fbpx

la remise de 18 centimes plus profitable aux plus aisés qu’aux plus modestes



la remise de 18 centimes plus profitable aux plus aisés qu'aux plus modestes

Selon une note du Conseil d’analyse économique, la remise carburant de 18 centimes a permis aux plus aisés d’économiser 18,50 euros sur un mois, contre 9,50 pour les plus modestes.

« Aujourd’hui notre dispositif protège mais il a des défauts ». Pour justifier sa volonté de débrancher progressivement la remise sur le carburant de 18 centimes, Bruno Le Maire a déploré début juin que ce coup de pouce instauré le 1er avril profitait aussi aux ménages aisés pourtant capables d’assumer la flambée des prix à la pompe.

Pire, les Français les plus riches en bénéficient deux fois plus que les plus modestes avec 18,50 euros économisés en moyenne par mois pour les 10% les plus riches contre 9,50 euros pour les 10% les plus pauvres, selon la dernière note du Conseil d’analyse économique (CAE).

« Les 10% les plus riches dépensent à peu près 200 euros en essence par mois en moyenne, les 10% les plus pauvres environ 100 euros. Donc c’est mécanique: quand on fait une ristourne qui est la même pour tout le monde, les plus riches vont plus en bénéficier que les plus pauvres », a souligné sur BFM Business Philippe Martin, président délégué du CAE.

« Ces données confortent ainsi l’intuition selon laquelle la réduction du prix de 18 centimes sur le prix à la pompe est régressive », en concluent les quatre auteurs de l’étude.

Des ménages « dépendants » et « contraints »

Alors que le gouvernement souhaite une aide ciblée sur les « gros rouleurs » aux revenus modestes, l’instance composée d’économistes estime qu’environ un tiers des ménages sont « dépendants » de leur véhicule et donc du carburant au sens « où leur consommation d’essence est égale ou supérieure à 8% du total de leur consommation ».

Mais parmi eux, tous ne sont pas « contraints » par des revenus faibles. Une majorité des ménages qui consacrent plus de 8% de leur budget au carburant ont un « bon niveau de vie », note le CAE.

A l’inverse, les Français dépendants de leur automobile et contraints financièrement sont le plus souvent les ménages ruraux, les jeunes célibataires, les actifs de catégories socio-professionnelles ouvrières et employés ainsi que les détenteurs de revenus et de patrimoines financiers plus bas que la moyenne. « C’est sur ces types de ménage qu’il faudrait cibler les aides du gouvernement », relève Philippe Martin.

Les travaux du CAE montrent d’ailleurs qu’ »en valeur, l’évolution des autres postes de consommation est nettement plus plate chez les ménages dépendants contraints ». Autrement dit, cette population n’a d’autre choix que de couper dans d’autres dépenses pour maintenir son niveau de consommation de carburant.

Pas d’augmentation de comptes dans le rouge

Malgré une inflation proche des 6% sur un an en juin, le CAE « ne constate pas d’augmentation » de la part de ménages modestes qui affichent un solde négatif sur leur compte courant.

Pour autant, aucun poste de consommation (loisirs, alimentation, etc.) ne subit de « chute très claire » en terme de dépenses, ajoute-t-il, les Français les plus modestes semblant plutôt rogner un petit peu sur chacun de ces postes. « Pour le ménage médian (cinquième décile), la part des ménages avec un compte courant négatif reste plus faible qu’avant la crise Covid », note encore le CAE.

Quant aux Français les plus aisés, ils continuent à peu toucher au surcroît d’épargne amassé pendant la pandémie de Covid-19. « En juin 2022, leur stock d’épargne serait ainsi supérieur de plus de 10% à celui qui correspondrait à la tendance pré-crise sanitaire », détaille le CAE.



Lire la suite
www.bfmtv.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.