fbpx

Variole du singe : tension sur les doses de vaccin



Variole du singe : tension sur les doses de vaccin

Une épidémie en chasse (pour le moment) une autre. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché son plus haut niveau d’alerte. Fin juillet, l’instance onusienne a décrété que l’épidémie de variole du singe était une urgence de santé publique de portée internationale. La transmission du virus est notamment importante en Europe et concerne pour l’instant très majoritairement la population gay.

Les cas se multiplient en France et des premiers décès ont été enregistrés sur le continent. La contamination s’effectue par contact avec des lésions cutanées ou des muqueuses, ainsi que par les gouttelettes. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une maladie sexuellement transmissible, mais les rapports sexuels réunissent les conditions de propagation du virus.

Heureusement, contrairement au Covid-19, le vaccin existe déjà. Il s’agit d’un vaccin contre la variole humaine, mais efficace contre celle du singe. La campagne de vaccination a débuté le 11 juillet et concerne les homosexuels et personnes trans à partenaires multiples, les travailleurs du sexe et les professionnels des lieux de consommation sexuelle. On estime à au moins 250 000 individus la population prioritaire pour cette campagne de vaccination.

Opacité

Au 2 août, seulement 14 000 personnes avaient reçu une dose. De nombreuses associations regrettent un rythme bien trop lent et plaident pour une campagne express pour endiguer sa propagation, notamment auprès des personnes immunodéprimées, qui ont le plus de risques de développer des formes graves.

Aucune information n’est disponible sur le stock de vaccins. Ce dernier est classé secret défense, car il s’agit d’un outil de protection en cas d’attaque bioterroriste

Si les centres de vaccination ouvrent, de nombreux témoignages font état de difficultés à trouver un rendez-vous. S’il y a un besoin de davantage de bras chez les professionnels de santé pour injecter le vaccin, ce sont surtout les doses qui manquent. Le gouvernement indique en avoir livré 37 000 aux centres à la date du 2 août, mais se veut rassurant et répète qu’il dispose de doses suffisantes « pour vacciner l’ensemble de la population ciblée ».

Aucune information n’est cependant disponible sur le stock de vaccins. Ce dernier est classé secret défense, car il s’agit d’un outil de protection en cas d’attaque bioterroriste. Les demandes des parlementaires et d’associations de communiquer exceptionnellement sur l’état des stocks sont restées sans réponses, diminuant ainsi la confiance envers l’exécutif sur le stock.

« A l’opacité habituelle de la chaîne du médicament se rajoute celui du secret défense, regrette Jérôme Martin, cofondateur de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament. L’argument de l’application du secret défense peut se comprendre, mais l’un de objectifs de ces stocks est d’éviter une épidémie en cas d’attaque bioterroriste, or là nous avons bel et bien une épidémie mais sans attaque. »

En cas de manque de doses, les regards se tournent logiquement vers l’unique producteur : le danois Bavarian Nordic. Ce dernier enchaîne les commandes, dont 7 millions pour les seuls Etats-Unis et au moins 1,5 million provenant d’un pays européen, mais dont le nom n’a pas été divulgué.

Comme pour le Covid, les mêmes questions demeurent : qui sera servi en premier à quel prix ? Avec un risque que certains pays pauvres, où la maladie circule depuis des décennies – notamment en Afrique –,en soient privés.





Lire la suite
www.alternatives-economiques.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.