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Pourquoi la hausse du prix du kérosène pourrait profiter aux compagnies low-cost



Pourquoi la hausse du prix du kérosène pourrait profiter aux compagnies low-cost

Selon l’économiste Emmanuel Combe, l’augmentation des prix des billets d’avion pourrait inciter une partie des voyageurs à délaisser les compagnies traditionnelles au profit des low-cost.

Les prix des billets d’avion s’envolent. En juillet, les tarifs du transport aérien international ont flambé de 53,3% en France par rapport à la même période l’an passé. Sur les vols intérieurs, la hausse est de 28,2%, selon les chiffres de l’Insee.

Principale responsable: l’augmentation des prix du pétrole, et donc du kérosène. A tel point que le patron de Ryanair, Michael O’Leary, a annoncé jeudi la fin des billets (sans bagages) à 9,99 euros, voire à 99 centimes. Dans la foulée, il a également indiqué que le prix moyen de ses billets allait passer de 40 à 50 euros.

« Les clients vont se reporter sur le low-cost »

Ryanair n’est pas un cas isolé. Toutes les compagnies aériennes ont augmenté leurs tarifs ces derniers mois. Mais certaines subissent plus que d’autres la flambée des prix du pétrole. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les low-cost ne seront probablement pas les plus pénalisées par l’envolée des coûts. Le modèle des compagnies à bas coûts pourrait même être le grand gagnant de la période inflationniste:

« Comme le coût du carburant va augmenter pour tout le monde, certains clients qui voyageaient sur des compagnies traditionnelles vont arrêter de voyager et d’autres vont passer sur une compagnie low-cost », observe sur BFM Business Emmanuel Combe, économiste et spécialiste du transport aérien.

« Certes le prix du billet low-cost a augmenté de 20% mais il ne sera qu’à 60 euros, au lieu de 50 », ajoute-t-il. Et si les hausses appliquées par les compagnies traditionnelles sont plus faibles en proportion, la différence de coûts pour le passager, en valeur absolue, est souvent davantage perceptible. C’est pourquoi « je pense qu’il va y avoir un effet de substitution: les clients vont se reporter sur le low-cost », prédit Emmanuel Combe.

L’économiste table surtout sur un renforcement des compagnies « ultra low-cost », et en particulier de Ryanair. D’autant que la compagnie irlandaise dispose d’une des couvertures carburant parmi les plus efficaces en lui garantissant des prix à environ 65 dollars le baril pour 80% de sa consommation jusqu’à mars 2023.

L’ultra low cost, un modèle déjà renforcé par le Covid

La compagnie irlandaise étaient déjà considérée comme l’une des grandes gagnantes de la crise Covid. « Ryanair, avec des coûts extrêmement bas, était nécessairement la mieux armée pour sortir de la crise », souligne Emmanuel Combe. Avant de rappeler que « pour une même distance en Europe, Ryanair est capable de transporter un passager à 3 centimes du kilomètres, contre 5 centimes pour une middle-cost comme EasyJet et 9 centimes pour une compagnie traditionnelle ».

Sans compter que Ryanair a « essentiellement une structure de coûts variables » tandis que « les compagnies traditionnelles ont des coûts fixes beaucoup plus élevés ». Ce qui a permis à la low-cost irlandaise de limiter les pertes durant la pandémie.

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a renoué avec les bénéfices pour son premier trimestre décalé, tiré par l’envolée du trafic, affichant un résultat positif de 170 millions d’euros après impôts contre une perte nette de 273 millions un an plus tôt. Le trafic a été multiplié par plus de cinq sur un an, à 45,5 millions de passagers transportés.

Enfin, les compagnies ultra low-cost ont l’avantage de ne faire que du moyen-courrier, ciblant essentillement une clientèle touristique revenue en masse dans les aéroports cet été, après deux ans de Covid. A l’inverse, le modèle des compagnies traditionnelles mise beaucoup sur la très lucrative clientèle d’affaires qui peine à revenir dans les avions depuis la pandémie et l’essor du télétravail.



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