fbpx

Une pub pour Eurostar ironise sur le verdissement de l’aviation et provoque la colère du secteur



Une pub pour Eurostar ironise sur le verdissement de l'aviation et provoque la colère du secteur

La filiale de la SNCF raille l’empreinte carbone de l’avion sur la liaison Paris-Londres. Un humour très peu apprécié par les acteurs de l’aérien.

La SNCF ne se prive pas de mettre en avant sa faible empreinte carbone comparée à l’avion. Parfois avec malice. Dans une publicité, Eurostar -connue pour ses campagnes caustiques- raille les promesses du secteur aérien: « Bien sûr que les compagnies aériennes sont vertes » peut-on lire avant de voir en dessous « (de jalousie) ».

Et d’expliquer que sur la liaison Paris-Londres, un trajet en avion émet autant de carbone que 14 trajets en Eurostar.

Cet humour a été très peu apprécié par les acteurs de l’aérien. Lors d’une table ronde pendant le Paris Air Forum organisé par La Tribune la semaine dernière, Alain Battisti, Président de la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande, s’est ainsi demandé s’il s’agissait de « bêtise ou de provocation », selon des propos rapportés par TourMag.

« On ferait mieux de jouer aux trains électriques »

Et d’asséner: « Quand on est dans une situation comme la SNCF avec une concurrence nouvelle qui ridiculise l’entreprise sur une liaison historique, la première ligne de TGV française Paris-Lyon, on ferait mieux de jouer avec ses trains électriques plutôt que de s’intéresser à une concurrence qui n’est pas directe! ».

Pourtant adepte des bons mots, Marc Rochet, patron d’Air Caraïbes souligne que « la SNCF vit aujourd’hui un évènement grave, c’est le procès de Brétigny. (…) L’humour pratiqué par ces personnes du marketing n’est pas du tout à la hauteur. Je n’attends pas de l’humour quand la SNCF coûte à l’Etat français tous les ans 16,7 milliards ».

Pascal de Izaguirre, président directeur général de Corsair, a réagi en contestant le bilan carbone de la SNCF « qu’on nous présente comme un modèle de vertu ».

« Je pense que c’est biaisé et tronqué, résume-t-il. La SNCF en France c’est une diva, la vache sacrée que l’on n’attaque pas. J’aimerais avoir la transparence sur ce bilan. Nous, transporteurs aériens, nous sommes en permanence dans le collimateur et l’éternel bouc émissaire ».

Dézingage

Un dézingage poursuivi par Thomas Juin, Président de l’Union des Aéroports français et francophones associés, « il n’y a pas de moyen de transport écologique aujourd’hui. La SNCF veut se présenter en chevalier blanc de l’écologie, ce n’est pas vrai », évoquant notamment l’entretien des milliers de kilomètres de voies de l’opérateur avec des produits chimiques qui auraient un impact sur les sols et la biodiversité.

La hache de guerre est donc loin d’être enterrée entre l’aérien et le fer. Il faut dire que l’ambiance est à couteaux tirés depuis que Jean-Pierre Farandou, patron de la SNCF ait réclamé plus de taxes pour son concurrent.

« Ce n’est pas le train qui est trop cher, c’est l’avion qui ne l’est pas assez », a-t-il expliqué devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale.

« Est-ce qu’on impute au billet d’avion le coût de son impact carbone ou pas?, a-t-il demandé. Moi je ne comprends pas pourquoi les compagnies aériennes sont exemptées de toute taxe sur le kérosène. Moi, je paie des taxes, sur mon énergie, sur mon gazole je paie des taxes… »

Rappelons que la Commission européenne cherche néanmoins à mettre en place une taxe kérosène qui frapperait les compagnies aériennes.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business



Lire la suite
www.bfmtv.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.