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Le mythe de la « fraude sociale » et 4 autres infographies à ne pas rater



Le mythe de la « fraude sociale » et 4 autres infographies à ne pas rater

Alternatives Economiques vous a sélectionné les meilleurs graphiques de la semaine. Pour ce nouveau graphorama, nous faisons le point sur la fraude aux allocations sociales, le profil social de la nouvelle Assemblée nationale, les salaires minimum en Europe, l’épargne des français et la fécondité des filles de moins de 15 ans dans le monde.

1/ Fraude aux allocations : une aiguille dans une botte de foin

La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) traque impitoyablement la fraude et a tenu à le faire savoir en présentant mardi son bilan en la matière pour l’année 2021. « Un allocataire sur deux est contrôlé », assure l’organisme, qui a réalisé 31,6 millions de contrôles automatiques (pour 13,6 millions d’allocataires), débouchant sur un peu plus de 4 millions de contrôles humains, dont 3,9 millions faits « sur pièce » (demandes de justificatifs, contrôle de la cohérence avec les déclarations faites aux autres organismes) et 127 878 « sur place », au domicile des personnes concernées.

Le dispositif est impressionnant, mais ses résultats nettement moins. Seuls 43 208 cas de fraude, soit à peine plus de 1 % des contrôles approfondis, ont effectivement été détectés, pour un montant total de 309 millions d’euros (sur 84 milliards versés), soit 7 162 euros en moyenne.

Soucieuse de prévention et de respect du « droit à l’erreur », la CAF a également mis a profit ces contrôles pour récupérer des indus (894,4 millions d’euros) hors cas de fraude avérée, mais aussi pour verser à certains allocataires des montants auxquels ils avaient droit sans les percevoir. Le montant de ces « rappels » s’élevait en 2021 à 328,6 millions, soit à peu de choses près le même montant que la fraude détectée.

Xavier Molénat

Pour en savoir plus :

2/ Représentativité sociale des députés : pas de quoi faire les Kéké !

Une femme de chambre noire qui devient représentante du peuple, quelle belle image ! L’élection dimanche dernier de Rachel Kéké (Nupes) comme députée symbolise le renouveau de l’Assemblée nationale. Car en 2017, on avait plutôt assisté à une percée des cadres du privé et, pour la première fois, une absence totale d’élu ouvrier.

Toutefois, la représentante du Val-de-Marne est l’arbre qui cache la forêt d’une chambre basse qui reste outrageusement dominée par les classes supérieures, avec en particulier des cadres et professions intellectuelles supérieures qui y pèsent nettement plus que leur poids dans la société française (9,5 %). Inversement, on ne compte que cinq élus ouvriers.

Par ailleurs, la part des femmes régresse : après un record historique à 38,8 % en 2017 (26,9 % en 2012), elle retombe à 37,3 % après ces élections – elle est même de seulement 28,1 % au sein des élu.e.s LR-UDI.

Enfin, l’âge moyen des députés se maintient à 49 ans, malgré le rajeunissement apportée par les groupes Nupes et RN, dont les membres ont pour les deux tiers moins de 50 ans.

X. M.

Pour en savoir plus :

3/ L’inflation grignote les salaires minimums

Les salaires minimums ont beau avoir augmenté dans de nombreux pays européens, ces efforts ont été laminés par l’inflation. Dans 15 pays du Vieux Continent sur les 21 qui en ont adopté un, le Smic a baissé en termes réels, c’est-à-dire une fois que pris en compte les effets de la hausse des prix, entre le 1er janvier 2021 et le 1er janvier 2022.

Pourtant, en termes nominaux (donc hors inflation), plusieurs Etats avaient engagé des hausses non négligeables ces dernières années : plus de 10 % en Hongrie, Lituanie, Estonie, Roumanie et Croatie, et entre 4 % et 6 % au Portugal, en Espagne ou en Belgique. Cela n’a généralement pas suffi à compenser la flambée des prix.

« Si les tendances actuelles de l’inflation se poursuivent, les salaires minimums n’augmenteront en termes réels dans aucun pays en 2022 et les importantes pertes de pouvoir d’achat des bas salaires deviendront une préoccupation majeure », souligne une note de l’Eurofound, une agence de l’Union européenne sur les conditions de vie et de travail.

Le 7 juin, les Etats membres et le Parlement européen sont parvenus à un accord sur un projet de directive sur le salaire minimum, dont l’objectif est de garantir un niveau de vie décent. Rien de contraignant dans ce texte, qui a plus vocation à servir de boussole et à promouvoir le dialogue social sur le sujet. Espérons que cette directive soit suivie d’effet réels…

Laurent Jeanneau

Pour en savoir plus :

4/ Malgré la hausse des prix, les français continuent d’épargner

L’inflation va se traduire, en 2022, par une perte importante de pouvoir d’achat pour les français. Il s’agirait même, selon les économistes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), de la plus importante depuis 2013, « année marquée par un choc fiscal de grande ampleur », rappellent-ils dans leur dernière analyse des Perspectives de l’économie française parue début juin. La perte est estimée à 0,8 % par unité de consommation.

Les Français vont-ils puiser dans leur épargne accumulée depuis le début de la pandémie pour maintenir leur consommation ? A priori non, expliquent encore les économistes :

« Les chiffres du premier trimestre 2022 indiquent que le taux d’épargne des ménages reste élevé, supérieur à sa moyenne d’avant crise Covid (15 % en moyenne en 2019). Les ménages n’ont donc pas puisé dans leur bas de laine pour faire face au choc négatif sur le pouvoir d’achat. »

Signe désormais de l’incertitude générée par la guerre en Ukraine et ses conséquences multiples, les Français continuent donc de sur-épargner.

Du moins ce qui peuvent se le permettre, car l’épargne reste très fortement concentrée dans les mains des plus aisés. Comme l’épargne n’est pas utilisée comme un amortisseur, la consommation diminue fortement dans l’Hexagone. « A elle seule, la baisse de la consommation des ménages a contribué à réduire le PIB de 0,8 % au premier trimestre 2022 », constate l’OFCE.

Aude Martin

Pour en savoir plus :

5/ Mère avant 15 ans, une condition en recul dans le monde

Combien d’enfants naissent chaque année dans le monde d’une mère de moins de 15 ans ? De telles naissances sont rares : on comptait autour de 400 000 naissances de ce type par an en 2016, dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne, selon les estimations de l’Ined. Cela représente environ 13 naissances par an pour 10 000 filles de 10-14 ans.

« Mais il est important d’en estimer la fréquence et de savoir dans quels pays elles surviennent. Car ces naissances ont des conséquences négatives, tant sur la santé des mères et des enfants que sur la scolarisation de ces très jeunes filles », écrivent les démographes Bruno Schoumaker et David A. Sánchez-Páez dans une note.

Dans quasiment tous les pays, la fécondité des adolescentes de moins de 15 ans a baissé sensiblement depuis les années 1970. Dans certains pays d’Asie, comme le Bangladesh ou l’Inde, les changements ont été particulièrement prononcés. Le taux de fécondité avant 15 ans a été divisé par environ 10 au Bangladesh, et 30 en Inde.

Dans les pays occidentaux, la baisse s’est également poursuivie, même si le taux était déjà plus faible qu’ailleurs dans les années 1970 dans de nombreux pays. Aux Etats-Unis par exemple, il a été divisé par 7 en l’espace de cinquante ans, au Royaume-Uni par 4, et en France par 3 environ.

En France, on comptait 4 naissances pour 100 000 adolescentes de moins de 15 ans en 2019, contre 11 pour 100 000 en 1971.

Antoine Cariou





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