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Impact de la crise du gaz russe sur l’avenir de l’Europe


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Il existe des différences importantes dans la capacité des pays de l’UE à faire face aux perturbations des importations d’énergie russe, notamment à l’approche de l’hiver. Cette épreuve renforce littéralement la position de la Russie et exerce à son tour une pression sur les pays européens d’une manière ou d’une autre. L’UE veut se découpler des importations énergétiques russes.

L’Europe obtient environ 40 % de son gaz naturel et environ 27 % de son pétrole de la Russie. Cependant, la dépendance variable des Européens vis-à-vis du gaz et du pétrole russes reste un obstacle majeur à une position européenne commune sur cette question. Il en va de même pour le degré de dépendance de certains pays au gaz ou au pétrole.

Autrement dit, si un pays comme l’Allemagne se dit prêt à renoncer au pétrole russe, mais a encore besoin de temps pour renoncer totalement au gaz, il est implicitement influencé par toute pression russe dans ce sens. Pour sa part, le Royaume-Uni a annoncé qu’il cesserait d’importer du pétrole russe d’ici la fin de l’année.

L’Union européenne a annoncé qu’elle allait réduire de deux tiers sa dépendance à l’égard des importations de gaz russe. Cependant, la mise en œuvre sur le terrain dépend encore de considérations et de procédures complexes.

La Bulgarie, nouveau membre de l’UE et l’une de ses économies les plus pauvres, dépend à 90 % des approvisionnements en gaz russe. Elle a récemment annoncé qu’elle envisageait de négocier avec le géant russe de l’énergie Gazprom pour reprendre ses approvisionnements en gaz naturel si elle ne trouve pas d’autre source.

Elle a tenu à souligner que l’achat de gaz russe ne signifie pas la sortie de l’Union européenne. Le ministre bulgare de l’énergie a dit ne pas être le genre de ministre à laisser la population du pays geler en hiver, et a réaffirmé que le pays se conformerait aux règles européennes en matière d’achat de gaz russe.

Cependant, Moscou refuse catégoriquement de vendre, sauf à ceux qui paient en roubles.

À en juger par l’exemple bulgare, on s’attend à ce que la crise énergétique, qui risque de s’intensifier en Europe l’hiver prochain, conduise à une scission des positions européennes permettant à la Russie d’influencer certains pays pour faire pression sur l’Ukraine afin qu’elle fasse des concessions pour mettre fin à la guerre.

Globalement, l’épreuve de vérité pour l’Europe commencera en novembre, lorsque les sanctions de l’UE sur les exportations de pétrole russe entreront en vigueur. Le discours sur une crise énergétique en Europe n’est plus une simple spéculation, mais une réalité. On ne se demande plus s’il y aura une crise ou non, mais jusqu’où ira l’impact.

La Russie a déjà arrêté les livraisons de gaz à la Pologne, à la Bulgarie, à la Finlande, aux Pays-Bas et au Danemark, pays qui ont refusé de payer le gaz en roubles. Il ne fait aucun doute que l’aggravation de la crise énergétique en Europe est le plus lourd test des principes de l’unité européenne.

Les membres de l’Union doivent faire preuve de solidarité pour atténuer les inconvénients de cette crise, plutôt que d’agir individuellement. Cette crise survient peu de temps après le choc de la pandémie de coronavirus – l’UE a été durement touchée jusqu’à ce qu’elle s’en remette et s’unisse.

Jusqu’à ce que l’ambitieux plan de 300 milliards d’euros de l’UE visant à réduire la dépendance à l’égard des approvisionnements en combustibles fossiles russes prenne effet et que les investissements visant à rééquilibrer le marché vers de nouvelles sources d’énergie portent leurs fruits, les pays européens devront faire beaucoup pour éviter que le bloc n’affronte cette tempête.

L’inquiétude de l’Europe concernant ce qui se passe en Ukraine a certainement aussi un impact majeur sur les décisions de politique étrangère de la plupart des États membres, en particulier ceux qui sont limitrophes et proches de la Russie. Il est peu probable que les membres de l’UE se détachent à cause de la crise du gaz russe et de la volonté de revenir à une coopération avec Moscou.

Toutefois, cela ne néglige pas l’impact des désaccords intra-européens sur le partage du fardeau de la crise énergétique et sur la manière d’y faire face, notamment en termes de réduction de la consommation, d’atténuation de l’effet de la crise sur la croissance économique, et l’implication de tout cela sur la popularité des partis et des hommes politiques européens.

Dans l’ensemble, à ce stade, il est peu probable que la crise conduise finalement à la désintégration de l’Union européenne ou au retrait de certains de ses membres.

Son impact pourrait se résumer à des désaccords profonds entre le Nord et le Sud sur la répartition des charges et des responsabilités résultant de la crise





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