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Vers une pénurie de chauffeurs de bus scolaires à la rentrée?



Vers une pénurie de chauffeurs de bus scolaires à la rentrée?

Des milliers de postes de chauffeurs de bus sont vacants, faisant craindre une rentrée compliquée pour le transport scolaire.

Les enfants pourront-ils aller à l’école? À la rentrée, une pénurie de chauffeurs guette le transport scolaire. Il ne manque pas moins de 7500 conducteurs pour couvrir les besoins. Les difficultés de recrutement ne sont pas nouvelles, elles sont connues depuis plusieurs années, mais « elles ont été aggravées par la crise sanitaire », confirme Ingrid Mareschal, déléguée générale de la Fédération nationale des transports voyageurs (FNTV). La pandémie n’a pas laissé le secteur indemne: 5000 chauffeurs de bus ont quitté le métier.

« Pendant la crise sanitaire, avec le tourisme et le transport scolaire à l’arrêt, les chauffeurs ont été placés en chômage partiel pendant une longue période. Certains ont préféré se tourner vers d’autres métiers plutôt que de revenir lorsque l’activité a repris », explique Ingrid Mareschal.

Les autocaristes, qui emploient 100.000 chauffeurs environ, ont besoin de recruter 10.000 nouvelles personnes chaque année pour combler les démissions et les départs en retraite. En y ajoutant les départs post-Covid, on grimpe à 15.000 recrutements nécessaires cette année, et la moitié seulement des postes vacants ont été pourvus à l’heure actuelle.

Toutes les régions sont touchées: il manque 550 chauffeurs en Bretagne, 700 autres manquent à l’appel dans les Pays-de-la-Loire, 400 dans les Hauts-de-France, plus de 1000 en Auvergne-Rhône-Alpes…

Décaler les horaires

À l’image de ce que connaît la restauration, ce sont les salaires et les conditions de travail qui freinent les recrutements. Le chauffeur de bus, la plupart du temps, n’est pas uniquement chauffeur de bus. Il est généralement employé à temps partiel, avec une journée coupée en deux pour amener les enfants le matin et les rechercher le soir. Il peut compter, en général, sur un salaire mensuel d’environ 600 euros. Mais il n’est pas évident de trouver un second emploi entre ces deux moments de la journée pour s’assurer un revenu satisfaisant.

Les jeunes, eux, sont peu nombreux dans le métier, où la moyenne d’âge est de 50 ans. Jusqu’à présent, chauffeur de bus n’était généralement qu’un métier de reconversion car il fallait avoir 21 ans pour passer le permis D, qui autorise la conduite des véhicules de plus de huit places – c’est pour cela qu’on y trouve beaucoup de retraités, d’agriculteurs ou de militaires en fin de carrière qui cherchent un complément de revenu. Le secteur a récemment obtenu gain de cause: l’âge d’accès au permis D a été abaissé à 18 ans l’année passée par le gouvernement.

Pour faire bouger les lignes, la formation a été revue en profondeur: un CAP dédié verra le jour en 2023 et plusieurs centres de formation d’apprentis (CFA) vont ouvrir leurs portes.

La profession appelle aussi à expérimenter le décalage des horaires d’entrée et de sortie des élèves. Aujourd’hui, s’il y a trois établissements dans un territoire, trois autobus sont nécessaires pour les acheminer: si les horaires du matin, par exemple, étaient fixés à 8h pour l’un, 8h15 pour l’autre et 8h30 pour le dernier, « un seul bus pourrait les desservir », avance Ingrid Mareschal.

« Le chauffeur pourrait travailler plus longtemps le matin et le soir et bénéficierait d’une meilleure rémunération », plaide la déléguée générale de la FNTV.

Une rentrée compliquée

À court terme, ces mesures ne seront pas suffisantes: la rentrée s’annonce compliquée, notamment dans les zones rurales. Les transporteurs pourraient être contraints de faire des tournées plus longues pour remplir les véhicules au maximum, contraignant les élèves à se lever plus tôt. Certains autocaristes, qui risquent des pénalités si le transport scolaire n’est pas assuré, rapatrient aussi une partie de leurs chauffeurs des lignes touristiques. D’autant qu’il est interdit de faire voyager des élèves debout: la réglementation impose une place assise pour chaque enfant.

« On craint que certains enfants ne puissent pas être transportés à la rentrée et doivent aller à l’école par leurs propres moyens », avance Ingrid Mareschal.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV



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