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vers une pénurie cet hiver?



vers une pénurie cet hiver?

Les distributeurs de bois-énergie demandent aux Français de ne pas acheter plus que nécessaire pour se chauffer cet hiver.

Face à la flambée des prix de l’énergie, les Français sont de plus en plus nombreux à investir dans des chaudières ou des poêles à bois et à granulés. Mais certains professionnels craignent de ne pas pouvoir répondre à la demande en combustibles pour cet hiver.

Stéphane Demilly, sénateur de la Somme, a fait par de son inquiétude dans une question écrite adressée à Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.

« Nos concitoyens continuent de faire installer des poêles et chaudières à bois grâce aux primes environnementales, alors qu’il n’est pas certain qu’ils puissent acheter des granulés de bois aux prix inflationnistes, ou même qu’il y aura suffisamment de combustible pour répondre aux besoins de l’hiver 2022 », a-t-il pointé.

« Aujourd’hui, il y a une bulle sur la demande des granulés », déplore Eric Vial, délégué général de Propellet, l’association nationale des professionnels du chauffage au granulé de bois.

Eviter les surstocks

« Il y a un petit manque », reconnaît-il. Un trou dans la raquette en partie lié à la guerre en Ukraine puisque l’an dernier, l’Europe a importé 3 millions de tonnes de granulés de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine.

La production française de granules ne permet pas de couvrir les besoins du pays. Le reste est importé de l’étranger. Mais la hausse des prix et la mainmise sur d’importantes quantités de granulés par de gros acteurs comme les gestionnaires de centrales électriques complexifient l’importation.

Pour éviter la pénurie, les distributeurs font la chasse aux clients qui commandent plus de bois-énergie que d’ordinaire pour l’hiver. Car comme souvent quand un risque de pénurie se profile, les Français se dépêchent de faire des stocks.

Et « pour empêcher ceux qui seraient tentés de stocker plus que besoin en s’approvisionnant auprès de plusieurs usines de production, les distributeurs ne prennent plus de nouveaux clients », indique Eric Vial.

Signe que la panique commence à gagner du terrain, Brazeco, un distributeur de bois-énergie (granulés de bois et bois bûche), enregistre une augmentation de 30% des commandes par rapport à l’année dernière, qui était déjà sur une croissance à deux chiffres.

« Même pendant la basse saison, et malgré une hausse significative du prix du bois-énergie, la demande ne baisse pas », remarque l’entreprise.

« Nous sommes victimes de notre succès »

Depuis plusieurs années, les producteurs de bois énergie sont de plus en plus sollicités. En 2021, les ventes de poêles à granulés ont bondi de 50%, et de 120% pour les chaudières. Une forte croissance en partie liée à la reprise post-Covid, mais qui avait été anticipée par les professionnels. Cette année, Propellet s’attend à une augmentation des ventes de 25 à 30% sur les poêles, et de 50% pour les chaudières.

Par ailleurs, face à la flambée des prix de l’énergie, certaines collectivités qui utilisaient les granulés en appoint du gaz de ville y ont désormais recours à 100%.

« On arrive à un essoufflement. Nous sommes victimes de notre succès », reconnaît Etic Vial. Plusieurs problèmes sont apparus. D’une part, la pénurie de semi-conducteurs et la flambée des prix des matières premières freinent la fabrication des appareils. Par ailleurs, les entreprises manquent de bras pour les installer chez les particuliers.

Les délais ont explosé

« Les délais ont explosé. Sauf quelques exceptions, il faut attendre décembre voire l’année prochaine en termes de délai. A cela se rajoute la tension sur les granulés, poussant certaines personnes à reporter leur investissement ou à se tourner vers des pompes à chaleur », détaille le délégué général de Propellet.

La filière s’était tout de même préparée à l’explosion de la demande. Grâce à l’ouverture de nouvelles usines et à l’augmentation des capacités de production de celles existantes, la filière prévoit l’arrivée d’un million de tonnes de granulés supplémentaires entre 2021 et 2024, et un doublement de la capacité de production d’ici 2028.

« Il y a une inquiétude légitime, mais il faut garder son calme. Tant que tout le monde n’achète pas plus que besoin, tout se passera bien. C’est vrai qu’il y a un petit manque, il faut l’avoir en tête, mais il est largement compensable par l’import, et par la sobriété énergétique », tient à rassurer Eric Vial, ajoutant que se chauffer avec un combustible moins polluant n’est pas une raison pour augmenter son chauffage de quelques degrés.



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