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Au salon de Farnborough, l’aviation civile comme militaire veut croire à son redécollage


Le salon aéronautique de Farnborough au Royaume-Uni ouvre ses portes lundi dans un contexte de reprise progressive du trafic aérien et de relance des budgets de défense.

Le salon aéronautique Farnborough International Airshow (FIA) au Royaume-Uni est le plus important du secteur avec celui du Bourget, près de Paris. L’évènement bisannuel avait dû être annulé en 2020 en raison de la crise sanitaire qui avait contraint les compagnies aériennes de clouer au sol des milliers d’avions. Cette reprise se fait dans un nouveau contexte à la fois civil et militaire. D’une part la reprise des voyages d’affaires et de tourisme, de l’autre la guerre en Ukraine qui relance les investissement de défense.

Quelque 80.000 personnes sont attendues pendant les cinq jours du salon. En revanche, plus de week-end ouvert au public désireux de voir les démonstrations d’avions en vol, comme c’était le cas lors des précédentes éditions. Seul le vendredi sera ouvert aux étudiants, apprentis et personnes envisageant une carrière dans le secteur aérospatial.

Le duel des contrats entre Boeing et Airbus

Avec la reprise du traffic aérien qui devrait retrouver son niveau d’avant crise Covid en 2023, le nombre d’avions dans le monde devrait doubler au cours des 20 ans à venir. Airbus prévoit un besoin de 39.500 avions neufs dans les 20 ans à venir.

Le salon devrait donc être une nouvelle fois le théâtre des rivalités et d’annonces de méga-commandes entre l’européen Airbus et l’américain Boeing. En 2018, les commandes et engagements passés lors du salon avaient atteint un total de 192 milliards de dollars, représentant plus de 1.400 avions, selon les organisateurs.

Après la crise brutale de 2020, l’affrontement a tourné en la faveur de l’avionneur européen. En 2021, l’écart sur l’ensemble de l’année est spectaculaire. Plus de 600 appareils livrés pour Airbus et seulement 340 avions pour Boeing.

Farnborough est aussi l’occasion pour les avionneurs de montrer leurs plus récents modèles, pour certains lors de démonstrations en vol: Airbus avec son A350-900, Boeing avec son 777x et la plus grosse version de son 737, le MAX 10, appareils dont la certification a pris du retard au grand dam de leurs clients. Le géant américain présentera également le prototype de taxi volant autonome de sa start-up Wisk Aero.

Tempest, le concurrent du Scaf

La défense n’est pas en reste: l’invasion russe de l’Ukraine a conduit la plupart des Européens à annoncer des augmentations de leurs budgets de défense pour renforcer leurs forces armées.

« Nous constatons bien entendu un plus grand intérêt pour l’élément défense du salon », estime Gareth Rogers. Les contrats d’armements ne sont en revanche en général pas dévoilés à cette occasion, contrairement aux grands accords commerciaux, note Gareth Rogers, directeur général du salon.

Les industriels de défense présenteront de nombreux appareils : Airbus, Leonardo, Boeing ou encore Lockheed Martin ont déployé de nombreux hélicoptères et avions militaires, notamment l’avion de combat américain F-35, vendu à 10 pays européens, dont le Royaume-Uni, partenaire du programme.

Les avions de 6e génération seront également au centre des sujets abordés avec le Scaf de Dassault/Airbus, mais surtout son concurrent, le Tempest, l’avion du futur que prépare le Royaume Uni avec l’Italie, la Suède et le Japon. Leur objectif est d’être opérationnel en 2035. Ce projet, qui comprend avec BAE Rolls-Royce, le fabricant européen de missiles MBDA et la filiale britannique de Leonardo, dispose d’un budget de 2,7 milliards de dollars du gouvernement britannique jusqu’en 2025 avec en plus 900 millions de dollars d’entreprises privées sur la même période.

Et si aucun exposant russe n’est présent en raison des sanctions internationales, la Turquie se fait remarquer en présentant plusieurs modèles de drones. Contre toute attente, le pays s’est postionné comme un leader de ces appareils sans pilote avec le drone Bayraktar TB2 de Baykar Makina qui est devenu un symbole de la résistance contre l’armée russe et un succès pour l’industrie turque de l’armement. Ce constructeur prépare un également un chasseur sans pilote, le Fighter UAV ainsi qu’un avion de combat, le Hurjet, dont un prototype sera dévoilé à Farnborough.

Pascal Samama



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