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En marche vers une Assemble Nationale dissoute dans un Occident agonisant


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 « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. » (Hölderlin)

 

 1) Gadamer se plongea dans un petit texte écrit par Hölderlin commençant par cette formule ; « La patrie agonise  ». Dans ce texte, le poète interprète la mort du héros comme un sacrifice qu’il fait à son temps et conjointement, comme l’acte fondateur d’un avenir. En généralisant ce propos germe l’idée que tout instant est un moment de transition, un passage dans lequel se croisent, se rencontrent deux effectivités opposées, l’une dissolvante produisant le déclin et l’autre advenante, devenante, qui engendre un monde nouveau. La perception de ce croisement engendre une expérience épochale. C’est ce genre d’expérience dont témoigna Goethe à l’occasion de la victoire de Valmy en 1792 dans laquelle il pressentit l’avènement d’un nouvel âge pour l’Europe et la diffusion des idées révolutionnaire. Dans sa recension des événements, il écrivit ceci : « De ce lieu et de ce jour date une nouvelle époque dans l’histoire du monde ». Pour compléter le propos de Gadamer on associera aux puissances dissolvantes la décomposition, la dégradation, la catastrophe, les puissances destructrices, violences, guerres civiles, conflits armés. Tous ces processus concourent à dissoudre l’ordre passé pour laisser place à un nouveau monde. Sous réserve que les puissances bâtissantes et œuvrantes, entrouvante, découvrantes, puissent se mettre en mouvement.

 

 2) Les visionnaires, voyants et autres personnes aux dons de prémonition, voire prophétique, parviennent à éprouver une expérience épochale. Sans remonter aux âges bibliques, l’histoire moderne témoigne des quelques penseurs de cette trempe, Goethe, Hölderlin, Hegel, Victor Hugo, Nietzsche, Heidegger, Ernst Jünger, Eliade, Herman Broch, pour n’en citer que quelques-uns.

 

 3) Il n’aura échappé à personne que le monde est secoué ces dernières années avec une intensité remarquable sans pour autant qu’on ne puisse extraire quelques événements signifiants excepté l’invasion russe en Ukraine. En affinant le regard on verra apparaître d’autres faits ayant produit une stupéfaction. L’élection de Donald Trump, le Brexit et chez nous, l’élection inattendue d’Emmanuel Macon.

 

 4) Parenthèse. D’autres faits d’origine naturelle peuvent s’interpréter comme des signes de dissolution avec cependant une difficulté de taille car il faudrait admettre que l’histoire du vivant et l’histoire de la planète sont imbriquées avec l’Histoire des hommes. Deux ensembles de faits nous heurtent de plein fouet. La pandémie de Covid et les épisodes climatiques de grande intensité, notamment thermiques. La conception superficielle de l’imbrication énonce que c’est l’homme, avec les rejets de carbone et la perturbation du biotope, qui contribue au réchauffement et à l’émergence des pandémies. Une explication plus profonde pourrait être tirée de l’hypothèse gaïa formulée par James Lovelock. La terre serait un être vivant, certes, encore faut-il mobiliser une métaphysique de haute voltige pour déceler l’imbrication cachée. Je pourrai formuler une hypothèse gaïa forte mais elle serait tellement troublante que je doute de son utilité et du reste, ce n’est qu’une hypothèse ; je n’ai pas les moyens d’en donner une explication scientifique, enfin, disons que ne les ai pas encore. Juste un mot. Avec cette hypothèse, le réchauffement aurait une cause cachée et serait une puissance naturelle dissolvante de la terre qui envoie des signes sur une planète ravagée par la technique et la surpopulation. Auquel cas, la transition énergétique n’aurait aucun impact sur le réchauffement, pas plus que la transition écologique ne freinerait les pandémies.

 

 5) Please to meet you, président Macron. La vie politique française est assez secouée et semble perdre sa cohérence, ainsi que son sens. Il est possible que le mouvement ensemble ne dispose que d’une majorité relative. Ce qui offre deux possibilités. Jouer sur la division de l’opposition et voter les lois en jouant sur la majorité relative face à la majorité divisée mais supérieure en nombre. L’autre possibilité étant l’accord de gouvernement avec la seule formation compatible, les LR. Le déroulement de ces élections a posé de nombreux soucis aux analystes. D’abord l’abstention record. Puis le désintérêt pour une campagne du reste assez médiocre. Enfin, la représentativité d’une Assemblée en sachant qu’en pourcentage des inscrits, les deux formations arrivées en tête, opposition de la gauche et majorité macronienne, sont à 12, en dessous des 12.5, seuil de maintien pour un second tour pour le candidat arrivé en troisième position. Le RN est en-dessous des 10, les LR autour de 5. En plus, beaucoup d’électeurs mobilisés n’ont pas voté par adhésion mais par devoir citoyen ou pour faire barrage à un adversaire. Nous sommes résolument dans une crise de régime, pour ne pas dire une crise démocratique.

 

 Le sens des événements politique est troublée et se perd la métaphysique de l’Histoire associant les puissances orientées vers la dissolution et l’advenance. Nous avons assisté avec stupéfaction à la dissolution des deux formations de gouvernement aux commandes de la Cinquième république, PS et LR. Macron a parfaitement cerné les tenants et aboutissants pendant le mandat de François Hollande et a usé d’un habile procédé visant à entraîner les forces vives jugées comme advenantes en laissant derrière lui les forces dissoutes et dissolvantes de la nation. La sémantique est claire, premiers de cordée, aller plus vite, aller plus fort, accélérer, urgence, nous sommes en guerre, mobilisation et maintenant économie de guerre. Aucun conflit n’a bâti un monde. Toutes les guerres ont été menées pour solutionner un différent entre nations impossible à résoudre par la négociation diplomatique, ou alors abattre un monde. Ce qui fut le cas des deux conflits du XXe siècle ayant mis fin aux empires ottoman et austro-hongrois, puis aux impérialismes nazi et nippon. Nous ignorons où mène le conflit en Ukraine. Différent à résoudre ou monde à venir ? Les forces dissolvantes et destructrices sont à la manœuvre dans les nations occidentales, Russie incluse.

 

 Macron cherche à contourner les corps intermédiaires considérés comme des boulets obérant son dessein mais ne propose rien qui n’atteigne la grâce du destin et la royauté d’un régime fondé sur l’amitié et le génie humain. A force de régenter les hommes et les techniques, il est devenu un vampire nihiliste au service du Cronos et de la dévoration du monde de l’étant. Les mauvais esprits attendent le feu d’artifice final, l’anéantissement total.

 

 6) Le lecteur l’aura compris. L’Assemblée Nationale dissoute ne signifie pas qu’elle sera dissoute par une décision du chef de l’Etat mais qu’elle s’est auto-dissoute par le jeu combiné des formations politiques. Il n’y aura pas d’opposition cohérente. Il y aura une majorité non représentative mais légale. Les puissantes dissolvantes font leur œuvre, non seulement dans les partis mais aussi dans plusieurs secteurs importants de la société, recherche, université, éducation nationale, hôpital et même la culture devenue un rafistolage artificiel pour entretenir le lien social.

 

 7) Je laisse ce texte inachevé, le contexte ambiant ne m’encourage pas à en dire plus.

 





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