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Quelques rflexions sur le pli du fact checking


   Pour saisir le pli du fact checking, il est intéressant de comprendre le profil du mental obsessionnel. Exemple simpliste, mais clair. La femme qui est jalouse de manière obsessionnelle va chercher le détail qui tue : un cheveu blond sur le par-dessus, un retard du bureau, un déplacement imprévu loin du domicile etc. Elle va argumenter à partir de la croyance qu’elle est trompée ; et le miracle du mental, c’est … que ça marche ! Elle trouve effectivement ce qu’elle cherche, des raisons qui conforte sa croyance. Des biais de confirmation. Et bien sûr, le jaloux fait la même chose. Cela n’a rien à voir avec le genre, c’est du mental. Soit dit en passant, l’un et l’autre sont inconscients de leur dialogue intérieur.

   Reprenons ces traits pour les rapprocher du fact-checking compulsif : L’idée arrêtée du charlatanisme, la recherche de biais de confirmation, et, c’est magique, il trouve ce qu’il cherche etc. L’ennemi est désigné par avance, et tout est bon pour l’abattre même si c’est au prix de la mauvaise foi caractérisée et l’usage d’arguments fallacieux. Et miracle… c’est que ça marche, autant du point de vue arrêté du fact checker comme de celui qui croit en lui. J’ai raison ! Nous avons raison ! Les complotistes ont tout faux ! Jubilation ! La croyance s’auto-confirme en boucle et s’auto-confirmera encore et encore tant qu’elle n’aura pas été investiguée en tant que croyance. Tant que la prise de conscience n’entre pas dans la compulsion d’avoir absolument raison, elle ne fait que se répéter. C’est un mécanisme psychologique de base qui concerne toutes les croyances inconscientes. Il sert d’écran de protection de la croyance de base. Il est pourtant facile de déceler une pensée compulsive et son effet dans l’acharnement accusatoire. Cela fait partie de la connaissance de soi. Un autre signe de ces rationalisations est un usage outré du paradigme raison/tort. J’ai raison, tu as tort. Dispute simpliste et enfantillage en vérité. Mais, bon, cela fait son effet.

 

 

   Ce qui est typique de l’obsessionnel, c’est l’idée arrêtée, la fixation sur les détails, l’absence de largeur de vue, de distanciation, de mesure dans le jugement, la généralisation abusive. L’obsessionnel est bloqué sur la position de l’attaque, –ad hominem pour les logiciens-, et il n’est sort pas.

   Vous direz que c’est du psychologisme, mais quand même, cela mérite que l’on s’y arrête. Exemple remarquable, celui de Rudy Reichstadt, (mais on pourrait en trouver bien d’autres) et ses tweets compulsifs qui cherchent le détail qui tue pour ridiculiser la personne. En l’espèce par exemple, Christian Perronne et ses affirmations sur effets secondaires des vaccins covid sur les fausses couches chez les femmes enceintes. Reichstadt prétend que « vérification faite », il en arrive à 10% de fausses-couches post-vaccin « ce qui est dans la moyenne nationale ». Rien que de très « normal ». Et là il pense triompher. Manque de bol, cette prétendue moyenne est fausse, car la moyenne serait plutôt de l’ordre de 3%. (Selon une professionnelle de la santé de Floride les fausses couches ont augmenté de 50 %, la fertilité a diminué de 50 % depuis l’introduction du vaccin1). Mais, entretemps, au fil des tweets on a bien vu le procédé : s’arrêter sur un détail du discours, présupposer que c’est du « n’importe quoi » et s’obstiner suffisamment pour trouver des arguments qui le prouvent, même s’ils ne sont pas valables. D’où son allusion aux « sites complotistes » censés fournir l’information de Perronne qui serait alors non-fiable. Il existe pourtant des articles et études sérieuses sur le sujet, mais il y a fort à parier que le fact checker n’ira jamais les consulter. Pas plus qu’il ne prendra en compte la compétence des auteurs et des professionnels. Le fact checker est sûr de lui. Il ne va pas s’abaisser à s’informer en dehors de la doxa officielle et on a alors ce retournement surprenant, mais très classique, où l’inquisiteur sceptique devient ultraconformiste. Il ne pense pas. Il joue le rôle d’intello au service du système, de chien de garde de la doxa, de l’idéologie.

   Et ce n’est pas tout. À côté de cet extrême qui caractérise les maniaques du tweet épidermique, il y a dans les rédactions, au service « fact checking », des jeunes gens incompétents sur à peu près tout, embauchés pour suivre les consignes de la direction qui leur fournit la ligne éditoriale, la doxa à défendre. Eux ne sont pas nécessairement dans la fixation obsessionnelle, ils sont plutôt des subalternes inconscients, mais comme toujours dans la banalité du mal, ce sont en fait les plus dangereux, car ils sont légion.

   Terminons. À vouloir à tout prix abattre un adversaire désigné, on en oublie la vérité, le fact checker titre un trait sur la recherche de la vérité, qui repose sur une investigation patiente de l’information disponible, sur l’humilité et non l’arrogance. Par une étrange subversion, il en arrive in fine, à une sorte de manufacture à fake news au service de la doxa. Par la critique maniaque de toutes les « opinions » dissidentes, il reste dans la doxa et fabrique de la propagande. Comme quoi les fact checkers ne sont pas très éloignés des hackers qui sévissent dans les usines à trolls. Les uns et les autres sont payés et bien payés pour produire un argumentaire tout à fait orienté. La recherche de la vérité pour elle-même n’est pas leur principal souci et ne l’a jamais été.

   (1) https://t.me/trottasilvano/27342&nbsp ; Elle témoignage à visage découvert en donnant son nom. Consulter le travail de l’association Où est mon cycle ?. Sur le site philosophie et spiritualité, le PDF vaccination femmes pour des témoignages.





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