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Nuages sur l’emploi | Alternatives Economiques


Le gouvernement table toujours sur un objectif de retour au « plein-emploi », c’est-à-dire un taux de chômage de 5 %, à l’horizon de la fin du quinquennat. Pourtant, la cible apparaît difficile à atteindre. Et ce pour deux raisons.

La première tient au retournement des politiques économiques ces derniers mois. Hier, les banques centrales fixaient des taux d’intérêt au plancher et les politiques budgétaires œuvraient pour soutenir l’économie. C’est désormais l’inverse. La BCE a entamé son cycle de hausse des taux. La politique monétaire va agir dans les prochains moins pour freiner le crédit, la croissance et donc l’emploi.

Le gouvernement continue à aider les ménages à passer le cap de la hausse des prix, mais plus pour longtemps. Les aides budgétaires de court terme vont être restreintes. Et les premières pistes du programme de stabilité à cinq ans présentées le 21 juillet ont clairement annoncé la couleur : l’objectif de réduire le déficit budgétaire pour le ramener à 2,9 % en 2027.

Pour ce faire, le gouvernement veut réussir à maintenir la croissance en volume des dépenses publiques à 0,6 %, un niveau extrêmement faible. Dans cette logique, il y aura également moins de baisses d’impôts sous Macron II (une quinzaine de milliards anticipés à ce jour) que sous Macron I (80 milliards selon la Cour des comptes).

Politique monétaire et politique budgétaire vont donc aller dans le même sens. De quoi, peut-être, ralentir la croissance.

Le retour de la productivité ?

La deuxième raison qui fait craindre un ralentissement de l’emploi est d’une nature bien différente. Selon les chercheurs de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), la France devrait connaître la fin d’un cycle de productivité. Celui-ci voit jusqu’à présent les entreprises françaises afficher un niveau d’emploi supérieur à ce qu’on pouvait s’attendre, de près de 500 000 personnes. Cela se traduit par une productivité plus faible.

Le taux de chômage remonterait temporairement avant de revenir à 7,5 % en 2027, selon l’OFCE

Ce cycle de faible productivité pourrait se refermer, les entreprises cherchant à retrouver des marges de manœuvre, avec pour conséquence une croissance bien moins riche en emplois. Les experts de l’institution prévoient ainsi dans leurs derniers travaux du 21 juillet, que « le taux de chômage remonterait à 8 % en 2023 et 2024 (après 7,3 % en 2022) avant de refluer progressivement à 7,5 % en 2027, significativement supérieur à sa valeur de plein-emploi ».

A Bercy, on affiche un volontarisme politique face à ces perspectives sombres, et on tente de se rassurer en renvoyant les conjoncturistes à leurs erreurs lors d’estimations précédentes. On peut lui retourner le compliment : les prévisions du gouvernement, elles aussi, sont coutumières des erreurs…et des effets d’affichage. Même si le gouvernement reconnaît qu’entre l’instabilité en Italie, une possible récession aux Etats-Unis, le conflit ukrainien, la poussée de l’inflation et les vagues de Covid en Chine, de nombreux signaux économiques sont orientés à la baisse. Résultat, le seul risque de hausse est celui du chômage.





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