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Dernier t avant le mur


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« Faire semblant qu’un danger n’existe pas, c’est le meilleur moyen de tomber dedans »

-Alain Rey

 

Il y a, dans ce nouvel été qui arrive -et qui en fait est déjà là-, la promesse d’un répit avant la tempête.

Une tempête parfaite.

En effet cela fait deux étés, depuis la crise du Covid-19, que les gens se lâchent : après le confinement de 2020, puis les restrictions et autres couvre-feux de 2021, chaque été est depuis l’occasion, pour des millions de Français, d’oublier leurs tracas dans une espèce d’orgie vacancière à base de farniente sur la plage, de locations RBNB à bon prix, et de fiestas sauvages, au mépris, bien sûr, de toute forme de respect du voisinage.

Alors oui, je sais, je parle comme un vieux c*n, mais il me semble –et je ne suis pas le seul- constater ce phénomène et son accentuation depuis le déclencheur de Mars 2020 : les gens savent.

Ils savent que plus rien ne sera jamais comme avant, mais ils font bien évidemment semblant de ne rien voir. Ils attendent toujours patiemment le retour du fameux « monde d’avant », alors qu’ils sont déjà dans le monde d’après, et qu’au fur et à mesure les mauvaises nouvelles, les dérèglements et autres ruptures majeures surviennent, les éloignant inexorablement à chaque fois un peu plus de ce monde perdu…

Un monde qui ne reviendra jamais.

Et la tension qui résulte de cette dissonance, au fur et à mesure que les choses se dérèglent de plus en plus dans ce merveilleux monde mondialisé, ne trouve sa résolution, chaque année, ni dans la politique, ni dans le compromis, ni dans la joie…juste dans une espèce de « lâchage » incontrôlé, été après été, avant de repartir en septembre, tête et épaules basses, yeux fermés, comme un bœuf sous le joug du fermier.

L’été qui vient n’échappera pas à cette étrange règle.

Mais il se pourrait bien que ce soit le dernier, avant que chacun ne soit forcé d’ouvrir les yeux pour de bon.

 

L’été de tous les dangers

Déjà, il est sûr et certain que l’été qui vient ne sera pas tout à fait comme les autres, ne serait-ce qu’à cause de la sécheresse majeure que notre pays traverse depuis plusieurs mois, alors que l’été n’a pas encore débuté.

Je ne parle pas des canicules et autres vagues de chaleur, car elles débutent à peine et pourraient être sujettes à caution –le mois de Juin étant toujours très chaud globalement-, mais bien de l’état des sols et des réserves d’eau.

Qu’on soit convaincu du réchauffement climatique global ou pas, il est un constat sans appel : ça va mal, très mal du côté de la flotte, et ça s’aggrave chaque jour un peu plus, alors que l’été n’est même pas encore démarré.

Déjà au printemps, durant 38 jours consécutifs, les températures ont été au-dessus des normales saisonnières.

Le déficit pluviométrique dans notre pays est entre 20 et 30% de moyenne, avec des départements en situation catastrophique. Ainsi le Var, avec le village de Seillans (2700 habitants), par exemple, obligé de ravitailler 400 foyers par de nombreux camions-citerne quotidiennement, la nappe phréatique alimentant ce village isolé étant complètement asséchée, alors qu’elle était utilisée depuis des siècles sans problème.

Les autorités sont « très préoccupées » et ne s’en cachent pas : au 14 juin 2022, 36 départements sont déjà concernés par un arrêté préfectoral limitant l’usage de l’eau, et ce nombre ne fera que grossir, alors que plus une goutte de pluie ne tombe depuis des mois, et que Météo France prévoit un été chaud et sec. Au 15 mai, l’indice d’humidité des sols a ainsi atteint une valeur habituelle pour une fin de mois de… juillet. 

Le mois de Mai a ainsi été le plus chaud jamais enregistré et cette crise de l’eau ne peut donc que s’aggraver : rappelons que la France est la première destination touristique au monde, et que les millions de personnes que nous accueillons à bras ouverts chaque été se fichent comme d’une guigne, en très grande majorité, des usages de l’eau dans le pays qui les accueille. Ce sont des centaines de milliers de piscines, et des dizaines de millions de douches quotidiennes supplémentaires, qui taperont dans des réserves historiquement basses. L’état ne pourra rien contrôler de tout cela, la preuve : les compagnies privées gérant les concessions d’eau viennent d’appeler les Français « à la sobriété », histoire d’éviter les pénuries, voire les arrêts d’approvisionnement purs et simples, ce qui serait une véritable catastrophe, dans un pays qui aborde l’été avec des services d’urgences hospitalières en plein effondrement.

Rappelons qu’un être humain normal ne peut pas survivre plus de 3 jours sans boire, et que la canicule de 2003 avait causé des ravages chez les personnes âgées : 19 000 morts supplémentaires en France, 70 000 en Europe, en deux petites semaines…

 

Climat social comme pouvoir d’achat : en berne

Il n’y a pas que les températures qui sont préoccupantes : le climat social est bien étrange. 
Alors que la mobilisation des gilets jaunes avait débuté à cause d’un prix de l’essence moyen à 1,48 euro le litre, nous assistons aujourd’hui à une hausse bien plus importante, avec un litre dépassant allègrement les 2 euros, et…rien. Rappelons que les plus impactés par cette flambée des prix des carburants sont les foyers les plus pauvres : le carburant y pèse pour 10% du budget mensuel, contre 3% du budget pour les foyers les plus aisés. 

Et ne parlons pas bien sûr de l’inflation galopante, en partie liée à cette hausse des carburants, mais aussi à cause de la situation géopolitique actuelle, avec les divers plans de relance tous plus inefficaces les uns que les autres et la tension sur les marchés qui s’accentue…tension liée à des récoltes désastreuses à cause de la sécheresse -Canada, Inde, et autres pays très exportateurs de céréales ont vu leurs récoltes chuter drastiquement, les contraignant à réduire voire stopper leurs exportations. Effet qui s’ajoute bien sûr aux pénuries liées à la guerre en Ukraine : ce pays est un des greniers à céréales du monde, ceci grâce à sa fameuse « terre noire », le tchernoziom, très riche en nutriments, qui permet de se passer d’engrais et de faire des récoltes record. Tout est à l’arrêt ou presque, et bien sûr que nous vivons sur des stocks, et que les semis et les nouvelles récoltes sont en cours, donc il ne devrait théoriquement pas y avoir de pénuries, mais voilà : dans une économie mondialisée, les spéculateurs et autres « marchés » ont « peur », donc ils font ce qu’ils savent faire le mieux, ils spéculent sur le dos des peuples.

En résulte une perte de pouvoir d’achat, ou plutôt du pouvoir de vivre, tout simplement, de son salaire. Avec plus de 8 millions de personnes à l’aide alimentaire, et plus de 10 millions de pauvres dans notre pays, il n’est pas rare de voir au moindre feu rouge une nuée de mendiants et autres nécessiteux, comme lors de la Grande Crise de 29.

Les mauvais chiffres s’accumulent, et ce malgré le maquillage quasi généralisé et permanent des administrations aux ordres du pouvoir : le dernier rapport d’Oxfam pointe ainsi un transfert de richesses inédit, avec plus de 158 milliards d’euros supplémentaires, qui sont passés dans les mains des plus riches en 1 an, alors que dans le même temps un million de pauvres supplémentaires étaient créés, rien qu’en France. 

Et ce qui est le plus surprenant c’est qu’il ne se passe plus rien depuis des mois : plus aucune manifestation, plus aucune action (à part quelques activistes écolos ici où là), en tout cas rien du côté de ceux qui souffrent, et qui représentent de plus en plus de monde dans ce pays. Ils seront sans doute bientôt la majorité, au fur et à mesure que l’inflation grignotera de plus en plus du bas vers le haut des couches populaires.

Pour ne rien arranger à ce tableau très sombre, les projections économiques pointent toutes plus ou moins vers la pire forme de récession, et ce au niveau occidental, voire mondial : la stagflation, soit une stagnation complète de la croissance, conjuguée à une inflation galopante.

Beaucoup de spécialistes prédisent dès cet automne un krach boursier d’ampleur, un dégonflement de bulles spéculatives massives qui se répercutera très rapidement sur l’économie réelle, avec à la clé un effondrement du niveau de vie occidental entre -30 et -80% …

Rajoutez à cela les sanctions débiles (n’ayons pas peur des mots) et surtout pleines d’hypocrisie de nos dirigeants européistes en direction de « la Russie de Poutine », et la coupe est pleine. Des sanctions complètement inefficaces et contreproductives, impactant notre économie à nous, pendant que la Russie engrange les bénéfices… A l’heure où on apprend que 93 milliards d’euros de devises supplémentaires sont tombées dans l’escarcelle Russe en quelques semaines, grâce à la vente de son gaz, et que la France, malgré ses gesticulations et ses insultes, a considérablement augmenté ses importations dernièrement, faisant d’elle le premier client européen pour le gaz de « la Russie de Poutine »…et officiellement le premier pays hypocrite de la zone euro, ça n’est pas moi qui le dit mais un organisme européen dans son dernier rapport.

Nos dirigeants à courte-vue (comme d’habitude), bien confits dans leur idéologie libérale en phase terminale, n’ont absolument rien prévu d’autre que la très célèbre « main invisible du marché » pour tenter de réguler ce qui s’apparente désormais à une véritable bombe à retardement : le risque de pénuries alimentaires d’ampleur dans tout le bassin méditerranéen, voire au-delà, et les déstabilisations majeures que cela va entraîner un peu partout dans le monde.

Rayons et ventres comme la tête de nos élites :​​​ vides

Tout le monde a pu constater l’ampleur des déstabilisations qui touchent la grande machine de l’économie mondialisée : il suffit d’aller se balader au supermarché du coin, lieu où 90% des gens vont chercher leur pitance, et qui n’avait jamais, jamais vu certains rayons aussi dégarnis, de manière aussi chronique, façon magasin soviétique, depuis la dernière guerre mondiale.

Huiles, moutardes, font partie du lot de pénuries habituelles depuis plusieurs mois. Rajoutons-y le spectre de pénuries plus larges affectant par exemple les produits laitiers, les épices, ou encore les produits à base d’oeuf…

Mais le plus gros souci est sur le blé : comme dit plus haut, cette céréale, qui constitue dans beaucoup de pays africains l’aliment de base, et très souvent du seul repas par jour pour des millions de personnes, est véritablement en train de manquer. Des millions de tonnes sont bloquées dans les ports Ukrainiens, et la nouvelle récolte devrait être en cours de pousse dans les champs Ukies, car ce pays est un des plus gros fournisseurs mondiaux à l’heure actuelle. Sauf que les champs Ukies sont sous les bombes.

Mais pas que : le gaz russe, les phosphates russes, les engrais Russes sont aussi de la partie. Rappelons que la Russie est le deuxième exportateur mondial d’engrais, et que ces engrais sont soit extraits là-bas (grâce aux phosphates et autres composants dont le sous-sol de « la Russie de Poutine » regorge), soit produits grâce au gaz…inutile de vous faire un dessin.

Rien que ce simple fait en dit long sur le niveau d’imbécilité de nos « zélites », qui n’ont rien trouvé de mieux à faire que de prétendre sanctionner un acteur majeur et incontournable de leur sécurité énergétique et alimentaire. Mais aussi un acteur de leur sécurité géopolitique : car si demain la Tunisie, le Maroc, l’Algérie ou même l’Egypte, pays tous très dépendants des importations de blé, venaient à en manquer, ceci provoquerait des soulèvements et autres Printemps Arabes bis, auprès desquels nos gilets jaunes et autres blacks blocs feraient figure de gentils manifestants. Et entrainerait à coup sûr un effondrement sociétal dans chaque pays concerné, avec un risque de migrations massives, histoire, pour des dizaines de millions de ventres affamés, d’aller voir ailleurs si l’herbe à brouter est plus verte…

L’effet des « politiques » idiotes de nos dirigeants se ressent bien évidemment également dans l’inflation, plus que galopante : les injections d’argent frais, milliards après milliards, dans un moteur économique cassé, ne se retrouvent pas dans l’économie réelle, mais bien sur les marchés spéculatifs, qui ne savent plus que faire de tout ce pognon. La masse de liquidités augmentant sans cesse, les prix partent à la hausse inexorablement. Et l’argument selon lequel la France serait privilégiée grâce aux politiques avisées de notre Grand Commandeur Emmanuel 1er, est très fallacieux : c’est bien parce que le plan de relance est bien moindre que chez nos voisins allemands, et moins favorable aux sans-dents que chez nos voisins Ibériques, que l’inflation ne grimpe pas (encore) autant que chez eux. Mais ce répit est de courte durée : toutes les prévisions tablent sur un rattrapage brutal dès la rentrée, au plus tard à l’automne. On attend ainsi une augmentation des prix de l’énergie suite à la fin des tarifs règlementés dans certains secteurs dès le 30 juin 2022, voire même en dépit des fameux « boucliers tarifaires » gouvernementaux qui ne protègent plus de grand chose…et donc une augmentation du prix de pratiquement toutes les denrées alimentaires transportées par camion (donc avec de l’essence), sans commune mesure avec ce que nous connaissons déjà. Et, vu la « politique » en matière de salaires de ce gouvernement, il y a bien de quoi s’inquiéter. C’est un refus pur et simple d’augmenter les salaires, à la place Bruno « monsieur-4%-à-la-primaire-de-la-droite » Lemaire, grand ministre du n’importe quoi économique, se contente de demander aux entreprises de « faire un geste ». Tant que c’est demandé gentiment….

 Nous aurons donc l’austérité et l’inflation, ce qui constitue, avouons-le, un remarquable exploit de la part de notre Disrupteur en chef, jamais à court de superlatifs pour dépeindre sa politique indigente en grand plan de relance.

 

Urgences en urgence, Services Publics en panique

Bien sûr, à part les pluies de sauterelles et les rivières de sang, le tableau ne serait pas complet sans un bon effondrement généralisé des Services Publics de base, vitaux pour des millions de français, qui commencent à peine à s’en rendre compte.

Ou pas.

On connaît tous désormais l’état des services d’urgence des hôpitaux, en cours d’effondrement. Pour la faire courte : 120 services sur 600 fermés partiellement ou totalement, alors que l’été n’a même pas commencé, et que nous allons accueillir des millions de touristes venus faire la fête – et les accidents qui iront avec.

Passons sur les cris d’alarme des soignants depuis de nombreuses années, superbement ignorés par cette caste politique d’assassins qui préfère leur sacro-sainte calculette au sauvetage des vies.

Il commence à y avoir des morts, mais ça n’est que le début : le fameux « rapport flash » commandé par l’incapable en chef au pouvoir depuis plus de 5 ans et qui fait semblant de découvrir le problème, ne changera rien à quoi que ce soit tout le monde s’en doute. « Quand on veut enterrer quelque chose, on commande un rapport » comme disait l’autre. Et puis ça n’est pas comme si les chiffres n’étaient pas déjà connus, non ? 

Dans certaines communes, il est tout simplement déconseillé d’avoir un accident ou de tomber gravement malade cet été… bienvenue dans le tiers-monde !

Imagine-t-on un seul instant subir en plein été des attentats comme ceux que nous avons connu en 2015, avec des urgences dans un état pareil ? Et que dire si une nouvelle vague épidémique nous tombait dessus ?

Ce qui est frappant, c’est que l’état des urgences peut aisément se transposer à toute une série de Services Publics, qui sont aujourd’hui en perdition, sans que cela n’alarme plus que cela nos « journalistes » plus enclins à en faire des tonnes sur le dernier buzz minable à la ode, plutôt qu’à l’état de santé économique, ou social, de nos concitoyens.

Ainsi les Caisses d’Allocations Familiales accusent des retards inédits dans leur histoire, avec des délais de versement pouvant atteindre des mois. La faute à qui ? A un gouvernement qui a tout misé sur la dématérialisation, au détriment des plus défavorisés, des plus précaires, et de l’emploi dans le Service Public de proximité. Ce qui a conduit des usagers excédés à se réunir en collectifs d’action, envahissant les accueils, exigeant un traitement normal des dossiers en souffrance…obligeant par là même le directeur national à nommer en urgence un médiateur pour recevoir les usagers en colère, et régler tant que se peut les situations au cas par cas.

Même sauce chez les Caisses d’Assurance Maladie, les CPAM : les accueils téléphoniques sont saturés, et ne prennent plus d’appels, alors que les retards de paiement d’indemnités journalières sont historiques, et se comptent aujourd’hui en plusieurs mois, eux qui d’habitude font l’objet de toutes les attentions, et devraient s’effectuer normalement en quelques jours. Il faut dire que le nombre de techniciens spécialisés dans ces dossiers a été drastiquement réduit depuis des années, là aussi dans l’indifférence générale, malgré les appels au secours des syndicats et des associations d’usagers. De nombreux incidents impliquant des assurés furieux ou désespérés sont reportés. Des cas de burn-out, de dépressions, voire de tentatives de suicides au travail interviennent, dans un silence assourdissant. Alors que l’été se profile, et que les congés arrivent, ces caisses enregistrent des taux d’absentéisme, des grèves et des retards historiques…

Et que dire de l’éducation ? 

Jean-michel « oncle fétide » Blanquer a laissé derrière lui une institution en miettes, qui donne désormais le BAC à des gamins qui ne savent même plus lire ni écrire correctement, et des professeurs furieux. A tel point que le métier est totalement déconsidéré aujourd’hui, et que le ministère tire bien tardivement la sonnette d’alarme : traditionnellement, les concours d’entrée au CAPES attiraient plus de 50 000 candidatures avant une rentrée « normale », et permettaient de combler les lacunes de personnels. Nous en sommes aujourd’hui, à la même période, péniblement à 10 000 candidatures…même situation dans le second degré, et l’enseignement professionnel…c’est un véritable effondrement du recrutement auquel on assiste, et la rentrée risque de ne plus être assurée, selon les spécialistes, qui tirent, eux aussi, la fameuse « sonnette d »alarme ». Dans le vide semble-t-il : le gouvernement semble s’en foutre royalement. Ils ont quand même un nouveau ministre sympa, mais de quoi se plaignent-ils ?

En fait, Macron avait peut-être un plan on dirait. Mais pas celui dont nous aurions besoin… Plutôt le même plan foireux que dans les hôpitaux, et qu’on retrouve aujourd’hui à l’éducation : les personnels expérimentés, exténués et déconsidérés, démissionnent en masse, et se voient remplacés par des étudiants étrangers, sous-payés, comme dans les hôpitaux…ou par des candidats issus du privé, sous-qualifiés, et embauchés en tant que profs après un entretien de 30 minutes chrono, s’ils sont titulaires d’une simple licence. Exit le fameux concours, et les longues années d’études qui permettaient de le valider : bonjour le niveau, et la compétence pour devenir prof….

Le plan est en train de se dérouler presque sans aucun accroc dans la tête du malade de l’Elysée : le Grand Remplacement des fonctionnaires des Services Publics par le privé, et le démantèlement général de l’héritage du Conseil National de la Résistance, sans autre forme de procès.

Sans accroc, vraiment ?

 

Un bel été

Mais c’est pas grave, pourquoi voir toujours la vie en noir ? 

En attendant ces lendemains qui déchantent, réjouissons-nous : c’est l’été, et il fait beau !

Dans quelques jours, le meilleur président que la France ait jamais connu aura sa majorité pour gouverner. Aidé en cela par les vieux et autres boomers qui se sont déplacés en masse, comme au premier tour, pour lui renouveler « leur confiance ».

Un président avec des goûts de vieux, des manières de vieux, élu par les vieux et pour les vieux.

Un président de l’ancien monde, que ne renierait certainement pas ma vielle mamie réactionnaire et protofasciste au dernier degré.

Je ne vous ai jamais parlé d’elle ?

Mamie boomer est contente : elle vote RN ou LREM, parce qu’il lui reste cinq ans à vivre grand maximum. Après elle le déluge (ou la sécheresse plutôt, ahahah).

Alors elle veut « profiter », envers et contre tout.

Elle sent bien que quelque chose est en train de se passer, mais qu’importe : elle espère en réchapper avant le grand saut, et dans l’intervalle continuer de « profiter » au maximum.

Issue d’une génération dorée, qui a tout connu -plein emploi, croissance, 30 glorieuses, libération sexuelle et j’en passe- et n’a jamais rien perdu, elle sait que tout ceci s’est sans doute (un tout petit peu) fait sur le dos des autres.

Une vie de privilégiée, mais une vie qu’elle n’a pas volée, estime-t-elle.

Alors elle a même voté contre ses petits-enfants qui devront travailler jusqu’à leur mort, tout en s’appauvrissant de plus en plus, dans un monde en crise, fliqué en permanence par le technocontrôle et le crédit social…si jamais il reste encore un monde debout dans quelques années. 

Rien n’est moins sûr : et Mamie Boomer, même si c’était le cas, elle s’en cogne.

Qu’ils aillent bosser pour lui payer sa retraite, tant qu’ils le peuvent encore, cette petite bande de feignasses ! Et s’ils veulent se révolter, ils n’ont qu’à le faire, comme elle en mai 68 ! 

Ah ben non, je suis bête : ils peuvent pas, ils ont écran.

Les rares qui se mobilisent encore sont des hippies aux fringues délavées et aux idées creuses. Ils ne constituent pas un danger, tout au plus une contrariété.

Une nuisance.

Car Mamie boomer en a marre de se faire bloquer sur le périph par des écolos bobos inquiets pour leur avenir.

Elle en a aussi marre de ne pas pouvoir boursicoter en paix, en plaçant ses rentes chez Total ou Lafarge, sans se voir interrompue en pleine AG des actionnaires, par de jeunes petits cons incapables de saisir l’importance du business as usual.

Macron est beau, il est intelligent, il a du goût (regardez Jean-miche Brigitte), il gère tous les problèmes.

Il nous débarrassera de cette racaille.

Ou pas.

 

Bon été à tous





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