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Bernard Arnault pourrait s’acheter Marseille et 4 autres infographies à ne pas rater



Bernard Arnault pourrait s'acheter Marseille et 4 autres infographies à ne pas rater

Alternatives Economiques vous a sélectionné les meilleurs graphiques de la semaine. Pour ce nouveau graphorama, nous faisons le point sur le poids démesuré des dix plus grosses fortunes françaises, sur la très faible participation électorale aux législatives, sur les déplacés dans le monde, sur ces Français qui ne partent pas en vacances et sur la hausse de l’encours de la finance solidaire.

1/ Bernard Arnault pourrait s’acheter Marseille

A quoi reconnaît-on quelqu’un de très riche ? A la taille de son logement, souvent. Voire au nombre de logements qu’il possède. La pierre, il n’y a que ça de vrai, nous serine-t-on. Eh bien Bernard Arnault, l’homme le plus fortuné de France, est tellement riche qu’il pourrait acquérir l’ensemble des logements des 868 000 habitants de la ville de Marseille.

C’est que l’on apprend, entre autres choses, dans le dernier rapport sur les riches de l’Observatoire des inégalités. Le patrimoine du patron de LVMH s’élève à 158 milliards d’euros, selon le classement 2021 du magazine Challenges. Autre comparaison tout aussi parlante : pour accumuler autant, une personne devrait travailler près de onze millions d’années au Smic et épargner tout ce qu’elle gagne.

Bernard Arnault n’est pas le seul ultra-riche qui est né sous le signe de l’Hexagone. Toujours selon les calculs de l’Observatoire des inégalités, les dix plus grandes fortunes françaises représentent approximativement la valeur de l’ensemble des logements des cinq villes de province les plus peuplées (Marseille, Lyon, Nice, Toulouse et Bordeaux), où vivent plus de 2 millions d’habitants.

Laurent Jeanneau

Pour en savoir plus :

 

2/ Participation électorale : l’exception française

Avec 52,3 % d’abstention, le premier tour des élections législatives a porté à un niveau inédit le désintérêt des Français pour ce type de scrutin, qui n’a cessé de progresser depuis trente ans (30,8 % d’abstention en 1993).

Serait-ce l’expression d’une tendance globale à la défiance envers le monde politique ? L’ancrage de la conviction que « de toute façon ça ne change rien » ? On devrait alors en trouver, d’une façon ou d’une autre, des échos chez nos voisins européens. Or, la France se singularise, avec un taux de participation aux élections législatives de 20 à 25 points inférieur à l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ou le Royaume-Uni.

Ce qui semble être davantage en cause, ce sont les spécificités du régime politique français, qui place au sommet de la hiérarchie politique l’élection du président de la République (au cours de laquelle l’abstention est nettement moindre), les législatives ne faisant plus, dans le calendrier électoral français, que découler de cette échéance suprême.

Une logique inversée chez la plupart de nos voisins, ou la composition du gouvernement dépend de celle de la chambre des députés à l’issue d’élections législatives généralement fondées, qui plus est, selon le principe proportionnel.

Des systèmes sans doute imparfaits eux aussi, mais qui réduisent l’écart entre les opinions des citoyens et leur juste représentation au sein du système politique. Evidemment, ça donne tout de suite plus envie !

Xavier Molénat

Pour en savoir plus :

 

3/ La barre des 100 millions de déplacés dans le monde franchie

Cent millions de personnes forcées de quitter leur foyer à travers le monde. Cette barre symbolique a été franchie depuis le début de l’année du fait de la guerre en Ukraine et d’autres conflits moins médiatisés (Burkina Faso, Birmanie, etc.), estime le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Et elle a été franchie rapidement puisque, fin 2021, l’agence onusienne évaluait à 89,3 millions le nombre total des déplacés forcés sur la planète. Ce chiffre mondial n’a cessé de croître depuis dix ans.

Parmi toutes les personnes contraintes d’abandonner leur maison, la majeure partie (53,2 millions) est restée sur le territoire du pays qui l’a vue naître. Fin 2021, c’est en Syrie que l’on comptait le plus grand nombre de déplacés internes (6,9 millions), mais c’est l’Afrique orientale, singulièrement l’Ethiopie (2,5 millions), qui l’an passé a connu le plus de flux nouveaux.

Quant aux femmes, aux hommes et aux enfants contraints à l’exil par des conflits et des violations des droits humains, leur nombre s’élevait à 36,1 millions fin 2021 dans le monde. Parmi ces exilés, la majorité (27,1 millions) sont des réfugiés sous mandat du HCR ou de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA).

Quelque 4,6 millions d’autres personnes sont des demandeurs d’asile, tandis que le HCR classe dans une catégorie spécifique (« déplacés à l’étranger ») 4,4 millions d’exilés vénézuéliens, dont il estime qu’eu égard aux textes spécifiques sur l’asile en vigueur en Amérique latine, plus protecteurs que la convention de Genève, ils devraient bénéficier du statut de réfugiés.

A travers le monde, la grande majorité des personnes qui ont dû quitter leur pays (72 %) sont demeurées à proximité. Les conflits, les violences généralisées et les violations massives des droits humains étant surtout concentrés au sud de la planète, les Etats qui reçoivent 83 % des exilés sont donc des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Le Liban est celui qui accueille le plus de réfugiés (syriens et palestiniens principalement) par habitant. Soit un pour cinq citoyens. Pour la France, cela reviendrait à recevoir 13,5 millions de personnes.

Yann Mens

Pour en savoir plus :

 

4/ Partir en vacances, un privilège

A la mer, à la montagne, ou à la campagne… le « chassé-croisé » de l’été a beau ne pas avoir encore débuté, à en croire les journaux télévisés, les vacances sont déjà dans toutes les têtes. Pourtant, comme chaque année, de nombreux Français ne feront pas leur valise cet été. En 2019, date de la dernière étude du Crédoc réalisée avant la pandémie de Covid-19, quatre Français sur dix (42 %) n’ont pas connu la joie des châteaux de sable et des soirées au camping.

Pour partir, il faut en effet en avoir les moyens. Seules 37 % des personnes aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels ont quitté leur domicile en 2019, contre 81 % de celles qui disposent de plus de 2 600 euros.

Transport, hébergement, activités : les vacances coûtent cher et toute une partie des ménages n’ont pas de moyens suffisants pour partir, faute d’aides financières suffisantes. Les vacances sont-elles alors un privilège ? Si chacun devrait pouvoir changer d’air, il faut aujourd’hui reconnaître que cette pratique reste surtout l’apanage des classes supérieures : 82 % des cadres partent en congé, contre 47 % des ouvriers, selon les dernières données disponibles du Crédoc qui datent de 2014.

Antoine Cariou

Pour en savoir plus :

 

5/ La finance solidaire atteint des sommets

Avec 24,5 milliards d’euros, l’encours de la finance solidaire a atteint un niveau record fin 2021. C’est sept fois plus qu’il y a dix ans et cela représente une croissance de 27 % par rapport à l’année dernière, rappelle le 20e baromètre publié par l’association Fair (Financer, accompagner, impacter, rassembler) et La Croix.

Certes, les mesures de confinement, en engendrant une épargne forcée, expliquent en partie ce bon score. Mais on est surtout face à une tendance longue : les épargnants cherchent à investir dans les projets d’utilité sociale.

La finance solidaire permet d’investir directement dans des projets solidaires ou de mobiliser son épargne dans des produits financiers dont une partie des intérêts est reversée sous forme de dons à des associations. Elle recouvre également l’épargne salariale solidaire qui n’a cessé de se développer, notamment avec la loi Pacte.

Cela demeure une partie minoritaire de l’encours total de l’épargne. Mais grâce à elle, 4,6 millions de personnes pauvres ont été soutenues dans le monde en 2021, 38 758 emplois ont été créés ou soutenus, 1 619 personnes ont été relogées, 5 904 foyers ont été approvisionnés en électricité renouvelable et 1 212 hectares d’agriculture biologique ont été cultivés.

Naïri Nahapétian

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