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sans sursaut financier, « des fermetures de lignes de plus en plus nombreuses »



sans sursaut financier, "des fermetures de lignes de plus en plus nombreuses"

Dans une tribune publiée par Le Monde, Jean Rottner, président de la région Grand-est s’alarme du manque de moyens de SNCF Réseau à travers le contrat-cadre signé avec l’Etat.

Les voix professionnelles et politiques s’inquiétant du manque de moyens pour financer le réseau de la SNCF sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus fortes.

Cette vague d’angoisse intervient après la signature en catimini en avril dernier du contrat de performance entre l’Etat et SNCF Réseau, l’entité de l’entreprise publique qui a en charge le déploiement et l’entretien des voies et des aiguillages.

Ce contrat qui court sur 10 ans prévoit ainsi 2,8 milliards d’euros pour l’infrastructure (la régénération du réseau). Une somme insuffisante dénoncée par les syndicats, les associations d’usagers et même le régulateur des transports et les sénateurs.

« On ne fait pas rouler de train sans des rails »

Sans oublier les dirigeants de régions. Dans une tribune publiée par Le Monde et adressée à la Première ministre, Jean Rottner, président de la région Grand-est affiche clairement son inquiétude, estimant que sans « sursaut » financier, il faudra s’attendre à « des fermetures de lignes de plus en plus nombreuses ».

« On ne fait pas rouler de train sans des rails. Des rails en bon état… Depuis plus de trente ans, notre pays n’entretient pas assez son réseau ferroviaire: il manque chaque année plus d’un milliard d’euros d’investissements pour stopper le vieillissement du réseau » souligne-t-il

« SNCF Réseau n’a eu d’autre choix que de concentrer ses moyens insuffisants sur une partie du réseau dit « structurant », soit schématiquement les grands axes. Et les moyens annoncés par l’Etat pour les « petites lignes » sont très inférieurs aux besoins. Ces lignes, ce sont nos lignes du quotidien. Celles qui relient nos campagnes, toutes nos villes moyennes à nos centres urbains. Préserver le « réseau structurant » ne suffira pas, si l’essentiel de nos territoires en est déconnecté » poursuit-il.

Modèle à bout de souffle

Et d’asséner: « Soyons clairs, le vieillissement du réseau entraînera très vite des fermetures de lignes de plus en plus nombreuses (…) La conséquence est simple: le système pousse à réduire les circulations et toute politique d’accroissement de l’offre est vouée à l’échec. J’en appelle à un sursaut pour sauver le ferroviaire français dont le modèle est à bout de souffle. Il n’y aura pas de transition écologique sans le train. Il n’y aura pas de train sans que notre pays décide, enfin, des financements fortement accrus et garantis sur le long terme. Voilà de la planification écologique concrète ».

« Ce sursaut est possible: alors qu’avant la crise du Covid-19, nous étions déjà le pays d’Europe qui investissait le moins dans son réseau ferroviaire (25% de moins que l’Allemagne par kilomètre de ligne, un tiers de moins que l’Italie), nos voisins ont fait ce choix: l’Allemagne a décidé un plan d’investissement massif de 86 milliards, en Italie c’est même 179 milliards d’euros qui sont engagés sur 10 ans » souligne le président de région qui estime à « au moins deux milliards de plus chaque année pendant plus de 20 ans (hors projets TGV) » les besoins pour financer le réseau.

Cette alerte a également été portée par des prfessionnels du ferroviaire comme le conducteur de TER connu sur Twitter sous le pseudo BB27000.

Des trains qui rouleront de moins en moins vite avant de ne plus rouler du tout

Pour lui, sur ces lignes non entretenues, les trains commenceront à rouler de moins en moins vite. Puis à ne plus rouler du tout pour des questions de sécurité.

De quoi déboucher in fine sur des fermetures de lignes régionales, estime-t-il. Et de publier une carte de ce à quoi pourrait ressembler le réseau SNCF dans 10 ans…

Légende: à gauche, le réseau SNCF actuel, à droite, le réseau tel qu’il risque de devenir dans 10 ans.

Du côté de la SNCF, si on ne commente pas directement ces inquiétudes, Jean-Pierre Farandou, son PDG, plaide néanmoins pour une augmentation massive des moyens.

Il a évalué le besoin d’investissement dans le ferroviaire à environ 100 milliards d’euros supplémentaires sur 15 ans afin de contribuer à la décarbonation des transports en doublant la part du train.

L’Etat pourrait contribuer à hauteur de 50%, assure-t-il. L’objectif final est de faire passer la part modale du ferroviaire dans les transports de 10 à 20%, assure la compagnie.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business



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