fbpx

Le « pouvoir d’achat », expression rvlatrice de la fin d’une civilisation


Le « pouvoir d'achat », expression rvlatrice de la fin d'une civilisation

“Au point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle Liberté.” – Victor Hugo

Le « pouvoir d’achat » est sur toutes les lèvres, sur tous les canaux médiatiques, et encore plus dans toutes les têtes depuis que l’inflation crève le plafond, et alors que les salaires stagnent désespérément. Et bien sûr un tel thème, très porteur, ne pouvait échapper à nos gouvernants, qui s’en sont emparés fort opportunément, au travers du paquet de mesures de la « Loi Pour le Pouvoir d’Achat » voté récemment.

Il faudrait donc à tout prix « redonner du pouvoir d’achat aux Français ».

Mais que recouvre réellement cette expression ?

Avons-nous collectivement besoin d’augmenter notre « pouvoir d’achat » ?

D’en reconquérir, comme si nous l’avions perdu ?

Et si tout ceci n’était qu’une vaste opération d’enfumage politique ?

Aliénation(s)

Il se trouve que cette expression est tout sauf neutre.

Tout le monde sait les difficultés dans lesquelles se débattent une large majorité de Français aujourd’hui. Après deux années de crise et d’enfermement par intermittence, de nombreux travailleurs ont non seulement perdu leur emploi, mais ont aussi, pour une bonne partie ce ceux qui en sont désormais privés, vu leurs allocations chômage diminuer drastiquement, grâce à un gouvernement les stigmatisant sans arrêt. Il est bien sûr évident que les 6 à 10 millions de personnes sans emploi dans notre pays, sont tous des feignants… surtout quand le nombre de postes disponibles à Pôle emploi n’est que d’un treizième de ce chiffre.

Plus sérieusement, cette idée, tenace, selon laquelle les chômeurs seraient des assistés et de fainéants a été implantée, comme bien d’autres, dans la tête des travailleurs par la bourgeoisie et les possédants, trop heureux de voir les sans-dents se retourner les uns contre les autres au lieu de chercher les vrais responsables de leur malheur. C’est ce qu’on appelle une aliénation, au sens sociologique du terme : une idée qui ne correspond pas aux vôtres, mais qui a été implantée dans votre esprit par quelqu’un d’autre, pour ses propres intérêts. Une perte de pensée, une déprogrammation/reprogrammation dans les vues de quelqu’un d’autre.

Comment cela est-il possible ? La réponse, nous la connaissons tous : la possession de 95% des médias mainstream par une dizaine de familles de milliardaires acte factuellement ce désastre.

Nous vivons dans un monde qui se dit « libre », « démocratique » et « attaché à l’état de droit », mais dans les faits, tout ceci n’est que mensonges… une aliénation de plus, qui consiste à faire croire aux 99% que les 1% de parasites qui vivent telles des tiques sur leur dos leur sont non seulement nécessaires, mais aussi bénéfiques.

Qui n’a jamais entendu quelqu’un dire « nous avons besoin des riches, si jamais nous les taxons trop ils vont partir, et les emplois et richesses qu’ils créent avec eux » ?

Qui ne l’a jamais cru ?

Qui ne le croit encore ?

Ainsi, pour en revenir au fameux « pouvoir d’achat », il s’agit, bien sûr, d’une aliénation de plus…

Car les consommateurs que nous serions auraient pour seule préoccupation d’acheter. Rien d’autre.

Donc, l’inflation, comme la stagnation des salaires, grèverait ce pouvoir d’acheter, indépendamment des besoins, et de la valeur d’usage des biens à se procurer.

C’est là le cœur de l’arnaque capitalistico-libéralo-macroniste : mon « pouvoir d’achat » baisse, donc je ne peux plus acheter la dernière chinoiserie inutile à la mode, ou le paquet de pâtes qui fait que je ne crève pas encore de faim. Ou encore payer mes factures d’énergie, mon loyer… Tout ça, dans l’esprit de nos dirigeants, c’est pareil. Donc, c’est assez dramatique en fait. Non pas parce que je risque de ne plus pouvoir m’acheter des objets inutiles/polluants/qu’on m’a vendus comme indispensables (rayer la mention inutile) ou alors des biens et services justement, pour le coup, indispensables pour me nourrir, me loger, me déplacer ou pour aller travailler… non, bien sûr que non ! Mais plutôt parce que je vais commencer à chercher autre chose à faire. Une nouvelle religion, ou que sais-je : peut-être même que je vais commencer à chercher les vrais responsables de l’état du monde ?

Donc, le « pouvoir d’achat » est « la première préoccupation des Français » comme ils disent, et dans cet aveu à demi explicite il faut plutôt lire que c’est « la première préoccupation des politiques qui prétendent nous régenter ». Car il faut absolument « maintenir le pouvoir d’achat », non pas parce que les gens crèvent de faim ou de froid, mais parce qu’ils risquent de se détourner du système de domination mis en place pour les contrôler, système destiné à ce qu’ils ne remarquent jamais les barreaux de la cage dans laquelle on les a enfermés, avec leur approbation enthousiaste.

Malheureusement, ce système a ses limites, et elles sont désormais atteintes.

La promesse consumériste

Le fait que cette expression de malheur soit reprise partout, jusque dans les termes même de la loi –donc dans les textes les plus sacrés de cette « république »– nous renseigne finalement assez bien sur la nature même du régime dans lequel nous vivons.

Un régime qui se pare des atours de la Vertu –Liberté, Egalité, Fraternité–, mais qui est à des millions d’années-lumière de les atteindre, et encore moins de les comprendre vraiment.

Un régime oppressif, qui ne nous voit, nous, les gueux, que comme une masse imbécile, mouvante, indécise, et dangereuse, masse qu’il faut bien sûr discipliner. Quoi qu’il en coûte.

Or, quoi de mieux que la promesse consumériste pour y arriver ?

Ainsi, tout s’éclaire d’un jour nouveau : les actions de ce gouvernement, comme des précédents, et dans quelque domaine que ce soit, démontrent à quel point nous considèrent ceux qui détiennent le pouvoir politique. Ceux qui prétendent, à longueur d’antenne et sur tous les tons, à l’Elysée comme à l’Assemblée nationale ou au Sénat, dans l’entreprise comme à l’église, « agir pour notre bien et dans notre intérêt ».

La gestion de la pandémie ? Infantilisation et manipulation à tous les étages, à coups de nudge et autres injonctions paradoxales destinés, en permanence, à masquer l’aveuglement et l’incompétence de nos dirigeants-qui n’avaient absolument non seulement rien prévu en cas de pandémie, mais qui avaient surtout démantelé tout ce qui aurait pu limiter la casse, hôpital public et structures de prévention en tête. Et puis, cette gestion de la pandémie a été une formidable occasion de mettre le couvercle sur la cocotte-minute. Cocotte qui, rappelons-le ici encore une fois, bouillait furieusement début 2020, avant les confinements, et avant même l’apparition du virus-mortellement-mortel-qui-tue-avec-un-taux-de-létalité-de-0.1%, avec pratiquement deux dizaines de révolutions et autres soulèvements à travers le monde en 2019-2020. Juste avant le premier confinement de Mars 2020.

Qui s’en souvient ?

Un révélateur

D’ailleurs, en parlant de soulèvements : et les gilets jaunes ? La façon dont ils furent traités, le mépris, la haine, le déferlement de violence policière et l’escamotage politique de leurs revendications à coups de « grand débat » et autres « convention citoyenne pour le climat », achevèrent de les museler eux et leurs légitimes revendications de justice sociale.

De la même manière, si on remonte un peu plus loin encore, la gestion par les pouvoirs publics français du fameux nuage de Tchernobyl-qui-s’était-arrêté-aux-frontières-françaises en 1986, relève du même mécanisme. A l’époque, cette centrale nucléaire située en Ukraine sous contrôle soviétique (coïncidence ? Je ne crois pas) explose suite à une série d’erreurs humaines et techniques. Un nuage fortement radioactif se forme, et déferle sur l’Europe… Je me souviens de mon ex-compagne, piémontaise d’origine, qui me racontait que les gardes de la Sicurezza italienne s’étaient pointés dans le plus petit hameau, dans le moindre recoin reculé de ces régions habitées parfois par seulement quelques bergers transalpins, pour leur ordonner d’arracher, et de mettre en sacs étanches, le moindre légume de leur potager, avant d’embarquer le tout sous contrôle strict.

Nos médias de l’époque –avant leur rachat quasi intégral par quelques oligarques donc– s’étaient aussi fait l’écho de pareilles pratiques chez nos voisins Belges et Allemands…

Et chez nous ?

Rien bien sûr, si ce n’est la voix lénifiante de « l’expert » français (payé par le gouvernement) missionné pour nous raconter que « tout était sous contrôle », qu’il ne fallait pas paniquer, et que « nos fruits et légumes, de même que notre lait, sont sains ».

De récentes investigations démontrent pourtant le contraire : le nombre de cancers de la thyroïde, notamment chez les très jeunes enfants, avait juste explosé à l’époque.

Mais, au-delà de tous cela, comment expliquer que nous ayons toujours le même état d’esprit chez nos dirigeants ? Cet espèce de mépris lénifiant qui leur fait mentir avec aplomb à la télévision, quitte à mettre nos vies en danger, pour ensuite nier la vérité une fois les faits éventés ?

En ce qui concerne le fameux nuage de Tchernobyl, certains avancent qu’à l’époque, comme de nos jours encore, le principal souci de nos dirigeants était de « ne pas provoquer de panique ».

Ainsi ceci nous renseigne précisément sur comment nous sommes perçus.

Nous les gueux

Nous sommes, dans leur esprit, des gens immatures et fantasques qu’il convient donc de discipliner par la consommation, et rien d’autre.

Nous dire la vérité, que ce soit sur le nuage qui ne s’est pas arrêté à la frontière, aussi bien que de nous donner les rênes de notre destinée (par exemple en nous laissant décider si nous voulons rester dans cette UE de malheur ou si nous voulons en sortir, comme nous l’avions « démocratiquement » voté en 2005), tout ceci, pour nos zélites, est bien au-dessus de leurs forces. Dans le cas du nuage à la frontière, plusieurs officiels avouèrent que le but était de « ne pas provoquer de panique ». Comme si préserver la santé de milliers de gens, enfants inclus, valait moins que d’avouer qu’un nuage potentiellement radioactif était en chemin, et de risquer, peut-être, une panique. Ce qui n’est même pas démontré, bien au contraire : les plus récentes études sociologiques démontrent qu’en cas de catastrophe, ou de problème grave, la réaction spontanée de la majorité des gens n’est pas la panique… mais bien l’entraide. Ce qui bat en brèche cette idée que tous les sans-dents –et le tous est très important ici– seraient des panicards en puissance, qui au moindre problème pèteraient un plomb, et sortiraient dévaliser les supermarchés.

Soyons très clairs encore une fois : ces études parlent de la majorité invisible, pas de la minorité qui s’est tristement donnée en spectacle dans les supermarchés lors du premier confinement, ou qui a pillé les magasins et autres résidences lorsque l’ouragan Katrina s’est abattu sur la Nouvelle-Orléans. Cette minorité existe, ne le nions pas, mais prenons garde à ne pas la prendre pour la très grande majorité. Les gens font souvent cette erreur parce qu’elle est rendue très visible dans les médias, qui ne parlent que d’elle, pas de l’autre. Il s’agit d’un biais cognitif là aussi très bien documenté par la science. Pourquoi les médias agissent-ils ainsi ? Principalement, parce que les faits-divers font bien plus vendre que le reste. Et concernant la gestion de Katrina par les autorités étasuniennes, et le fait que Bush Jr a préféré envoyer l’armée plutôt que des secouristes, (ce qui a été vivement critiqué) nous renseigne aussi sur l’état d’esprit de ce dirigeant comme sur celui des autres. Il pensait également que l’armée serait plus appropriée que des secouristes, car la majorité des gens sont des pillards en puissance, c’est bien connu…

Le fait donc que les médias, aussi bien que les dirigeants, agissent ainsi, en ne parlant que de la minorité panicarde, pillarde, et visible en cas de catastrophe, et en refusant de dire la vérité, voire en la travestissant comme Bush Jr qui envoya l’armée au lieu des secouristes, est révélateur encore une fois de comment ils nous perçoivent, nous, les gueux.

Nous ne sommes que des gamins immatures, gouvernés par nos émotions, incapables de rationalité comme les grandes personnes que sont nos dirigeants, et les oligarques qui les soutiennent, et les médias qui les servent.

C’est un système parfaitement huilé, et c’est bien sûr du mépris de classe avant tout, rien d’autre.

Les sphères politiques, financières et médiatiques sont désormais étroitement imbriquées : leurs intérêts sont communs, il leur faut à tout prix maintenir en place un système qui leur profite au premier chef. Au détriment de l’écrasante majorité du reste de la population.

Guider le troupeau avant qu’il n’attrape la rage

Ainsi, il faut nous guider en permanence, comme un troupeau, histoire que nous ne sortions pas du droit chemin. Nous donner un but : vivre pour consommer, et non pas consommer pour vivre. Exit nos besoins fondamentaux, qu’ils soient physiques (se nourrir, etc.) ou spirituels. Spirituels, au sens non pas de religieux, mais plutôt au sens métaphysique : trouver un sens à ce monde qui a perdu complètement la tête. Un but supérieur, une élévation spirituelle sur des bases non pas consuméristes, égoïstes et vaniteuses, mais plutôt une transcendance : un dépassement de soi.

Que ce dépassement soit dans un projet sociétal, collectif, ou même spirituel, pourquoi pas, du moment qu’il nous ferait nous poser les bonnes questions.

Pourquoi je travaille ?

Pourquoi je me démène, toute la journée, pour arriver rompu, le soir venu, et m’affaler tel un pantin devant le petit écran ?

Est-ce juste pour pouvoir m’offrir le dernier itrucmachin à la mode, et camoufler, momentanément, cette vague angoisse qui me ronge tout le temps ? Ce sentiment diffus, qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Macron, que tout part en sucette et qu’il n’est plus qu’une question de temps avant que notre belle civilisation des écrans plats et des montagnes de déchets ne disparaisse pour de bon, ne laissant derrière elle que des troupeaux de consommateurs apeurés dans un monde dévasté, incapables de survivre dans un milieu devenu totalement hostile à la vie ?

Un peu comme tous ces gadgets qu’on nous vend par semi-remorques… un monde à obsolescence programmée. Pour résumer, la transcendance est absente du monde qu’ils nous ont vendu depuis l’avènement de cette société de soi-disant abondance. Leur proooojet politique, social et sociétal se résume seulement à « vouloir devenir milliardaire » ou n’être rien. Posséder ou crever.

Tout se calcule à l’aune du culte de la marchandise, à l’adoration de l’objet neuf qu’on pourra s’offrir, de la cellophane qu’on pourra décortiquer fébrilement de l’emballage –avant de le jeter d’un air nonchalant dans la poubelle bleue, ou jaune, ou verte je ne sais plus. De toute façon tout va au même endroit alors… Et qui plus est, si on s’affiche sur les internet pour le faire, pour se montrer en train de le faire, histoire de récolter un shoot de sérotonine supplémentaire grâce aux inutiles « like » et autres « j’aime » qui tournent en boucle sur les fumeux « réseaux (a)sociaux », alors le piège est parfait.

Nous sommes captifs.

Et tout ça grâce à notre « pouvoir d’achat ».

La consumation

Pour ceux qui prétendent nous régenter, nous ne sommes pas des citoyens.

Nous sommes juste des consommateurs.

Il est d’ailleurs extrêmement éclairant de regarder la définition juridique de ce terme. Définition retravaillée en juin 2021 par Dalloz, ces éditions spécialistes du Droit, des lois, de ces fameux « Codes » qui encadrent « la Loi de la République » depuis Napoléon.

Est donc « un consommateur, toute personne physique qui agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre de son activité professionnelle  ».

Etrange n’est-ce pas ? Et aussi à la mesure de la démesure de nos sociétés : un consommateur se résume donc à quelqu’un qui soit travaille, soit ne travaille pas. Mais consommer, ça, il le fait tout le temps.

L’aliénation a grimpé d’un cran : un Etre Humain, dans l’Occident capitaliste, se résume donc à quelqu’un qui a une activité professionnelle (donc qui se fait exploiter dans 99,9% des cas. Les patrons n’échappant pas à cette règle, car in fine la Banque qui détient vos créances a toujours le dernier mot, que vous soyez patron ou pas.), ou alors qui, lorsqu’elle « agit » en dehors de celle-ci, est soumise à cette même loi d’airain. « Agir » s’entendant alors bien sûr au sens de… consommer, du latin chrétien consumare, c’est-à-dire consumer.

Et c’est bien ce que nous faisons, quand nous acceptons cette aliénation supplémentaire qu’est le fameux « pouvoir d’achat » sans poser de questions, en faisant nôtre cette expression.

Nous consumons de manière exponentielle et imbécilement inconsciente les ressources limitées d’une petite boule de glaise de quelques milliers de kms de diamètre, caillou perdu dans l’immensité de l’univers. Une petite sphère finie, sur laquelle notre hubris a pris des proportions infinies. Nous pourrions nous comparer à de vulgaires tiques qui piquent sans relâche leur hôte, se multipliant parce qu’il y a du sang à foison, se disant que l’hôte ne se rebellera jamais, ne mourra jamais d’anémie, parce que pourquoi en serait-il autrement ? Nous présumons qu’il en sera toujours ainsi, que la croissance sera toujours là, que les métaux, le pétrole, l’énergie abondante et bon marché seront toujours là. Que notre technologie, et le progrès technique seront toujours là.

Que le dernier itrucmachin à la mode sera toujours fabriqué en plus grandes quantités, années après années, nouvelle version programmée comme indispensable après nouvelle version programmée comme obsolète, et que la Corne d’Abondance ne s’arrêtera jamais.

Au milieu de toute cette folie, pas étonnant que le « pouvoir d’achat » fasse un carton.

Le paradoxe sécuritaire

Cette expression est le symbole de notre époque, l’alpha et l’oméga du projet politique et sociétal dans lequel nous nous sommes enfermés avec joie et délectation.

Et gare à tous ceux qui le remettraient en cause : ce sont au mieux des utopistes, mais sans doute plutôt des bolchéviques, ou des terroristes, qu’il faudra bien sûr mettre hors d’état de nuire grâce à toujours plus de contrôle, de coercition, et de « sécurité ».

Et paradoxalement, la folie sécuritaire qui s’est emparée de nos gouvernants (caméras à tous les coins de rue, drones, lois sécuritaires, armements de guerre pour la police, blindés pour la gendarmerie…) n’améliore bien sûr en rien le besoin, légitime, de sécurité des consommateurs que nous sommes tous devenus.

Mais au contraire, elle aggrave les choses, en matière sécuritaire comme ailleurs : les policiers ne « servent » pas les citoyens, au contraire ils répriment les consommateurs, qui sont des incapables politiques.

Nous l’avons bien constaté dans la crise des gilets jaunes : comment un incapable politique pourrait-il revendiquer quoi que ce soit qui touche aux leviers de décision politique ou économique ? Le RIC, comme le reste, a été balayé d’un revers de main dédaigneux par ceux qui arment la police pour faire passer en force des lois dont la majorité ne veut pas.

Et donc, au fur et à mesure que « l’insécurité » augmente, –car bien sûr on ne s’attaquera jamais aux vraies causes de celle-ci– le renforcement répressif augmente de pair, comme nous l’avons listé ci-dessus. Et ce renforcement répressif et sécuritaire, ce virage autoritaire du gouvernement, est engagé dans une spirale ; il augmente continuellement mais ne résout rien, la preuve : l’insécurité augmente de plus en plus, au fur et à mesure que les lois s’empilent, et qu’un simple vol de mobylette vous envoie bien plus longtemps en prison qu’un détournement de plusieurs millions d’euros de fonds publics ne le fera jamais.

Ce sont des faits. Mais, comme le reste, la majorité apeurée refusera de le voir, et préfèrera regarder là vers où les 0,1% leur tournera obligeamment la tête.

Nous allons donc tout droit vers un État totalitaire, non pas parce que c’est un complot mondial ourdi de longue date par les puissants et les possédants, mais plus prosaïquement parce que c’est l’évolution naturelle d’un système qui ne peut pas se réformer tout seul. Un système qui ne profite qu’à quelques-uns, et ces quelques-uns-là sont tellement, et de plus en plus puissants, que plus rien ne les arrête. Ils préfèreront nous emmener tous dans la tombe que de changer quoi que ce soit au système qui leur permet de s’empiffrer toujours plus.

Et, les autres pays faisant de même (souvenez-vous : plusieurs dizaines de révolutions en cours en 2019, avant la pandémie), nous allons inévitablement vers un monde coalisé d’États totalitaires.

C’est-à-dire vers la guerre.

Plutôt partir en beauté, que couler sans grâce

Nous en observons bien sûr les prémisses en ce moment même.

Entre l’Otan et la Russie, ou bien entre les USA directement et la Chine, mon cœur balance. A moins que l’étincelle ne vienne d’ailleurs ?

J’avoue que chaque matin qui me voit me lever et être encore de ce monde, je me demande comment tout ceci finira par… finir.

L’enjeu n’est même plus quand, mais plutôt comment : guerre nucléaire totale, ou alors troubles sociaux généralisés, quand les pénuries deviendront tellement incontrôlables que les gouvernements devront sortir les armes qu’ils ont passé leurs temps à amasser cette dernière décennie ?

Crise climatique et donc crise migratoire majeure, ou bien crise économique avec effondrement financier incontrôlable ?

Vous êtes plutôt sucré ou salé ?

Et ça n’est pas tant la perspective de cet effondrement qui me réjouit, parce que je considère qu’au fond, que nous y sommes déjà, et ce depuis au moins 2008. C’est un peu comme avec Rome : tout ceci ne s’est pas fait en un jour ou une semaine, mais plutôt en quelques siècles. En ce qui nous concerne, vu la taille de ce qui est en train de s’effondrer, nous en aurons sans doute pour moins de temps, mais quand même.

Ce qui m’amène à ce que nous devrons faire dans l’intervalle, avant que la rupture majeure de normalité ne survienne.

Il serait dommage de ne pas réfléchir, et par la même occasion de mettre à bas, cette rhétorique idiote et mortifère que le capitalisme nous envoie continuellement dans la figure.

Pour le dire plus simplement : votre « pouvoir d’achat » c’est de la merde.

Nous voulons le pouvoir sur nos vies, et pourquoi pas, sur notre mort aussi.

Nous sommes pour le pouvoir de vivre : vivre dignement de notre salaire, mais aussi vivre dignement dans notre travail. Ne plus avoir à supporter les petits chefs minables, les injonctions contradictoires, les caprices d’un patron mal embouché, et l’obligation d’avaler chaque matin avec le sourire cette soupe néolibérale immonde qu’est le langage corporate.

Ceci passe donc par la destruction de tout ce qui a été mis en place par l’ordre actuel : reconquérir le pouvoir dans l’entreprise, c’est reconquérir le pouvoir sur les fins et moyens de la production. Il faut donc commencer par là. Mettre fin au chantage dans l’entreprise. Se coaliser entre travailleurs pour reconquérir les lieux de travail.

La course à la valeur capitaliste nous amène dans le mur : refusons donc désormais, partout où c’est possible, de jouer ce jeu imbécile. Nous sommes déjà des centaines de milliers à le faire, et des millions à l’envisager. Amplifions le mouvement, et préparons-nous.

Redevenons ce que nous n’aurions jamais dû cesser d’être : des citoyens souverains.

En attendant la chute…





Lire la suite
www.agoravox.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.