de santé avec seulement 3 ans d’études.

Le gouvernement de Nicolas Maduro refuse par ailleurs l’aide humanitaire internationale, niant les problèmes rencontrés par les hôpitaux et le secteur de la santé.

Preuve est ainsi apportée qu’un pays,aux immenses potentialités permettant de lutter contre l’injustice sociale, peut s’enfoncer dans une crise profonde, régresser à la suite de décisions de dirigeants arrivés au pouvoir avec des promesses teintées d’idéologie et exerçant un pouvoir anti-démocratique sans partage.

Michel Houellebecq dans son dernier roman « Anéantir » donne cette appréciation sur une situation du monde en novembre 2026 : » La France était en déclin certes, mais elle offrait encore de meilleurs opportunités techniques que le Venezuela et le Niger »….





Lire la suite
www.agoravox.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.