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les industriels s’impatientent face à la réticence des distributeurs à augmenter les prix



les industriels s'impatientent face à la réticence des distributeurs à augmenter les prix

Invité de BFM Business ce jeudi, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe André, n’a pas caché son agacement face à la réticence de la grande distribution à accepter des hausses de prix malgré la flambée des coûts.

Rouvertes en mars pour tenir compte des effets de la guerre en Ukraine, les négociations commerciales entre industriels de l’alimentaire et distributeurs ne se déroulent pas vraiment sereinement. « On tourne en rond, on n’avance pas », a regretté ce jeudi sur BFM Business Jean-Philippe André, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania).

Conséquence de la reprise post-Covid et de la guerre en Ukraine, les industriels cherchent depuis plusieurs semaines à répercuter les hausses de coûts qu’ils subissent sur les prix de leurs produits en rayons. Mais la grande distribution rechigne.

« Toutes les matières premières agricoles (…) et tous les autres intrants type packaging, transport énergie, etc… » augmentent, a rappelé Jean-Philippe André. Selon lui, les industriels sont pris dans « un étau » en devant accepter de payer plus cher pour produire mais sans que les prix de leurs produits augmentent en grande surface, faute d’accord avec les distributeurs. « Aujourd’hui, entre 50 et 60% des entreprises du secteur n’ont aucune visibilité sur l’issue des négociations », a-t-il déploré.

Et d’ajouter: « Il faut que la valeur de l’alimentation soit reconnue. (…) Il faut inviter nos clients distributeurs à accepter que leurs fournisseurs puissent passer une hausse raisonnable de manière à ce qu’un jour on n’ait pas à constater que la filière est déséquilibrée ».

« Est-ce que ça arrange certains? Peut-être aussi »

Jean-Philippe André soupçonne la grande distribution de refuser des hausses de prix sur les marques nationales pour favoriser les marques distributeurs qui attirent la clientèle dans cette période d’inflation:

« Quand je vois que sur les marques distributeurs les prix ont augmenté d’un peu plus de 5 points et qu’il y a un peu plus de 2 points d’écart avec les marques nationales, ça veut bien dire qu’il y a une différence qui est faite entre les marques distributeurs et les marques nationales », a-t-il observé, rappelant par ailleurs que face à l’inflation, les habitudes des consommateurs sont en train de changer avec une consommation davantage orientée vers « les marques distributeurs et premiers prix ». « Est-ce que ça arrange certains (de n’augmenter que les prix des marques distributeurs, ndlr)? Peut-être aussi », a déclaré le président de l’Ania.

Sans hausse de prix l’industrie alimentaire pourrait se retrouver dans une situation d' »asphyxie étouffante », a-t-il ajouté. Et de lâcher: « On signe des chartes mais si elles n’engagent que ceux qui les lisent… Si on dit dans la charte qu’il faut passer des hausses raisonnables, il faut le faire. (…) ll faut faire attention à ne pas se moquer des gens ».



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