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Fréquentation en baisse, difficultés de recrutement… Les colonies de vacances en danger



Fréquentation en baisse, difficultés de recrutement... Les colonies de vacances en danger

Le secteur des colonies de vacances traverse une crise importante. Entre la fréquentation en baisse depuis plusieurs années et la pénurie d’animateurs, les professionnels demandent de l’aide au gouvernement.

Les colonies de vacances ne font plus rêver ni les petits, ni les grands. La fréquentation chute depuis plusieurs années. Alors que 4 millions d’enfants étaient envoyés en « colo » dans les années 60, ils n’étaient que 1,4 million en 2021, selon un rapport gouvernemental. Un déclin amorcé avant la crise sanitaire.

Le secteur souffre d’un autre problème: les professionnels peinent à trouver des animateurs. Recruter du personnel qualifié est devenu un vrai casse-tête. Même s’il n’est pas obligatoire, le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur, communément appelé « Bafa », est souvent réclamé.

Mais les candidats se font de plus en plus rares. En France, le nombre de Bafa délivrés a atteint 42.900 en 2019, soit 28% de moins qu’en 2016, où 54.800 personnes avaient été diplomées, selon l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep). Le Covid a aggravé la situation puisque les formations ont été suspendues pendant plusieurs mois.

Aider au financement du Bafa

Pour relancer la machine, le gouvernement a débloqué une aide de 200 euros pour quelque 20.000 jeunes qui s’inscriraient à la formation d’animateur en 2022, sans conditions de ressources.

« Passer le Bafa coûte entre 800 et 1000 euros. C’est un vrai frein. Mais il y a des aides délivrées par la Caf, le gouvernement… Il faut faciliter l’accès à ce diplôme », affirme Sabine Bonnaud, déléguée générale de l’association professionnelle Unosel, à l’origine d’un label pour les colonies de vacances, séjours linguistiques et voyages scolaires éducatifs. 

La question du salaire revient souvent car en France, les animateurs peuvent gagner moins que le Smic. Leur rémunération est encadrée par une règlementation qui leur est propre: le contrat d’engagement éducatif (CEE).

Ce contrat prévoit un salaire minimum de 23,87 euros bruts par jour. A titre de comparaison, cela correspond à 2,2 fois le Smic horaire brut. Pour deux semaines d’animation de colonies de vacances, un animateur gagne donc, au minimum, 334 euros bruts.

Un cercle vicieux

« La question du salaire revient souvent comme l’argument unique à cette pénurie. Mais le salaire n’a jamais été, et ne le sera probablement jamais, une motivation pour s’engager comme animateur sur une colonie de vacances. C’est surtout pour l’ambiance, le travail en équipe, une expérience à valoriser dans sa vie professionnelle… », note Sabine Bonnaud, qui rappelle toutefois que l’hébergement, les transports et les repas sont intégralement pris en charge.

Plus étonnant, la baisse de fréquentation des colonies de vacances risque d’accentuer encore les difficultés de recrutement. Selon la déléguée générale de l’Unosel, les animateurs de colo sont généralement « d’anciens colons ».

Les professionnels du secteur demandent au gouvernement de relancer la communication pour attirer de nouveaux adeptes. L’enjeu est aussi de rendre aux colonies de vacances leur vocation première: prendre en charge des enfants de milieux défavorisés pour leur offrir une cure de soleil et de grand air. En France, la première colonie de vacances date de 1901.

Un siècle plus tard, ce ne sont plus les classes populaires qui en profitent le plus. Une étude de l’Injep de 2021 rapporte que « les collégiens issus de milieu social favorisé partent davantage » en colonies de vacances que les autres. Ainsi, 27% des enfants de cadres profiteraient de séjour en colonies de vacances, contre seulement 10% des enfants d’ouvriers ou d’employés.



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