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Plus de 520.000 salariés ont démissionné en début d’année, du jamais vu depuis près de 15 ans



Plus de 520.000 salariés ont démissionné en début d'année, du jamais vu depuis près de 15 ans

Pour la première fois depuis 2008, plus d’un demi-million de salariés ont présenté leur démission et ce, lors de chacun des trois derniers trimestres analysés par la Dares.

La « Grande démission » a finalement traversé l’océan Atlantique. En tout cas, le nombre de salariés ayant présenté leur démission à leur employeur n’a jamais été aussi élevé depuis la dernière crise financière de 2008. C’est le principal enseignement d’une étude de la direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares) publiée ce jeudi.

Selon les chiffres collectées par cette entité rattachée au ministère du Travail, plus de 520.000 employés dont 470.000 en CDI ont démissionné durant le premier trimestre 2022, un nombre en hausse constante depuis bientôt un an et demi. La France n’avait pas franchi cette barre symbolique du demi-million de démissions depuis le premier trimestre 2008, juste avant que la grande crise financière ne se propage aux pays européens.

Une cause majeure des tensions de recrutement

L’expression « Grande démission » est utilisée depuis plusieurs mois pour faire référence à la situation du marché du travail américain qui est confronté à une véritable vague de départs d’employés, en quête de changement. Cependant, le cas de la France se distingue du contexte propre aux Etats-Unis où « le nombre important de démissions serait plutôt le symptôme des tensions de recrutement que leur cause » selon la Dares.

Les deux pays se rejoignent en revanche sur leur taux de démission, certes élevé mais pas inédit. Cette indicateur s’obtient en rapportant le nombre de démissions à la population active et atteint 2,7% en France sur le premier trimestre 2022, ce qui reste inférieur au plus-haut observé en 2008 (2,9%). Pour les entreprises de plus de 50 salariés, ce taux de démission est désormais plus élevé qu’au moment de la dernière crise financière mondiale (2,3% contre 1,7%) mais reste en-deçà du pic de 2,3% au premier trimestre 2001.

Des salariés en position de force

La Dares appelle cependant à relativiser le nombre de démissions en raison des tensions actuelles sur le marché du travail. « Les difficultés de recrutement sont à des niveaux inégalés dans l’industrie manufacturière et les services, et au plus haut depuis 2008 dans le bâtiment », constate-t-elle.

« Cette situation créée des opportunités pour les salariés déjà en poste et est susceptible en retour de conduire à des démissions plus nombreuses. »

Plus que des opportunités, l’ampleur des difficultés de recrutement permet aux salariés d’être à présent dans un rapport de négociation avantageux face à l’employeur. « Les salaires d’embauche sont susceptibles d’augmenter, en particulier pour les personnes nouvellement démissionnaires », indique la Dares.

« Outre cet effet potentiel sur les salaires, les enquêtes Acemo-Covid montrent que, début 2022, certaines entreprises réalisent des concessions sur les conditions ou l’organisation du travail (télétravail) ou sur la forme des contrats d’embauche pour conserver ou attirer des salariés. »

Enfin, le marché du travail n’en demeure pas moins dynamique puisque sur dix salariés en CDI ayant démissionné au second semestre 2021, huit ont retrouvé un emploi au cours des six mois suivants.



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