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les industriels jouent le jeu, selon le Sénat



les industriels jouent le jeu, selon le Sénat

Après les déclarations incendiaires de Michel-Edouard Leclerc, accusant les industriels de gonfler leurs marges en profitant de l’inflation, les sénateurs ont enquêté. Et ne relèvent pas de faute.

La Commission des affaires économiques du Sénat a entendu des dizaines d’acteurs. Depuis les accusations de Michel-Edouard Leclerc sur BFM TV/RMC, fin juin, où il dénonçait des hausses « suspectes » sur la moitié des tarifs demandés par les industriels de l’agroalimentaire, l’organisme a interrogé distributeurs, responsables du monde agricole, associations, politiques et représsion des fraudes (DGCCRF).

Conclusion du rapport remis aujourd’hui : « il ne semble pas y avoir de phénomène massif de hausses « suspectes » et de tentative généralisée des industriels » de profiter de l’inflation pour gonfler leurs marges.

Selon ces sénateurs, « l’essentiel des hausses demandées sont justifiées » par des coûts de production qui ont explosé depuis l’an dernier, avant la guerre en Ukraine, du fait de la reprise économique post-covid, des conséquences de la crise climatique (sécheresses, inondations, etc…) et de premières tensions géopolitiques.

Les distributeurs n’ont pas pu prouvé le contraire, indique le document d’une soixantaine de pages. Les sénateurs regrettent d’autant plus les dénonciations d’une partie des hausses, qu’elles ont « tendu des relations qui l’étaient déjà fortement » entre lesdistributeurs et les industriels.

La présidente de la Commission, Sophie Primas, a synthétisé les conclusions sur Twitter, appelant au calme :

Niveau de tensions « rarement atteint »

Malgré la légitimité de hausse de prix, des « pratiques contestables subsistent de part et d’autre, soulignent encore les parlementaires, qui soulignent notamment la présence de « chantage à la rupture de stock, ou le fait d’augmenter les prix dans les rayons sans même que le tarif d’achat ait augmenté. »

On débouche de fait sur un « niveau de tensions rarement atteint », qui amplifie la menace de ruptures d’approvisionnement : les industriels ne produisent pas à perte, quand les distributeurs ne veulent pas répercuter les hausses de prix demandées.

Au coeur du conflit, le prix des consommations intermédiaires industrielles (énergie, emballage ou transport) – les matières premières agricoles ayant été protégées par la loi Egalim 2. Le médiateur des relations commerciales agricoles, chargé des négociations, a ainsi calculé que pour la dernière saison hivernale, les hausses de prix ont atteint 3,5%. Loin, très loin des 7,2% réclamés à l’époque par les industriels.

Si des hausses « suspectes » ont été soumises par les industriels, de toute évidence, les distributeurs n’ont pas été contraints de les accepter, et il ne les ont pas acceptées », tranche la chambre haute.

Des recommandations

Pour tenter d’améliorer la situation, au niveau local et international, la Commission des affaires économiques du Sénat liste un certain nombre de recommandations. Il est par exemple proposé, au niveau mondial, « d’encadrer le montant des opérations d’achat et de vente de produits alimentaires (céréales, huiles, etc…) ainsi que leur nombre », ou d’étendre, en France, la possibilité d’exclure des produits du mécanisme de relèvement de 10% du seuil de revente à perte, sans que l’unanimité au sein de l’interprofession ne soit requise.

« Notre travail est une analyse très profonde, qui n’est pas là pour polémiquer, mais pour faire un point sur l’application de la loi Egalim », précise le rapporteur du texte, Daniel Gremillet, sénateur (LR) des Vosges.

Le Sénat, qui publie le rapport aujourd’hui, prend malgré tout avec ce point une position très opposée aux déclarations de Michel-Edouard Leclerc, et aux réclamations des distributeurs.



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